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19.05.2006
Ligue des champions: plus d'un million de personnes fêtent les héros du Barça

BARCELONE (AFP) - Plus d'un million de personnes en délire ont fêté, dans les rues de Barcelone et jusqu'au stade Camp Nou, leurs héros, champions d'Espagne et d'Europe des clubs, à leur retour de Paris avec le trophée de la Ligue des champions de football, remportée mercredi à Paris face aux Anglais d'Arsenal (2-1).
Aux sons de la techno, rock, reggae, rumba, musiques caribéennes et espagnoles, avec à la batterie les Brésiliens Ronaldinho et Juliano Belleti -auteur du second but, celui de la victoire du Barça devant Arsenal (2-1)-, le camion noir transportant le trophée et les joueurs de Frank Rikjaard a sillonné les rues de la ville, couvert de drapeaux aux couleurs du club et catalans, du port jusqu'au stade Camp Nou.
A leur arrivée, les Barcelonais et le trophée avaient été accueillis à l'aéroport d'El Prat avec ferveur avant d'être transportés par hélicoptère jusqu'au port. De là, ils ont pris des bateaux mouches jusqu'au pied du monument Christophe Colomb. Ils étaient ensuite montés à bord d'un autobus spécial, découvert et équipé d'un système sonore qui diffuse l'hyme du Barça et de l'UEFA.
Escortés par des motos de la police, les champions d'Espagne et d'Europe ont été acclamés par la foule, dont une majorité de jeunes, tout au long du parcours jusqu'au Camp Nou.
Le FC Barcelone, qui survole la Liga depuis deux ans, s'est installé au sommet de l'Europe et peut y rester longtemps: l'équipe, relativement jeune, comporte des joueurs de génie décisifs, des défenseurs de devoir et un collectif impressionnant.
"J'avais dit avant le match: +Qu'on perde ou qu'on gagne, cette équipe a de l'avenir+. Je le redis, elle a encore de l'avenir et on peut gagner beaucoup de trophées", affirmait mercredi soir le capitaine catalan Carles Puyol, quelques minutes après avoir soulevé la Coupe.
Avec un double doublé (2 Ligas de suite et un doublé C1/Liga), le Barça est incontestablement sur le toit de l'Europe et cette domination ne fait que commencer. A l'image d'équipes comme l'AC Milan, le Real Madrid, l'Ajax ou le Bayern, qui ont dominé le continent à leur époque, le football est peut être entré mercredi soir dans une "ère Barça".
Sur le plan politique et économique, l'arrivée à la présidence de Joan Laporta en 2003 a permis au club de retrouver une stabilité qui lui faisait défaut: la région catalane s'identifie à nouveau au club et la gestion des finances a été professionnalisée et assainie.
Mieux, sur le plan sportif, la direction technique a fait presque un sans faute avec un recrutement pertinent, un effectif jeune avec des joueurs expérimentés et la mise en place d'un jeu chatoyant et collectif.
Premier atout, le Barça possède tout simplement le meilleur joueur du monde Ronaldinho. Ballon d'or et meilleur joueur Fifa, le Brésilien a toute la liberté qu'il veut sur le terrain et a pris une nouvelle dimension au Barça. Chouchouté par les fans ainsi que par la direction, il est probable qu'il reste longtemps au club qui a fait sa fortune.
Mais, en plus de Ronaldinho, qui a été quelque peu éteint mercredi, le Barça compte d'autre footballeurs de génie capables de prendre le relais. C'est le cas de Samuel Eto'o, élu meilleur homme du match mercredi, qui a obtenu l'exclusion de Lehmann et marqué le but égalisateur.
Si Eto'o ne jouait pas au Barça, il serait sans doute la star incontestée de son équipe. Derrière lui, des joueurs de niveau mondial ont aussi su se montrer décisif: c'est le cas de Deco, le métronome de l'équipe, de Giuly, de Larsson (sur le départ), ou encore de Marquez.
Le club a en plus joué la carte identitaire avec Oleguer, Iniesta, Victor Valdes et Puyol, quatre titulaires habituels originaires de Catalogne. Mercredi soir, en début de deuxième période, la moyenne d'âge des onze joueurs du Barça était inférieure à 27 ans.
Le Barça peut durer, d'autant que Lionel Messi, 19 ans, qui a tout d'un nouveau Maradona, promet d'offrir de nouvelles joies aux supporteurs. De quoi compenser le départ d'Henrik Larsson, auteur de deux passes décisives mercredi, et qui a décidé de partir en pré-retraite dans sa ville natale d'Helsingborg (Suède).
En fait, à y regarder de près, seuls le milieu de terrain et la défense nécessitent sans doute quelques petites retouches que le marché des transferts devrait leur offrir. Juliano Belletti, remplaçant et auteur du but de la victoire contre Arsenal, précise: "Entrer dans (le 11 titulaire) d'une équipe comme le Barça, c'est très dur. L'ensemble de l'effectif est de première classe."
"On a montré qu'on savait aussi souffrir" ajoute Puyol, soulignant une des vertus méconnues de l'équipe découverte mercredi. Habitué à un football facile en début d'année, le Barça a su passer les épreuves de l'AC Milan, du Benfica et d'Arsenal en n'étant pas au sommet de son football et dans des conditions adverses. Une nouvelle "dream team" est née.
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18.05.2006
La loi des plus forts
Poussé par ses 20 000 "socios", mercredi au Stade de France, le FC Barcelona a conclu avec l'autorité des équipes de légende l'UEFA Champions League 2005/06. Peut-être le début d'un long règne.
