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01.07.2006

Saveur Guadalajara ou Saint-Denis ?



Lorsque la France devient championne du Monde en 1998 en infligeant un sévère 3-0 au Brésil, personne ne pense qu’il faudra attendre huit ans pour voir les Bleus marquer un nouveau but en Coupe du Monde de la FIFA. Une fois les doutes français effacés d’un revers espagnol, l’heure des retrouvailles a sonné. Rendez-vous ce samedi à 21h00 à Francfort pour un quart de finale type « revival 1986 ». Francfort, où le Brésil a remporté il y a un an la Coupe des Confédérations de la FIFA en faisant exploser l’Argentine. Pour les Français, il s’agit de reconquérir, tout simplement.

Les tenues
Brésil : maillot jaune, short bleu et chaussettes bleues
France : maillot blanc, short blanc et chaussettes blanches.

Les équipes Le Brésil est sans conteste l’immense favori de cette Coupe du Monde de la FIFA. Mais les Auriverdes sont ce qu’ils sont : à la fois une forêt de jambes prêtes à marquer dans n’importe quelle position lorsque le moment se fait sentir ; mais aussi une forêt de jambes qui cache l’arbre de la discorde, une défense pas vraiment imperméable. Seulement voilà, la Croatie et le Ghana peuvent en témoigner, il faut mettre les occasions au fond et empêcher le quatuor Kaka – Ronaldinho – Ronaldo – Adriano de s’en procurer. Concernant la composition de l’équipe, on ne change pas une équipe qui gagne… souvent.

Engoncé dans un trône aux allures de siège éjectable depuis 2002, la France a semble-t-elle retrouvé l’unité, la solidarité et l’envie qui caractérisent une vraie équipe, aussi à l’aise lorsqu’il s’agit de jouer en bloc en match que lors des séances d’entraînement. Si la France a disposé d’une équipe espagnole bien trop naïve en huitièmes de finale, il s’agit cette fois d’un vrai test. Non pas celui de sortir ce Brésil qui joue encore selon son adversaire mais celui de conserver cet esprit de groupe, celui-là même qui permet de ne pas perdre un match avant même de le débuter.



Le duel
Il concerne deux stars parmi les stars : Ronaldinho - Thierry Henry. A l’image de Francesco Totti, ces deux stars interplanétaires n’ont pour le moment pas montré leur vraie valeur. Le Blaugrana n’a inscrit aucun but, distillé une seule passe décisive et surtout n’a été que l’ombre de lui-même. Le Gunner, malgré deux réalisations, a été très critiqué pour son manque d’efficacité sous le maillot bleu, là où il continue d’enfiler les buts comme des perles à Arsenal. Il est temps, pour l’un et l’autre, d’être à la hauteur de leur réputation.

Les face-à-face
Au nombre de 12, trois d’entre eux concernent la Coupe du Monde de la FIFA. Le 24 juin 1958 à Solna en Suède, si la France est corrigée 2-5 (triplé de Pelé) elle l’a emporté lors de deux matches mémorables ensuite. Le premier en quarts de finale de Mexique 1986, face à une équipe donnée largement favorite et qui s’inclinera lors d’une séance de tirs au but d’anthologie (1-1, 3-4 t.a.b.). Le second lors de la finale remportée par les Bleus le 12 juillet 1998 à Paris (3-0).

Ce qu’ils en pensent
Roberto Carlos (BRA) "Depuis 1998, le Brésil a gagné la Coupe du Monde (2002), la Coupe des Confédérations (2004), les éliminatoires et la Copa América (2004). Tout le monde a donc oublié la finale de 1998".

Thierry Henry (FRA) "Les Brésiliens ont cinq étoiles sur leur maillot, on ne peut pas passer à côté de ce qu'ils ont fait depuis la nuit des temps".

par FIFAworldcup.com

L’équilibre franco-brésilien



Le Brésil et la France se sont déjà affrontés trois fois en Coupe du Monde de la FIFA : en demi-finales en 1958, en quarts de finale en 1986, puis en finale en 1998. La France possède un léger avantage.

Si la Seleção a remporté la première confrontation, en 1958 (5-2), c’est la France qui s’est imposée lors de la dernière, en 1998 (3-0). En 1986, après un match nul 1-1 légendaire, ce sont les Bleus qui s’étaient qualifiés pour les demi-finales à l’issue de la séance des tirs au but. Dans chacune des deux formations présentes à Allemagne 2006, il reste six survivants de la finale de 1998.


