25.02.2008

Gabi Milito, le cinquième fantastique


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Comme chaque lundi, retrouvez le joueur le plus en vue dans les quatre grands Championnats européens. En Espagne, c'est Gabriel Milito. Dans le match qui l'opposait à son frère Diego, à Saragosse, Gabi l'a largement emporté. Il a pris une large part dans la victoire du Barça (2-1), et confirmé qu'il était une pièce maîtresse de la défense barcelonaise, la meilleure de la Liga.

Il est arrivé à Barcelone l'été dernier, après quatre saisons pleines et réussies à Saragosse. Gabi Milito s'était rendu célèbre à l'été 2003, lorsque le Real Madrid, qui était allé le chercher à Independiente, en Argentine, renonça subitement à le recruter, invoquant des raisons médicales. Vexé, Gabi finit donc par atterrir à Saragosse, où il avait à coeur de prouver que les Galactiques s'étaient trompés à son sujet.

Il devient très vite un élément essentiel pour ses différents entraîneurs - Paco Flores, Victor Muñoz puis Victor Fernandez - ne manquant que treize matches en quatre saisons et réussissant généralement de remarquables prestations contre les Merengue. Saragosse fera même venir en 2005 son frère aîné Diego, qui évoluait en Italie, à Genoa, afin de pouvoir aligner les deux frères ensemble. Et pour finir, Gabi Milito rapportera près de 20 millions d'euros à son club lorsque Barcelone vient le chercher l'été dernier.

Son arrivée au Camp Nou fait nettement moins de bruit que celles de Thierry Henry ou Eric Abidal. Mais Gabi Milito ne tarde pas à s'imposer comme un recrutement vital, au point de faire de la défense blaugrana la plus performante de la Liga (seulement 16 buts encaissés en 24 journées, contre 20 au Real Madrid), ce qui lui arrive rarement. En quelques mois, Gabi Milito est devenu une des rares certitudes de l'entraîneur Frank Rijkaard, qui l'a aligné presque tout le temps : 20 matches sur 24 en Championnat, cinq sur six en ligue des champions et quatre sur cinq en Coupe d'Espagne. Tout en s'imposant également comme un titulaire incontestable dans la défense argentine, où il est devenu le successeur de Roberto Ayala...

Bref, Gabi Milito, admirateur depuis son enfance de Franco Baresi, justifie pleinement sa réputation de « cinquième fantastique » barcelonais, moins glamour sans doute que Ronaldinho, Thierry Henry, Lionel Messi ou Samuel Eto'o, mais largement tout aussi efficace. Samedi, le cadet des Milito retrouvait pour la première fois La Romareda , qui fut son jardin pendant quatre ans, et son attaquant de frère, devenu son adversaire. Et le moins qu'on puisse dire est qu'il a largement gagné la partie.

Non seulement le Barça s'est imposé (2-1) face à Saragosse, se relançant dans la course au titre derrière un Real Madrid battu pour la deuxième fois dans les trois dernières journées. Mais il a été de loin le meilleur homme du match, avec des statistiques éloquentes : 13 ballons récupérés, 27 dégagements (dont un qui a évité un but quasiment fait de Sergio Fernandez), une passe décisive et 70 passes réussies. Et, cerise sur le gâteau, il a déstabilisé son frère Diego, qui s'apprêtait à tirer un penalty, en allant parler à son gardien Victor Valdes juste avant pour lui glisser quelques conseils. Résultat, Diego Milito, qui ne rate presque jamais ce genre d'exercice, envoya la balle trop haut...

Aujourd'hui, le « Maréchal », comme on le surnomme, est un héros à Barcelone, où il est considéré comme l'un des meilleurs défenseurs du monde. Modeste et discret, Gabi Milito évite de se laisser griser par sa réussite actuelle et rêve encore de remporter les trois grands titres encore envisageables pour le Barça. Et s'il savoure son grand retour à Saragosse, il évite de trop en faire, conscient que sa maman aurait préféré que Diego réussisse son penalty et que les deux équipes se séparent samedi sur un match nul...

Alexandre Valente

Le Real piégé par Getafe

Beaucoup moins en verve que ces dernières semaines, le Real Madrid s'est fait piéger par Getafe (0-1) dans le derby comptant pour la 25e journée de Liga. Les visiteurs se sont imposés dimanche grâce à un contre rondement mené et conclu par le Nigérian Ikechukwu Uche dans la bronca générale (64e), alors que les Merengue s'étaient arrêtés de jouer. Santiago Bernabeu est donc tombé après plus d'un an d'invincibilité. Un faux-pas dont profite pleinement le Barça, éclatant vainqueur de Levante (5-1), grâce à un superbe Samuel Eto'o.