Cinquante ans après le Real
Barcelone vainqueur de la 51e finale de la Champions League, 50 ans après son rival national du Real Madrid CF, voilà qui va donner un coup au moral de pas mal de prétendants. Tapis dans l'ombre de la phase de groupes, combien ont rêvé cette saison, en parlant du FC Porto 2003/04 et du Liverpool FC 2004/05, de jouer les David au milieu des Goliath européens ?
La preuve "blaugrana"
En dépit du beau parcours de l'Arsenal FC, battu en finale (2-1) et du Villarreal CF (demi-finaliste), l'intermède des outsiders magnifiques a vécu. Barcelone a prouvé, sept ans après le Manchester United FC, qu'il était possible de gagner à la fois l'un des quatre grands championnats européens et d'être un favori à l'arrivée de la plus prestigieuse des compétitions de clubs.
Le stade le plus excitant du monde
Mieux, les successeurs de Pep Guardiola, Hristo Stoitchkov, Michael Laudrup ou Julio Salinas, portés au premier triomphe catalan en 1991/92 par Johan Cruyff, allient efficacité et beau jeu (116 buts dans la saison, meilleure attaque de la Liga et de la Champions League). Ils ont fait du monumental Camp Nou le stade le plus excitant du monde.
"Des copains qui attendent derrière"
Les fulgurances jubilatoires de Ronaldinho, Lionel Messi ou Samuel Eto'o y côtoient l'abnégation du bouclé Carles Puyol et un collectif qui confisqua le ballon à tous ses adversaires cette saison avec une implacable constance. Quand il eut, comme ses équipiers, clamé qu'il vivait l'apogée de sa carrière, Eto'o rappela : "Nous sommes un groupe de 20 joueurs et quelques copains qui attendent derrière".
La réussite de Rijkaard
Résultat : plusieurs centaines de milliers de Barcelonais se sont retrouvés la nuit dernière en haut des Ramblas pour un moment de liesse avant de faire une place jeudi à la nouvelle Coupe des champions, puisque la précédente est restée à Liverpool. "C'est une émotion, une joie indescriptibles", avouait l'entraîneur Frank Rijkaard mercredi soir. D'ordinaire froid et discret, le Néerlandais se laissait submerger par l'émotion à mesure que les étreintes avec ses joueurs et son staff lui faisaient réaliser qu'il atteignait le toit de l'Europe.
Le football total du Sud
A-t-il pensé qu'il rejoignait Giovanni Trapattoni, Miguel Muñoz, Carlo Ancelotti et Cruyff à la table de ceux qui ont remporté cette compétition comme joueur puis comme entraîneur ? Pas sûr, tant le Batave louait ses joueurs : Víctor Valdés, le gardien qui fit échec à Thierry Henry ? "Décisif", Juliano Belletti, l'arrière d'aile remplaçant qui marquait le but de la victoire à la 81e minute ? "Je suis heureux pour lui". Soutenu par le président Joan Laporta, Rijkaard a bâti depuis 2003 une équipe qui ressuscite le jeu de Rinus Michels, son modèle et compatriote inspirateur de l'Ajax sacré de 1971 à 1973. Un football total du Sud, en somme.
Giuly ne digère pas
Succédant à Djibril Cissé, Ludovic Giuly est devenu le vingtième Français vainqueur de la Champions League. Quelques instants après le coup de sifflet final, il a pris Diego sur ses épaules. Le garçonnet pleurait dimanche parce que son père n'était pas retenu pour la Coupe du Monde de la FIFA. Il a séché ses larmes. "Ludo", lui, ne pouvait avaler qu'un vainqueur de la Champions League, buteur décisif en demies, raterait la fête estivale. "Je vais profiter de ce moment", disait-il. "Mais il reste en moi un regret et un sentiment d'injustice."
Henry : "L'équipe ne méritait pas ça"
"On ne peut pas tout avoir", semblait lui souffler Henry quand les deux hommes se félicitaient à la fin du match. Le capitaine des Gunners – en partance pour Barcelone ? - ira en Allemagne. Mais il était abattu d'avoir laissé filer la victoire : "L'équipe ne méritait pas ça après le parcours que nous avons fait".
La résistance d'Arsenal
Vrai, Arsenal, rapidement largué par le Chelsea FC en Premiership, a failli rééditer l'exploit de Liverpool à Istanbul. Après 995 minutes et 10 matches sans prendre de but, la défense d'Arsène Wenger – la meilleure de la compétition - a cédé alors qu'il lui restait 15 minutes à tenir. Ce qui a rendu cette finale plus belle encore, d'autant qu'Arsenal avait ouvert la marque. Grand aussi, le public du Stade de France et l'ambiance entre supporteurs des deux camps que le jaune fluo (leur couleur à l'extérieur) réunissait dans une tribune châtoyante.
Deco n'est plus seul
Au final, les Espagnols repartent avec la Coupe des champions qu'ils défendront à partir de septembre avec un statut de favori n°1 renforcé par cette expérience victorieuse. Avant le coup d'envoi, seul Deco avait inscrit son nom au palmarès (en 2004 avec Porto). Maintenant, tous possèdent ce vécu si important au plus haut niveau. Il peut leur offrir un règne digne de ceux du Real, de Liverpool, de l'Ajax, du FC Bayern München ou plus récemment, de l'AC Milan. C'est pourquoi la saison prochaine sera passionnante.
par Christian Châtelet
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«Je remercie le Barça»
Fidèle à lui-même, c’est un Frank Rijkaard calme et modeste qui s’est présenté devant la presse après le sacre de son équipe. Félicitant avant tout ses joueurs, le technicien néerlandais s’est dit très heureux de faire partie du Barça et d’avoir offert le trophée au club. Interview
Sport24.com : C’est une grande victoire pour vous ce soir (Ndlr : mercredi). Que ressentez-vous ?