Si les champions du monde parviennent à s’imposer, il porteront à 12 leur record de victoires d’affilée en Coupe du Monde de la FIFA. L’Italie suit loin derrière, avec 7 victoires acquises entre 1934 et 1938. En doublant la mise lors de la large victoire 3-0 face au Ghana en huitièmes de finale, Adriano a inscrit le 200ème but de son pays dans la plus grande des compétitions. Toujours contre le Ghana, le capitaine Cafu a signé un nouveau record en enregistrant son 16ème succès en Coupe du Monde de la FIFA. Il dépasse maintenant les Allemands Lothar Matthäus et Wolfgang Overath, qui comptent chacun 15 victoires.

En quarts de finale de Mexique 1986, le score à l’issue du temps réglementaire et de la prolongation était de 1-1. Careca et Michel Platini étaient les buteurs du jour. Lors de la séance de tirs au but, le Français Bruno Bellone frappait sur le poteau. Coup du sort, le ballon rebondissait sur le dos du gardien brésilien, Carlos, avant de pénétrer dans la cage.

Deux des plus grands joueurs brésiliens et français avaient ce jour-là échoué dans leurs tentatives : Sócrates et Michel Platini. C’est Luis Fernandez qui avait offert la victoire 4-3 aux Bleus, en convertissant le dernier coup de pied. A ce jour, le Brésil a disputé neuf quarts de finale en Coupe du Monde de la FIFA. Il s’est hissé en demi-finales à sept reprises.

Le bilan des rencontres entre les deux pays en Coupe du Monde de la FIFA est donc très équilibré : une victoire chacun et un match nul. Chacune des sélections a inscrit un total de six buts sur les trois rencontres disputées. Le Brésil a joué son premier quart de finale de Coupe du Monde de la FIFA en 1938, face à la Tchécoslovaquie. Deux rencontres avaient été nécessaires pour départager les deux équipes, puisque le premier match s’était achevé sur un score nul 1-1 après prolongations. Deux jours plus tard, le Brésil s’était imposé 2-1.

par FIFAworldcup.com

Parreira: "1998, c'est du passé"


Le sélectionneur du Brésil, Carlos Alberto Parreira, a déclaré se méfier, avant son quart de finale ce samedi, de la France qui "monte en puissance", et affirme que "Zidane et Ronaldo sont deux monstres du football". Tout en expliquant que pour lui ce match n'est pas une revanche de 1998.

CARLOS ALBERTO PARREIRA, vous avez dit que ce n'était pas une revanche, pourtant certains de vos joueurs le disent. Et Ronaldo, avez-vous parlé avec lui de 1998?

C.A.P. : Revanche? Non. Je n'ai pas entendu dire de la part de mes joueurs que c'était une revanche. Pour moi, en tout cas, il n'y aura de revanche que si c'est une autre finale de Coupe du monde. Il ne peut pas y avoir de revanche d'une finale en quarts de finale. 1998 c'est du passé. C'est derrière nous. La France a mérité, elle a gagné, et voilà c'est fini. Quant à Ronaldo, je n'ai pas évoqué le sujet avec lui et je n'en parlerai pas. Ronaldo est en confiance, heureux. Il n'a aucun traumatisme en raison de cette finale perdue. J'en suis sûr.

Comment voyez-vous la France?

C.A.P. : Elle gagné 2-0 contre la Corée... Non, non, le Togo pour le 3e match, excusez-moi. Ils n'ont pas bien joué au début mais après, contre le Togo, ça allait mieux et contre l'Espagne ils ont très, très bien joué. Ils ont bien développé leur jeu. C'est "la renaissance des Bleus" (en Français dans le texte) au cours d'un beau match, o ils ont joué, dominé et mérité de gagner. Il faut que nous, nous continuions à progresser parce que si nous ne progressons pas, on va rentrer à la maison plus tôt que prévu. Nous ne jouons pas contre n'importe qui. Il y a des stars mondiales, des joueurs expérimentés qui sont très importants dans leurs clubs. Ils ont su hausser le niveau de jeu au bon moment de la compétition. Cela sera plus fort sur le plan physique, émotionnel et tactique. Mais nous aussi, on a des joueurs de ce niveau, d'expérience, qui ont déjà soulevé le trophée et qui savent comment on doit jouer à ce niveau. L'expérience sera fondamentale pour prendre les bonnes décisions.

