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09.06.2006

Mondial: 25.000 personnes pour le premier entraînement public des Brésiliens

OFFENBACH (AFP) - 25.000 personnes, 500 journalistes, une ambiance de feu et même un faux président Lula: le premier entraînement public du Mondial de football du Brésil jeudi à Offenbach, cité industrielle de la banlieue de Francfort, a été tout un spectacle.

Pour les enseignements tactiques, physiques ou sur le jeu, il faudra repasser.

"Quand je vois le Brésil jouer je suis heureux", affirme Niro Sivakumar, 18 ans, maillot de Ronaldinho sur le dos. Il n'est pas le seul: mardi, lors de la distribution des 25.000 places du stade des Kickers d'Offenbach (D2 allemande), il a séché les cours avec son ami Luis Ballich, 18 ans. "On est arrivé à 10h, l'heure officielle pour retirer les billets gratuits mais tout avait déjà été distribué. On a acheté des billets pour 20 euros".

Jeudi, il était possible d'acheter des places à ce même prix, même si la presse allemande a fait état de places vendues entre 50 et 100 euros.

Une marée jaune et verte a envahi le stade et les avenues de la ville de 110.000 habitants, dans une belle ambiance rythmée par les percussions brésiliennes. La fête devait durer jusqu'à 4 heures eu matin avec un feu d'artifice et des concerts.

Niro, né en Allemagne de parents sri lankais, et Luis, également né en Allemagne mais de père ukrainien et de mère tchèque, "détestent le football allemand. Les Allemands n'aiment pas la technique. Ils veulent toujours arrêter le ballon. Jouent trop physiques. Alors que le Brésil!..."

--AFP/Antonio Scorza

"Le Brésil gagnera", assure Niro, qui fait aussi sa pub: "J'aimerais jouer pour l'équipe nationale sri lankaise. Nous sommes 134e à l'indice Fifa".

A 16h30, le bus du Brésil se gare enfin sur la pelouse du stade. C'est la folie. Tous les joueurs sont acclamés à l'exception de Ronaldo, resté à l'hôtel en raison d'une fièvre. Le premier à l'appaludimètre? Ronaldinho évidemment. Vanda Spindler, danseuse de samba professionnelle brésilienne, mariée à un Allemand technicien et résidante de Wiesbaden depuis 11 ans, est catégorique: "C'est le meilleur".

Son neveu Diego Lima, 17 ans venu de Fortaleza passer les vacances voir sa tante et surtout le Mondial, nuance: "Je préfère Ronaldo. On vient voir le Brésil être sacré Hexa-campeao". Sa tante ajoute: "Malheureusement, on n'a pas trouvé de places pour le Mondial. On va regarder ça à la télévision".

A 16h55, la Seleçao pénètre enfin sur le terrain après être passé aux vestiaires. L'échauffement commence par le "roda-bobo": 19 joueurs forment un cercle et se passent le ballon (une touche de balle autorisée) pendant que trois tentent de l'intercepter. Contrôles orientés, feintes de passe, effets brossés: les Brésiliens montrent toute l'étendue de leur talent.

Dans le stade, 33 enfants de Bruchkoel (15 km d'Offenbach) sont tous habillés en blanc avec des bandeaux bleus. "Ca les amuse et nous on peut les repérer de loin. Il y a beaucoup de monde ici", explique Andy Ettrich, un des cadres du groupe dont fait partie Hannes. "Ronaldinho est meilleur que Ballack. Le Brésil meilleur que l'Allemagne. Allez le Brésil", lance-t-il.

Sur le terrain le Brésil fait une opposition à 11 contre 11 sur un terrain réduit à 60 mètres environ.

Bernard Reif, 39 ans et attaquant, porte fièrement le maillot du petit club d'Eppingen (près de Heilbrunn) sur lequel est imprimé: "Reifinho". "On m'a donné ce surnom il y a un an parce que j'aime le Brésil mais ma première équipe c'est l'Allemagne. Ce serait bien une finale Allemagne-Brésil."

Le Brésil fait une petite pause: un gamin en profite pour sauter sur le terrain saluer Ronaldinho, qui l'enlace avant qu'il ne soit reconduit à la sortie du stade par le service de sécurité hué par les spectateurs.