Frank Rijkaard : Je suis très content de ce succès sur un plan personnel et plus largement pour le club et pour ses supporters. Le Barça a gagné la Ligue des Champions et a rendu heureux ses fans, c’est ce qui compte. Je remercie le Barça de me permettre de vivre cela et de faire partie de ce grand club.
Sport24.com : La victoire a été longue à se dessiner. Vous avez beaucoup souffert…
Frank Rijkaard : Oui, d’autant plus après l’expulsion de Lehmann, nous avons dû jouer contre dix joueurs très bien organisés, très bien regroupés. Il a fallu se montrer patient. L’égalisation a été très importante car elle a mis un coup au moral d’Arsenal et nous avons continué sur le même rythme pour obtenir la victoire.
Sport24.com : Vous attendiez-vous à voir une équipe d’Arsenal aussi solide ?
Frank Rijkaard : Oui, j’ai toujours dit que je ne prêtais pas d’attention aux étiquettes de favoris. On nous présentait comme le favori de cette finale mais une finale est un match unique et il y avait deux équipes très fortes sur le terrain. Arsenal a eu un joueur expulsé et s’est très bien organisé derrière. Ensuite, ils ont marqué sur un coup de pied arrêté, ce qui les a rendus encore plus forts, mentalement du moins. C’est devenu difficile de jouer car leurs joueurs ont redoublé d’efforts et ont travaillé dur pour nous empêcher de marquer. Ce n’est pas la première fois que ça se passe comme cela quand une équipe est en infériorité numérique et je dois dire qu’Arsenal a très bien joué.
Sport24.com : Pensez-vous que l’arbitre a pris la bonne décision en expulsant Lehmann ou aurait-il dû accorder le but de Giuly ?
Frank Rijkaard : Je n’ai pas bien vu l’action sur le moment et je ne l’ai pas encore revue à la télévision. Je pense que pour les spectateurs cette expulsion est dommageable car elle a changé la physionomie de la rencontre et un peu gâché cette finale. Mais l’arbitre a pris sa décision et c’est comme ça.
Sport24.com : Vous avez fait des changements décisifs en deuxième période. Est-ce la clé du match ?
Frank Rijkaard : Ce sont les joueurs qui décident de l’issue d’un match. L’entraîneur peut juste remplacer quelques joueurs et c’est à eux de répondre. Larsson a démontré à quel point il était un joueur important pour nous mais je n’oublie pas la prestation de Valdes. Il a joué un grand rôle dans notre victoire, il nous a sauvés devant Henry et en une ou deux autres occasions. Il a grandement contribué à notre succès final.
Sport24.com : Vous avez déjà gagné cette Ligue des Champions comme joueur. Est-ce le même bonheur en tant qu’entraîneur ?
Frank Rijkaard : Je ne peux pas comparer les deux. J’ai gagné des titres en tant que joueur, j’ai gagné la Ligue des Champions mais je n’y pensais pas pendant cette finale. Je vis l’instant présent, pas le passé. Je suis simplement très content pour l’équipe, pour mes joueurs, pour le club et pour nos supporters.
Sport24.com : Parmi tous les matches de cette saison, tous les tours de cette Ligue des Champions, lequel a le plus compté ?
Frank Rijkaard : Le dernier. La finale de ce soir ( Ndlr : mercredi). Bien sûr.
Par Emmanuel Quintin, Au Stade de France
10:28 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
«Je n’ai jamais douté»
re le sacre du Barça (Panoramic)Par Emmanuel Quintin
Au Stade de France
Sport24.com : Samuel, comment vous sentez-vous après cette victoire ?
Samuel Eto’o : Je n’ai pas de mot pour relater ce qu’on a vécu, tout ce qu’on vit en ce moment. Dans quelques années, quand je dirais à mon fils (Ndlr : il est à ses côtés) que j’ai gagné la Ligue des Champions et que j’ai inscrit un but qui a permis à mon équipe de revenir au score… On ne se rend pas trop compte encore de ce que ça représente. C’est quand notre carrière sera finie qu’on prendra conscience de ce qu’on a fait.
Sport24.com : Avez-vous douté pendant cette finale ?
Samuel Eto’o : Non. Dans une finale, on ne peut pas se permettre de douter. Car ce sont des rencontres qui se jouent jusqu’au coup de sifflet final. Quand on est rentré aux vestiaires à la mi-temps, on s’est rappelé l’exemple de Liverpool l’an dernier face à Milan. On s’est mis dans l’esprit des joueurs de Liverpool. On s’est dit : «on rentre sur la pelouse et on y va, tant pis si on prend un autre but. Il faut essayer, essayer, essayer.» Et finalement Dieu a bien voulu qu’on l’emporte.
Sport24.com : Le Stade de France vous réussit. Vous aviez marqué avec le Cameroun contre le Brésil, vous gagnez la Ligue des Champions. Qu’a-t-il de particulier ?
Samuel Eto’o : Je ne sais pas. Hier (Ndlr : mardi), quand nous sommes arrivés au stade je me suis demandé dans quel vestiaire nous allions être car j’avais perdu la finale de la Coupe des Confédérations en étant dans le vestiaire visiteurs. Quand j’ai vu que nous étions dans celui de l’équipe hôte, je me suis dit que l’on avait des chances de remporter la victoire car c’est dans ce vestiaire que j’étais lors du match contre le Brésil en Coupe des Confédérations 2003, où j'avais marqué un beau but qui nous avait donné la victoire. J’ai dit à Ronnie qu’on allait gagner. Et Dieu nous a permis de gagner.