Zidane-Ronaldo, c'est l'affiche. Quel joueur à votre avis représente le mieux la génération?

C.A.P. : Ce sont deux monstres du football de la dernière décennie. Mais Zidane est plus un organisateur, alors que Ronaldo est un finisseur. Là, Zidane a dit qu'il mettait fin à sa carrière alors qu'il reste à Ronaldo encore quatre ou cinq ans, un Mondial de plus s'il reste motivé.

AFP

Ronaldo veut sa revanche

De Sports.fr, à Francfort Huit ans après le 12 juillet 1998, le Brésil n'a pas oublié la "tragédie" du Stade de France. Malgré le titre décroché au Japon en 2002, les supporters, les médias, les joueurs, et en particulier Ronaldo, n'ont pas digéré cette cruelle défaite en finale, la plus large jamais concédée par les auriverde dans l'histoire de la Coupe du monde. Le quart de finale de samedi, à Francfort, contre les Bleus, est l'occasion rêvée pour la Seleçao d'effacer l'ardoise. Et pour Ronaldo de refermer une plaie encore ouverte.

Ronaldo à une dette à régler face aux Bleus.Ronaldo à une dette à régler face aux Bleus.

Depuis la résurrection tricolore contre l'Espagne, le Brésil, ultra-favori pour la victoire à Berlin le 9 juillet prochain, attend son quart de finale contre les Bleus, entre impatience et crainte. Car si dans les confrontations entre les deux pays les Brésiliens comptent cinq victoires pour quatre défaites et trois nuls, ils n'ont plus battu les Tricolores depuis 1992, à l'occasion d'un match amical au Parc des Princes (0-2). Mais cette mauvaise série est surtout marquée par l'inoubliable finale de la Coupe du monde 1998. Inoubliable en France, bien sûr. Mais aussi au Brésil où la défaite avait été vécue comme une humiliation et une véritable tragédie nationale.

Et qu'importe si la Seleçao a ramené le trophée quatre ans plus tard quand les Bleus se noyaient en Corée. Ce titre, synonyme de cinquième étoile sur le maillot auriverde, est considéré pour beaucoup comme une victoire au rabais dans une Coupe du monde asiatique de faible niveau. Pas de quoi en tout cas cicatriser la plaie ouverte en 1998. Ce souvenir douloureux, les médias brésiliens ne se sont pas privés de le raviver, aussitôt la qualification des Français pour les quarts de finale acquise. Tous les journaux réclament ainsi la revanche des leurs et ne se privent pas de revenir sur les circonstances non encore complètement élucidées de cette finale qui continue de déchaîner les passions.

Marquer contre Barthez

Mario Zagallo, sélectionneur en 1998 et toujours membre du pléthorique staff brésilien où il fait figure de mentor de Carlos Alberto Pareira, a ainsi à nouveau été assailli de questions par les journalistes brésiliens qui aimeraient enfin savoir ce que Ronaldo avait vraiment eu ce jour-là avant le match. On avait alors parlé de malaise... "Il était malade", s'est borné à répondre le vieux sage brésilien, laissant sur sa faim l'assistance...

Parmi les Brésiliens présents à Saint-Denis et toujours dans la Seleçao, Ronaldo sera bien évidemment observé sous toutes les coutures et son comportement va être disséqué jusqu'au coup d'envoi du match de samedi. 'El Gordo', qui a fait taire toutes les critiques à son sujet en trouvant trois fois le chemin des filets depuis le début de la compétition ce qui lui a permis de devenir le joueur le plus prolifique en Coupe du monde, ne cache pas son envie d'en découdre et d'effacer ce qui reste à ce jour comme son pire souvenir de joueur. Au point que l'avant-centre du Real Madrid a réussi à faire de son combat celui de toute l'équipe brésilienne. "Tous les joueurs veulent lui offrir la possibilité de marquer un but face à Barthez", explique ainsi Fabio Altman, journaliste pour Revista Isto E, un hebdomadaire de Sao Paulo.

Au-delà de la rivalité entre la France et le Brésil, deux nations qui ont écrit quelques unes des plus belles pages du football mondial, parfois à deux mains comme en 1986 à Guadalajara, ce quart de finale sera également un match entre Ronaldo et Zinédine Zidane, les deux stars du Real Madrid. "Celui qui en sortira vainqueur sera le plus grand joueur de sa génération", estiment de nombreux journalistes brésiliens...

Par FREDERIC WARINGUEZ

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