Pendant ce temps, Carlos Alberto Parreira a encore réduit le terrain pour une opposition à deux touches de balle maximum. Les joueurs s'amusent. Les spectateurs hurlent leur joie à chaque jonglage de Ronaldinho qui en rajoute.

Le président Lula, ou plutôt son sosie, Oscar Straneo, un Uruguayen qui travaille pour l'émission argentine +footballo-humoristique+ "Show match" apprécie. "L'interview vaut 5 euros. Nous sommes des pauvres", explique le faux Lula en saluant la foule. Un spectateur hurle "Ronaldinho président!".

Coupe du Monde 2006 - - Bresil - Allemagne, Sauf SI...

Photo 1 - Coupe du Monde 2006 - - Bresil - Allemagne, Sauf SI...

Qui pour succéder au Brésil ?

L'historique tirage au sort de décembre dernier a déjà tracé l'horizon du 9 juillet 2006, cette date qui obsède Raymond Domenech dans toutes ses déclarations publiques. En plaçant l'Allemagne à un bout du tableau et le Brésil à l'autre, la FIFA a assumé avec aplomb l'idée que cette dix-huitième Coupe du monde avait une finale idéale : la même que la dix-septième, entre le pays organisateur et le tenant du titre. S'en offusquer serait aussi inutile qu'hypocrite. La France ne rêvait de rien d'autre en 1998 quand elle a accueilli le plus grand événement sportif du monde. A cette différence près, par rapport à nos contrées, réveillées sur le tard, que l'Allemagne vit perfusée de foot 24 heures sur 24 depuis plusieurs jours. Elle détient le record absolu du nombre de finales disputées (sept, pour trois titres) et aurait grand tort de ne pas croire en ses chances, elle qui avait imposé sa loi en 1974, chez elle et en 1954 à la surprise générale. Certes, les joueurs de tout premier plan n'y sont plus légion (qui à part Ballack ?). Les deux années de mandat de Jürgen Klinsmann ont été perturbées par des résultats moyens et de vrais flottements sur le plan défensif. Mais à mesure que l'odeur de la compétition approche et que l'Allemagne rassure en amical, cette idée a refait surface : le football est un sport qui se joue à onze et où les Allemands gagnent bien souvent à la fin. Le Brésil gagne souvent lui aussi. Cinq titres de champion du monde, c'est unique. En cas de sixième titre que beaucoup promettent au 4-4-2 ambitieux de Parreira, le football auriverde aurait deux fois plus de couronnes sur la tête que quiconque, même l'Allemagne et l'Italie ; il aurait remporté un tiers des coupes mises en jeu depuis 1930 : il rejoindrait dans la légende l'Italie de 1938 et le Brésil de 1962 avec deux titres de rang. L'exploit serait prodigieux, comme l'a été il y a un an, ici même à la Coupe des confédérations, le niveau de jeu d'une sélection à laquelle il manquait Ronaldo, Cafu et Roberto Carlos. La pression qui pèse sur le Brésil est considérable mais ne semble pas encore toucher l'équipe. Il lui sera pourtant difficile de faire mieux qu'en 2002 quand les « 3R » Ronaldinho, Ronaldo et Rivaldo avaient conduit l'équipe à un titre unique en son genre : sept victoires en sept rencontres, du jamais vu. Rivaldo n'est plus là. Un de parti, deux de retrouvés : le rêve est incarné aujourd'hui par Kakà et Adriano. S'il ne perd pas trop d'énergie au premier tour face à la Croatie, l'Australie et le Japon, un groupe peu évident, le Brésil sera lancé comme une fusée. Il connaît la difficulté de sa tâche : quand la Coupe du monde se déroule en Europe, c'est une nation du Vieux continent qui gagne. Une seule exception : le Brésil de 1958. Ou comment Ronaldinho pourrait marcher sur les traces de Pelé.