Sport24.com : Belletti et Larsson sont entrés en cours de match et ont été décisifs. C’est donc une victoire collective pour le Barça…
Samuel Eto’o : Au Barça, on a une équipe d’une vingtaine de joueurs, et même plus avec certains de la réserve, qui sont au haut niveau. On savait qu’on aurait des possibilités même si en face de nous il y avait une très bonne équipe, difficile à jouer car elle défend très bien et maîtrise très bien la contre-attaque. Il fallait trouver la solution. En première mi-temps, on a pris un but sur un coup de pied arrêté avec «Titi» qui met le ballon sur la tête de Sol Campbell. Après, j’ai un ballon d’égalisation avant la pause mais ça n’a pas marché. Mais on a continué, on a monopolisé le ballon pendant pratiquement 35 minutes en deuxième mi-temps et puis ça a fini par payer.
Sport24.com : Sur l’action qui amène l’expulsion de Lehmann, auriez-vous préféré que l’arbitre accorde le but ?
Samuel Eto’o : Quand vous êtes sur la pelouse, vous préférez évidemment que l’arbitre accorde le but. Il en a décidé autrement. On ne peut rien dire, c’est le jeu. L’arbitre aurait pu laisser l’avantage mais bon… On a gagné et on n’y pense plus.
Sport24.com : Cette victoire atténue-t-elle votre déception de ne pas être au Mondial avec le Cameroun ?
Samuel Eto’o : Non, cela n’a rien à voir. La Coupe du Monde est l’évènement planétaire le plus important, tous les joueurs veulent y être. C’est dommage que le Cameroun ne se soit pas qualifié. Mais comme je suis croyant, je crois toujours que ce que Dieu nous donne est bon et j’ai pris cette élimination du Mondial comme ça. Et aujourd’hui, il m’a offert autre chose, un autre grand moment.
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Rijkaard entre dans la légende
Frank Rijkaard, le maître à penser du Barça.Les comparaisons ne sont pas prêtes de s'éteindre entre Frank Rijkaard et Johan Cruyff du côté de Barcelone. Et s'il est difficile d'établir que l'élève a dépassé le maître, force est de reconnaître qu'en remportant avec courage la deuxième Ligue des Champions de l'histoire du club, Ronaldinho et ses coéquipiers ont propulsé leur coach au panthéon de l'institution blaugrana. Comme Cruyff en 1992, Rijkaard a lui aussi conquis la Coupe aux grandes oreilles. Et comme Cruyff en 1992, sa formation déjà impériale en Espagne, a logiquement mis l'Europe à ses pieds.
"C'est le plus grand, le meilleur!", s'est d'ailleurs récemment exprimé le président du Barça à l'endroit de son entraîneur. Un emportement propre aux grands clubs en général et à Barcelone en particulier qui tranche avec le calme impérial du technicien batave. Car, Rijkaard est avant tout un taiseux. Lui qui a laissé le soin à Jose Mourinho de s'exciter tout seul à l'amorce du double duel entre sa formation et Chelsea en huitièmes de finale, ne s'est jamais départi de sa désormais légendaire quiétude. Un comportement qui lui permet, quasiment à chaque coup, de trouver des solutions adéquates si par malheur les rouages de sa fantastique formation venait à se gripper.
Un groupe en symbiose avec son coach
Et face à Arsenal, le cerveau de Rijkaard n'a pas dû manquer de bouillonner. Embarqués dans un match piège, menés au score malgré leur supériorité numérique, les Catalans balbutiaient leur football. Ronaldinho n'était que l'ombre de lui-même. Samuel Eto'o voyait sa frappe repoussée par le poteau d'Almunia en première période. Un ressort était cassé dans les rangs espagnols. Alors, comme par enchantement, quand le terrain ne répond plus, le coach Rijkaard, du bord de la touche a pris le relais. Et l'ombre a fait place à la lumière.
A peine plus de dix minutes après son entrée en jeu, Henrik Larsson déviait à merveille le ballon pour un Eto'o enfin victorieux. Les Catalans reprenaient alors espoir. Mieux, Larsson, toujours lui, servait de nouveau, cinq minutes plus tard, un autre de ses coéquipiers en la personne de Belletti. Lui aussi venu du banc quelques instants plus tôt, le Brésilien, en pleurs, offrait la victoire aux siens et récompensait ainsi le fameux "coaching gagnant" de son entraîneur. Ou plutôt, étant donné les conditions et l'ampleur de l'événement, le coup de génie de son entraîneur.
Au final, la parfaite symbiose entre le groupe catalan et son entraîneur devient désarmante pour les adversaires. Même Arsène Wenger, considéré, à juste titre, comme l'un des meilleurs techniciens du continent, n'a pas su trouver la clé pour faire chuter le géant barcelonais. Depuis deux saisons, le Real ou le FC Valence, en Liga, ont rendu les armes face aux troupes du président Laporta. Et la tendance ne semble pas prête de s'inverser tant le Barça paraît sûr de son football et de sa force. Et puis, Johan Cruyff, certes rejoint au niveau continental par son cadet, a été sacré champion d'Espagne à quatre reprises. Le chemin de Frank Rijkaard semble donc tout tracé...
03:54 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Barcelone est renversant

Barcelone a remporté la Ligue des Champions en battant Arsenal (2-1). Menés au score mais en supériorité numérique suite à l'expulsion précoce de Jens Lehmann, les Blaugrana ont fait la différence lors du dernier quart d'heure. Quatorze ans après Wembley, le Barça est de nouveau au sommet.