Uche, bourreau du Real, a fait tomber l'invincibilité de Santiago Bernabeu. (Reuters)Uche, bourreau du Real, a fait tomber l'invincibilité de Santiago Bernabeu. (Reuters)

Bien loin de la démonstration réalisée face à Valladolid (7-0) pour son dernier match à domicile, le Real Madrid a bafouillé son football dimanche soir dans le derby madrilène face à Getafe. Dominateur, mais de manière très stérile, le club merengue a accumulé les approximations techniques. Pourtant en début de match, Raul aurait pu ouvrir la marque, mais bien lancé par Guti, le "Siete" manquait son face-à-face avec Abbondanzieri (8e). Une tête de Julio Baptista sera ensuite déviée in extremis en corner suite à un superbe centre de Sergio Ramos (30e), et ce sera tout pour une première période assez insipide.

La pause ne changera pas grand chose. Plus entreprenant, le Real manquera encore d'efficacité. Idéalement servi par Robben qui avait fixé deux adversaires côté gauche, Raul manquait complètement sa reprise de l'intérieur du gauche (47e) avant que la "Bestia" Baptista ne manque le cadre sur une volée suite à une géniale remise de la poitrine de Guti (57e). Quelques minutes plus tard, Guti, encore lui, verra son coup franc enroulé des 25 mètres repoussé des deux poings par Abbondanzieri. Puis vint LE fait du match.

Fin d'invincibilité à Santiago Bernabeu

A la 64e minute, Robben croyait enfin avoir ouvert le score pour les Merengue, mais le but était logiquement refusé pour une position de hors-jeu du Néerlandais. Le Real fêtait encore son but, quand Getafe orchestrait un contre à 100 km/h à trois pour finalement ouvrir la marque par Ikechukwu Uche qui ne tremblait pas face à Iker Casillas. Le Nigérian fit alors admirer toutes ses qualités athlétiques et artistiques en enchaînant les saltos pour célébrer son but dans la bronca générale. Un but qui, à coup sûr, va longuement faire parler de l'autre côté des Pyrénées. Usé physiquement et trop désordonné, le Real Madrid ne parvenait plus à se montrer dangereux et abandonnait ainsi son invincibilité à Santiago Bernabeu.

Les Merengue n'avaient plus perdu dans leur antre depuis le 4 février 2007 ! C'était face à Levante, déjà un adversaire réputé beaucoup plus faible. Terrible coup d'arrêt donc pour les troupes de Bernd Schuster, piégé par son ancien club. Alors qu'ils comptaient huit longueurs d'avance après leur très précieux succès au Camp Nou (1-0), les Madrilènes n'ont désormais plus que deux points d'avance sur le Barça, auteur d'une éclatante victoire un peu plus tôt face à Levante (5-1).

Le Barça impressionne

Nettement supérieur à son adversaire, le FC Barcelone se présentait face à la lanterne rouge sans ses Français au coup d'envoi. Thuram et Abidal étaient sur le banc, alors que Henry était laissé au repos. Mais avec ou sans ses "Franceses", et comme prévu, le Barça a pris les commandes de la rencontre dès les premières secondes en faisant étalage de toute sa technique. Un premier but d'Eto'o était tout d'abord refusé pour hors-jeu à la 8e minute avant que Xavi n'ouvre la marque pour de bon (14e). Largement dominateurs, les Catalans allaient pourtant voir leurs adversaires égaliser sur penalty suite à une main de Zambrotta (41e). Mais juste avant la pause, le Barça reprenait l'avantage sur une frappe sèche au premier poteau de Messi, de retour en très grande forme.

Puis au retour des vestiaire, c'est l'omniprésent Samuel Eto'o qui allait assurer le show. Lancé par une passe lumineuse de Messi qui prenait à défaut toute la défense, le Camerounais éliminait sans problème Kujovic pour son premier but de la soirée (55e). Sept minutes plus tard, Yaya Touré, d'un subtil ballon piqué, trouvait Messi qui délivrait un caviar pour Eto'o, seul face au but vide pour le doublé. A 4-1, le break était fait, les Blaugrana ne pouvaient plus être rejoints et Frank Rijkaard en profitait alors pour faire tourner.

C'est d'abord Lilian Thuram qui fit son entrée en remplacement de Gabriel Milito (67e) avant que Ronaldinho ne sorte sous l'ovation du Camp Nou, remplacé par Bojan Krkic (74e). Puis Lionel Messi, à nouveau décisif après son doublé à Glasgow lors de la victoire face au Celtic (3-2) en Ligue des Champions, cédait sa place à Giovani. Décidément dans tous les bons coups, Eto'o allait même signer un triplé à la 87e, sur un service parfait de Bojan. Le Lion Indomptable fêtait alors sa troisième réalisation personnelle de manière fort originale en empruntant un appareil photo pour "mitrailler" son passeur.