BARCELONE - ARSENAL : 2-1
Buts : Eto'o (76e) et Belletti (81e) pour Barcelone - Campbell (37e) pour Arsenal
Quatorze ans après un coup franc de Ronald Koeman, le FC Barcelone se hisse une nouvelle fois sur le toit de l'Europe. Comme en 1992, la tâche n'a pas été aisée et il a fallu que les Catalans, au jeu si léché, au football si propre en temps normal, se fassent mal pour venir à bout d'Arsenal et de sa défense d'acier (2-1). Celle-ci aura finalement tenu 995 minutes avant de craquer deux fois en cinq minutes. Cruel pour Arsène Wenger et ses hommes qui, réduits à dix depuis la dix-neuvième minute, avaient jusqu'alors tenu le choc de manière héroïque face à une équipe barcelonaise qui n'a pas réussi sa meilleure prestation de sa saison. Loin de là.
Mais qu'importe. Ludovic Giuly et compagnie ont remporté la Ligue des Champions 2006 au terme d'une finale haletante et passionnante. Même avec leur maillot blaugrana, celui qui avait toujours porté malheur aux Catalans en finale de C1, les champions d'Espagne ont imposé leur football offensif et leur talent à l'Europe. Frank Rijkaard, descendant direct de Johan Cruyff, a réussi son pari et remporté sa quatrième Ligue des Champions. La première en tant qu'entraîneur. Arsène Wenger, lui, devra patienter avant de devenir le premier coach français titré en C1. Mais ses jeunes pousses peuvent lui faire rêver du meilleur dans les années à venir.
Première période : Un rouge qui change tout
Petit Poucet de cette finale de gala, Arsenal entre dans la rencontre tambour battant. Les Londoniens mangent le ballon et ne laissent que quelques miettes aux Barcelonais. Dès la 3e minute de jeu, Thierry Henry est d'ailleurs à deux doigts d'ouvrir la marque. Sur un centre venu de la droite, le Français passe devant Marquez et, de l'extérieur du droit, force Valdes à s'employer. Moins de trente secondes plus tard, le capitaine des Gunners remet ça de loin. Et le portier catalan répond une nouvelle fois présent (4e).
Echevelée, l'entame de la partie est plaisante comme on l'espérait. Les beaux gestes succèdent aux tentatives. Giuly (8e) et Deco (17e) testent un Jens Lehmann solide, mais qui a quasiment terminé sa soirée sur la verte pelouse dionysienne. Sur un appel de Samuel Eto'o, le gardien allemand plonge dans les pieds du Camerounais et le fauche sans qu'il n'y ait matière à discussion. Giuly a bien suivi et ouvre la marque... Malheureusement pour le Barça (et peut-être pour Arsenal), l'arbitre M. Hauge avait sifflé la faute quelques secondes auparavant. Et logiquement, il expulse Jens Lehmann (19e). La mort dans l'âme, celui qui fut portier du Milan AC durant quelques mois quitte la pelouse. Tout comme Robert Pires, qui laisse sa place à Almunia.
Amputée de l'un de ses acteurs, la finale perd en intensité. Les champions d'Espagne décident de tourner autour de leur proie blessée. Sans réellement la saisir. Une proie qui va finir par s'affranchir de son prédateur. A la suite d'un raid d'Emmanuel Eboué, les hommes d'Arsène Wenger obtiennent un bon coup franc côté droit. Thierry Henry pose le cuir, ajuste la mire et le dépose sur le front de Sol Campbell. Le défenseur central s'élève aux six mètres et, d'un coup de tête décroisé, fait trembler les filets de Barcelone (0-1, 37e). Les fans des Gunners exultent. Barcelone accuse le coup mais, au prix d'un dernier coup de rein, passe à un cheveu de l'égalisation. Eto'o trouvant le poteau sur une frappe en pivot déviée par Almunia (45+2).
Seconde période : Cinq minutes de folie
Remplaçant au coup d'envoi, l'excellent Iniesta prend la place d'Edmilson. Le métronome apporte son écot au jeu catalan et tente sa chance. Mais Almunia se montre impeccable (53e). Menés, les Blaugrana ne paniquent pas. Bien au contraire. Appliqués et respectueux de leur schéma de jeu, les joueurs de Frank Rijkaard continuent à réciter leur leçon. Seul Ronaldinho commence à tenter des coups solitaires. Malheureusement pour l'ancien Parisien, ses tentatives ne font pas la différence. A l'image d'une frappe du plat du pied dévissée qui file bien loin du but londonien (62e).
Sous une pluie qui redouble d'intensité à mesure que les minutes s'égrènent, les futurs pensionnaires de l'Emirates Stadium n'ont guère l'occasion d'inquiéter Valdes mais commencent à trouver quelques espaces à l'heure de jeu. A l'image de Ronaldinho, le FC Barcelone ne semble pas dans un grand soir. Thierry Henry n'est pas loin d'en profiter. Mais face à Valdes, il perd son duel et l'occasion de mettre les Gunners définitivement à l'abri (70e). Il va s'en mordre les doigts. A onze contre dix, le Barça finit plus frais. Et Larsson, entré au cours de la seconde période, va faire très mal aux Anglais.
Sur une déviation bien sentie, le Suédois trouve Eto'o. De près, le Camerounais contrôle du gauche et frappe du droit. Almunia met un genou à terre (1-1, 76e). Arsenal aura finalement tenu 995 minutes sans encaisser de but en C1. En cinq minutes, ils vont en prendre deux. Pour son dernier match avec le Barça, Henrik Larsson est une nouvelle fois à l'origine d'un excellent ballon pour Belletti. L'angle est fermé mais le Brésilien tente tout de même sa chance. Le ballon file entre les jambes d'Almunia (2-1, 81e). Auteur d'un bon tiers de ses buts en Ligue des Champions lors du dernier quart d'heure, Barcelone passe devant au meilleur moment possible. Ereinté, Arsenal ne reviendra pas. Au plus grand plaisir de Barcelone, roi d'Europe pour la deuxième fois son histoire.
LA DECLA : Arsène Wenger (Manager d'Arsenal)
"C'est très dur à avaler mais ça fait partie du sport. On a eu le malheur de jouer à dix contre onze pendant très longtemps. Il y a eu deux tournants, le premier, on a eu deux occasions de but lorsqu'on menait, et puis je pensais que leur premier but était hors jeu, et s'il l'était, c'est dommage. On a joué la régularité, mais quand tu cours après le ballon pendant longtemps, à dix contre onze, tu sais que les vingt dernières minutes... On a fait une campagne extraordinaire. Malheureusement, il faut un vainqueur et un vaincu. Je suis depuis assez longtemps dans ce métier pour le savoir. Il faut vivre avec, avec des bons et des mauvais moments. Ce soir, c'est un très mauvais moment. Et c'est un très gros regret de ne pas avoir pu jouer à onze contre onze."
Eurosport - Maxime DUPUIS
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C1 / LES joueurs de barcelone :Larsson, c’est du luxe

Si Samuel Eto’o a été le grand bonhomme de cette finale, impossible de ne pas souligner l’apport décisif de Henrik Larsson. Le Suédois, entré en jeu pour la dernière demi-heure, a délivré deux passes décisives en quatre minutes. Un beau cadeau d’adieu…
Valdes (6,5) : Décisif d’entrée de match face à Henry (3eme et 4eme), il est impuissant sur le but d’Arsenal. Il sauve en revanche les siens du KO à deux reprises face à Ljungberg (67eme) puis Henry (70eme).
Oleguer (5) : Un début de match anodin qui s’est un peu assombri à la 37eme minute de jeu. C’est lui qui perd son duel face à Campbell sur l’ouverture du score. Averti suite à une faute sur Ljungberg (69eme), il a cédé sa place dans la foulée à Belleti (71eme), auteur d’une entrée décisive puisque le défenseur brésilien inscrit le but de la victoire à la 80eme minute.
Puyol (5,5) : Pris de vitesse par Henry dès l’entame de match, il est également impliqué dans le but d’Arsenal puisque l’arbitre sanctionne une faute inexistante de sa part. Le capitaine barcelonais a souvent souffert face à la vitesse d’Henry notamment mais les attaquants d’Arsenal étaient trop isolés pour vraiment mettre en difficulté le défenseur Blaugrana.
Marquez (6) : Il a très peu participé au jeu offensif, se contentant de défendre et de surveiller Thierry Henry. Du coup, pas grand-chose à signaler à part un tir non cadré à la 25eme minute. Mais il a fait son boulot malgré lui aussi quelques difficultés dès que Titi parvenait à prendre de la vitesse.
Van Bronckhorst (6) : Sa mission était visiblement de bloquer le couloir droit et de surveiller notamment les accélération de Hleb. Du coup, il est très peu monté et son premier centre n’est intervenu qu’à la 69eme minute. Mais il a fait son boulot défensivement. Ce qui n’est déjà pas si mal.
Edmilson (5,5) : Positionné devant la défense, il a été une intéressante rampe de lancement pour du jeu long vers Giuly et Eto’o. Mais il a été victime du changement tactique opéré à la pause et il a été remplacé par Iniesta (6,5). Le jeune Espagnol, que l’on attendait titulaire et qui a finalement été laissé sur le banc au profit de Van Bommel, a réussi son entrée dans cette finale en touchant un maximum de ballons. Et c’est lui qui est à l’origine du but égalisateur.
Van Bommel (5) : Invité surprise de cette finale, l’ancien joueur du PSV a laissé la même impression que ces dernières semaines. A savoir une évidente aisance technique mais également trop d’erreurs et de mauvais choix. A son crédit cependant, un très bon retour sur Pires (16eme). Remplacé par Larsson (61eme), qui a été un joker payant pour le Barça. Le Suédois, âgé de 34 ans et qui quittera l’Espagne dans quelques jours, a tout simplement délivré les deux passes décisives de son équipe. Et ce n’est pas un carton jaune stupide dans les arrêts de jeu qui viendra ternir sa belle prestation.
Déco (6,5) : Face à une défense très regroupée, sa qualité technique et sa vision du jeu ont été des atouts importants. Une énorme activité et quelques frappes dangereuses (17eme et 48eme). Mais surtout un nombre impressionnant de ballons dans ses pieds. A l’arrivée, le Portugais, qui était le seul joueur sur la pelouse à avoir déjà remporté la Ligue des Champions, a inscrit une deuxième C1 à son palmarès.
Giuly (6) : Il avait à cœur d’effacer sa déception suite à sa non convocation pour le Mondial. Mais aussi de tourner la page de la finale de C1 perdue face à Porto. L’ancien Monégasque a donc affiché une grande énergie et il a souvent été sollicité en début de match sur de longues ouvertures. Une bonne frappe dès la 8eme minute puis beaucoup d’appels de balle. Peu ont été récompensés. Mais ses larmes au coup de sifflet final étaient bien celles d’un vainqueur.
Ronaldinho (6) : Etait-ce un signe ? Le Brésilien a dû patienter cinq minutes avant de toucher son premier ballon. Ronnie n’a pas éclaboussé cette finale de son talent mais il a quand même eu son mot à dire dans le succès des siens. D’abord en envoyant Eto’o vers Lehmann pour l’expulsion du gardien allemand. Puis en distillant quelques bons ballons vers ses attaquants. Il aura également manqué de précision sur ses frappes et ses coup-francs. Et il a globalement donné l’image d’un joueur qui cherchait à prendre de la vitesse. Mais face à une défense très regroupée, il y est rarement parvenu.