Le Barça a retrouvé son jeu de passes léché et son attaquant vedette Samuel Eto'o qui n'en finit plus de griffer. Quasiment condamné à la place de dauphin après sa défaite dans le Clasico (0-1), le Barça est désormais plus que jamais relancé dans la course au titre. Cette année encore, la Liga devrait offrir un somptueux mano à mano entre les deux ennemis de toujours.

Par JULIEN PENNA, De Sports.fr

20.02.2008

Le Barça n'a rien de fantastique


 Depuis le début de la saison, on ne peut pas dire que les Quatre Fantastiques aient volé au secours du FC Barcelone. Et pour cause, Frank Rijkaard n'a jamais pu véritablement associer Eto'o, Ronaldinho, Henry et Messi. L'entraîneur du FC Barcelone à l'occasion d'y remédier, mercredi, lors des huitièmes de finale aller de la Ligue des champions. Mais compte tenu de l'état de forme de chacun, il y a fort à parier que l'on ne verra pas le quatuor dans le onze de départ, sur la pelouse du Celtic Glasgow.

Henry entouré des siens, samedi à Saragosse (Reuters).Henry entouré des siens, samedi à Saragosse (Reuters).

Les Quatre Fantastiques appartiennent toujours à l'univers des Comics. Héros de science-fiction nés dans les années 60 sous la plume des éditeurs de bande dessinée, le quatuor a surgi l'été dernier dans le monde du FC Barcelone. Les medias espagnols avaient ainsi eu l'idée de ce sobriquet de prestige lorsque fut officialisé le transfert de Thierry Henry.

Avec l'arrivée du buteur de l'équipe de France, Frank Rijkaard disposait ainsi d'un fabuleux attelage offensif dans lequel on retrouvait également Ronaldinho, Lionel Messi et Samuel Eto'o fils. « Les Quatre Fantastiques » succédaient alors aux feu « Galactiques » du Real Madrid. Ce surnom fut d'ailleurs immédiatement rejeté par les intéressés eux-mêmes, que ce soit Henry ou Eto'o. "C'est flatteur mais ça peut être trompeur. Regardez ce qui s'est passé avec les galactiques", déclarait alors le Camerounais.

De toute façon, l'entraîneur catalan n'a pas pu savoir ce que valait véritablement le quatuor pour la simple et bonne raison qu'il ne l'a pas expérimenté. En 36 matches officiels disputés cette saison par le Barça (Liga, LDC et Coupe du Roi), Frank Rijkaard n'a jamais pu aligner ses quatre attaquants pour cause de disponibilité. Le 29 août, Samuel Eto'o se blessait gravement avant de revenir à la compétition le 9 décembre dernier, contre La Corogne (2-1, 15e journée). Ce jour-là, Thierry Henry était absent pour... blessure. Puis, ce fut au tour de Lionel Messi de rejoindre l'infirmerie.

Ronnie malgré tout

Lorsque le prodige argentin fut de retour, Eto'o se trouvait à la Coupe d'Afrique des Nations ! Quant à Ronaldinho, il a plutôt brillé par sa méforme et sa présence sur le banc de touche. Le Brésilien ne totalise que 14 rencontres en Liga (10 titularisations), mais a marqué à 7 reprises dont le penalty vainqueur, samedi à Saragosse (2-1, 24e j.), une première en championnat depuis la 15e journée. Le champion du monde 2002 a inscrit autant de buts que Thierry Henry, une des pièces maîtresses de Rijkaard. Lui et Lionel Messi sont les membres du quatuor les plus utilisés en Liga avec respectivement 19 et 20 participations.

Le Français et l'Argentin rivalisent également au niveau des statistiques avec huit buts pour Messi contre sept donc à l'avant-centre des Bleus (En Ligue des champions, Messi totalise cinq matches pour quatre buts et l'ex-capitaine d'Arsenal, quatre pour deux buts, ndlr). Toujours est-il que Rijkaard disposera à nouveau de la bande des quatre (*), mercredi soir à Glasgow lors des huitièmes de finale aller de la Ligue des champions. Absent lors des huit dernières sorties du Barça toutes compétitions confondues, Samuel Eto'o est de retour dans le groupe barcelonais.

La présence de l'international camerounais pourrait conduire Rijkaard à le titulariser, ce qui, dans ce cas, laisserait peu de chances à Ronaldinho de figurer sur le onze de départ (Le Brésilien est entré à la 73e minute à Saragosse). Quoiqu'il arrive, «Les Quatre Fantastiques » n'auront été qu'une invention journalistique. Il leur reste néanmoins trois bons mois pour faire décoller un Barça décevant jusque-là.

Par ALEXANDRE SARKISSIAN (De Sports.fr)


*: Ce fut le cas lors de la 1ere journée de championnat, le 26 août à Santander (0-0). Ronaldinho, Eto'o et Messi étaient titulaires alors que Henry avait remplacé Messi à