Eto’o (8) : C’est sans conteste l’homme du match. Il a débuté sa finale côté gauche, laissant Ronaldinho dans l’axe. Ses premières prises de balle l’ont mis sur la route d’Eboué et il a eu du mal à se mettre dans le bon rythme. En fait, il aura attendu 18 minutes avant d’entrer en scène. Un raid dans le dos de la défense pour provoquer l’expulsion de Lehmann, une frappe sur le poteau en fin de première mi-temps et finalement le but égalisateur de sa formation. Le tout orchestré par une vraie montée en puissance au fil de la finale.
Nicolas PUIRAVAU
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C1 - Barcelone-Arsenal: Les réactions
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Eternel Barça...
Puyol lève la Coupe et le Barça exulte.Mais étrangement, Terje Hauge, l'arbitre de la rencontre, opte pour la mauvaise décision en refusant le but. Il revient sur la faute et expulse le portier des Gunners. Le premier dommage collatéral concerne Robert Pires qui est immédiatement sorti au profit d'Almunia, le gardien remplaçant. Un premier coup dur pour les Anglais qui avaient pourtant obtenu une première opportunité par Henry contré par Valdes à deux reprises.
Arsenal se recroqueville
Une finale se joue sur des détails paraît-il. Le Barça investit le camp des Gunners sans toutefois se créer de réelles opportunités notamment en raison d'un bloc ultra-compact depuis l'expulsion. Dans la foulée, un contre fuse, Eboué sur son côté droit tente de déborder Puyol puis s'effondre tout seul. L'arbitre norvégien se laisse abuser et siffle. A défaut de marquer, Henry se mue en passeur et adresse un centre parfait que Sol Campbell catapulte dans le but de Valdes (1-0, 37e). Une superbe revanche pour le défenseur des Gunners qui a vécu une saison cauchemardesque marquée par des blessures et des soucis personnels.
Avec ce petit but d'avance, Arsenal va alors opter pour la version "ultra défensive" entrevue à Villarreal. Avec un réel succès d'ailleurs. Le Barça monopolise évidemment la balle mais peine de plus en plus pour trouver la position idoine. Il faut la classe de Samuel Eto'o pour y parvenir. Dans la surface, le Camerounais fait le tour de Campbell et frappe. Almunia sort un arrêt de folie et pousse la balle sur son poteau droit. On joue déjà les arrêts de jeu et Arsenal peut souffler.
Le coaching gagnant
Le brainstorming de Frank Rijkaard et de ses adjoints est intense à la pause. Première conséquence, Iniesta entre à la place d'Edmilson. Le Néerlandais opte pour la capacité de percussion et la qualité de passe de l'Espagnol plutôt que l'option défensive représentée par le Brésilien. Les conséquences de ce changement ne sont pas immédiates. Car Arsenal vend chèrement sa peau. Deco puis Iniesta font pourtant chauffer les gants d'Almunia sous une pluie battante qui s'est invitée à la mi-temps. Peu avant l'heure de jeu, Ronaldinho, moins en verve qu'à l'accoutumée, se signale sur un coup franc puis en proposant enfin un grigri pour effacer Eboué dans la surface. Son centre trouve Almunia qui peut détourner du bout des gants.
Eto'o a inscrit le premier but du Barça.Et puis, les minutes passent, Arsenal y croit et file en contre. Fabregas s'échappe, lance Henry qui voit Hleb seul au second poteau. Mais le Biélorusse ne cadre pas (63e). Quelques secondes plus tard, Ljungberg chipe le ballon à Oleguer, il s'enfonce, frappe et oblige Valdes à un superbe arrêt réflexe. Arsène Wenger, sur son banc s'énerve logiquement. Et pour couronner cette période faste, c'est Henry, lancé dans la profondeur, qui manque son face-à-face avec le portier catalan. Incroyable. «On savait que ça se jouerait sur des détails. On a eu le malheur de jouer trop longtemps à 10 contre 11. On a deux occasions de mener 2-0 ce qui les auraient tué», enrage Arsène Wenger.
Six minutes plus tard, Eto'o profite d'une merveille de déviation de Larsson et fusille Almunia qui s'est fait surprendre au premier poteau pour l'égalisation du Barça (1-1, 76e). La moitié du stade exulte. L'autre baisse la tête. Une première fois car le Barça ne lâche pas l'accélérateur. Larsson, encore lui, donne cette fois à Belletti qui dans la surface frappe fort. Le portier espagnol des Gunners voit le ballon lui passer entre les jambes et entrer dans le but (2-1, 81e). Double coaching gagnant de Rijkaard qui venait de lancer Larsson et Belletti... En toute logique, le Barça monopolise le ballon et ne le lâchera plus.
Quand Puyol saisit la Coupe
"C'est cruel mais il faut vivre avec. C'est un très mauvais moment à passer. Je veux tout de même tirer un coup de chapeau à mon équipe qui a réalisé une campagne extraordinaire", lâche Arsène Wenger. Dans le camp d'en face, les images de joie se succèdent. Giuly balade son fils sur les épaules. Il croise Henry, les deux hommes devisent tranquillement. Une petite embrassade qui redonne un sourire passager à l'idole d'Arsenal. Xavi, beau joueur, vient saluer tous les Gunners un à un.
Et puis évidemment, la cérémonie des médailles est grandiose. Les Catalans s'avancent un à un pour monter sur le podium. Jusqu'à Carles Puyol qui prend tout son temps. L'habituelle danse bat déjà son plein sur le podium quand le capitaine s'avance et brandit la Coupe dans le ciel du Stade de France. La fête ne fait que commencer. Et elle résonne à coup sûr jusqu'en Catalogne...
01:18 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Campeones !
Longtemps mené au score par Arsenal, Barcelone a finalement profité de sa supériorité numérique dans le dernier quart d’heure pour remporter, au Stade de France, la deuxième Ligue des Champions de son histoire (2-1).
Espagne 2 – Angleterre 0. Une semaine après le succès du FC Séville en finale de la Coupe de l'UEFA, Barcelone a matérialisé la suprématie espagnole sur le football européen en s'adjugeant la deuxième Ligue des Champions de son histoire. Une finale qui a tenu toutes ses promesses entre la meilleure attaque (22 buts inscrits en 12 matches) et la meilleure défense de la compétition (2 buts encaissés). La maîtrise et la technique barcelonaises face à la fougue et la jeunesse insouciante des Gunners d'Arsenal. Autant d'éléments de comparaison qui faisaient de cette finale une rencontre aussi indécise qu'alléchante.
Les Gunners à 10 contre 11
Un temps espéré, Leo Messi, le petit prodige argentin du Barça ne figurait finalement même pas sur la feuille de match. Une absence qui permettait à Giuly, le grand perdant de la liste des 23, d’être titularisé sur le flanc droit de l’attaque aux côtés d’Eto’o et Ronaldinho. Côté londonien, la défense si imperméable depuis le début de la compétition se voyait en partie recomposée puisque les «anciens» Cole et Campbell récupéraient leur place de titulaire au détriment des intérimaires Senderos et Flamini. Les premiers à se mettre en évidence étaient d’ailleurs les hommes d’Arsène Wenger. Un en particulier, Thierry Henry ! Une bon contrôle assorti d’une petite balle piquée bien sorti par Valdes (3e) puis une lourde frappe à l’entrée de la surface boxée des deux poings par le portier catalan (3e) lançaient parfaitement les débats.
Passé ce début délicat et stressant, Barcelone reprenait ses esprits par l’intermédiaire de Giuly mais dans un angle fermé, son tir ne faisait que chauffer les gants de Lehmann (9e). L’embouteillage monstre au milieu de terrain empêchait les 22 acteurs de mettre véritablement en danger les portiers adverses. Monsieur Hauge allait mettre son petit grain de sel et gâcher la fête. Sur une merveille de passe en profondeur de Ronaldinho, Eto’o était fauché par Lehmann à l’extrême limite de la surface. Giuly avait bien suivi et n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond des filets. L’arbitre en décidait autrement en refusant de laisser l’avantage et en expulsant le gardien allemand (19e). Une décision aussi stupide qu’illogique dont Robert Pires fit malheureusement les frais, remplacé par Almunia.
Le coup de boule de Campbell
A 10 contre 11, Barcelone prenait logiquement la direction des opérations face à des Gunners pris à la gorge et incapables de sortir de leur moitié de terrain. Mais la domination catalane se révélait particulièrement stérile car hormis le coup franc hors cadre de Ronaldinho consécutif à la faute de Lehmann ou encore un tacle in-extremis de Cole sur Giuly (28e), Arsène Wenger n’avait pas de quoi s’arracher les cheveux. Bien au contraire ! Puisque sur un coup franc parfaitement botté par Henry, Campbell s’élevait plus haut que tout le monde et d’un fantastique coup de boule ouvrait la marque (0-1, 37e). Un but qui avait le don de rehausser le moral des Londoniens pourtant proche de se faire surprendre dans les arrêts de jeu de cette première période sur une frappe d’Eto’o qui touchait du bois, bien aidé par le bout des doigts d’Almunia (45+2).
Coaching payant de Rijkaard
Forcément, l’attaque-défense se poursuivait au retour des vestiaires. Mais le postionnement très bas de la défense londonienne gênait considérablement Ronaldinho et consorts, incapables de plonger dans le dos des défenseurs. Les hommes de Rijkaard s’en remettaient alors à des exploits individuels mais ni Iniesta, sur une belle frappe pile sur Almunia (53e), ni Ronaldinho après une succession de passement de jambes devant Eboué (58e) ne trouvaient la faille. Les meilleures occasions étaient même à mettre à l’actif des Gunners, profitant d’une certaine fébrilité défensive des Catalans. Sous un temps typiquement britannique, c’est tout d’abord Hleb qui, en contre, voyait son tir flirter avec le montant de Valdes (63e). Puis Henry y allait de son petit festival en enchaînant successivement grand pont et petite balle piquée sur deux défenseurs catalans mais l’international français poussait un peu trop son ballon devant Valdes (66e).
Barcelone souffrait face à la vivacité des Gunners mais ces derniers loupaient le coche lorsque Henry, parfaitement lancé dans la profondeur perdait son duel avec Valdes (70e). Arsenal avait laissé passer sa chance. Et le regrettera sûrement longtemps. Car à trop reculer, la sanction fut terrible. Sur un petit relais astucieux de Larsson, entré en cours de jeu, Eto’o se retrouvait seul face à Almunia et d’un tir à ras du poteau égalisait (1-1, 76e). Ce but changeait complètement la donne et sur l’action suivante, le Barça allait même crucifier les partenaires d’Henry. Avec une nouvelle fois Larsson à la baguette pour Belletti, également entré en seconde période, qui lancé, frappait entre les jambes d’Almunia (2-1, 80e). Les dernières minutes se résumaient en un long chemin de croix pour les Anglais, obligés de courir après un ballon insaisissable. Barcelone réalise le doublé Coupe d’Europe-Championnat. L’Europe appartient à l’Espagne !
Par Vincent Duchesne
01:10 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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