BALLACK RATE L'OUVERTURE

Le sélectionneur allemand, Jürgen Klinsmann, a confirmé jeudi l'absence de Ballack : «Michael n'a pas pu finir l'entraînement mercredi. Il semble qu'il ne peut pas courir longtemps, mais nous espérons qu'il sera de nouveau disponible pour le deuxième match» du groupe A, a t-il indiqué.

Michael Ballack a rejeté de son côté l'idée qu'il aurait tardé à signaler et à faire soigner sa blessure au mollet droit : «contrairement à toutes les spéculations et les sous-entendus, je suis rentré chez moi après le match contre la Colombie (vendredi dernier) sans être blessé». Ballack explique avoir ressenti les premières douleurs dimanche et en avoir parlé immédiatement au staff médical de la Mannschaft.

Klinsmann a indiqué qu'il avait «différentes options» pour remplacer le nouveau joueur de Chelsea, élément-clé du jeu allemand avec 31 buts en 65 sélections. «Tim Borowski est en pleine forme, Sebastian Kehl est impatient de jouer, a-t-il dit. Ce n'est pas un problème. Vous verrez demain (vendredi) qui jouera».

08.06.2006

Ronaldinho, le monde à ses pieds

Suite et fin de notre série "4 hommes dans le Mondial", avec Ronaldo de Assis Moreira dit Ronaldinho. Discret de nature, le Brésilien est pourtant à l'heure actuelle le joueur de football le plus médiatisé de la planète. Meneur de jeu de la Seleçao qui va remettre son titre de champion du monde en jeu dès vendredi avec l'ouverture du Mondial, "Ronnie" sera la véritable star de cette 18e édition de la Coupe du monde. Une juste récompense pour ce génie au sourire angélique dont le parcours n'a pourtant rien d'un long fleuve tranquille.

Ronaldinho, l'icône absolue du football mondial...Ronaldinho, l'icône absolue du football mondial...
Aux quatre coins de la planète, les affiches publicitaires exhibent son visage juvénile. A 26 ans, Ronaldinho est sans conteste la star du ballon rond de ce début de vingt-et-unième siècle comme l'ont été avant lui Di Stefano, Beckenbauer, Pelé, Cruyff, Maradona, Platini, Zidane ou Ronaldo. A un détail près que la démesure médiatique est bien plus marquée aujourd'hui que durant les décennies passées. Si bien qu'au Brésil bien sûr, mais en Europe, en Asie, en Afrique et jusqu'aux îles du Pacifique, le milieu de terrain du FC Barcelone fait figure d'ambassadeur du ballon rond.

Un destin incroyable pour un jeune homme né voilà un quart de siècle dans la misère des favelas de Porto Alegre, capitale de l'Etat de Rio Grande do Sul, le plus méridional du Brésil situé à la frontière de l'Argentine et de l'Uruguay. C'est ici, dans une maison de bois des plus rudimentaires que le petit « Ronnie » a grandi. Et appris dès son plus jeune âge que seul le football pourrait lui faire accéder à un autre rang social. Pendant que sa mère s'occupait d'élever ses enfants, son père, Joao Da Silva Moreira, ouvrier soudeur et grand amateur de football, rêvait de faire de son fils le successeur du roi Pelé. Pour permettre à la famille Moreira de subvenir à ses besoins, il arrondissait les fins de mois en gardant les voitures sur le parking du Gremio Porto Alegre, le club phare de la ville.

Un gamin pas épargné par la vie

Depuis tout jeune, Ronaldinho a en lui la passion du football. Lorsqu'il rentrait chez lui après avoir passé des après-midi entières à taquiner le ballon dans les ruelles du bidonville avec ses copains, Ronnie perfectionnait sa technique en dribblant les meubles de son salon et son chien Bombon! Très vite remarqué par son aisance technique, le gamin allait intégrer le Gremio Porto Alegre à l'âge de sept ans. Poussé par son grand frère Roberto Assis, plus tard joueur professionnel, le petit génie progresse à grande vitesse et impressionne ses éducateurs.

Ses dribbles fulgurants et sa conduite de balle en font un phénomène admiré par tous. Mais alors que tout dans la vie du petit Ronnie semble le combler de bonheur, un drame va le frapper de plein fouet. Victime d'un accident domestique, une hydrocution, son père décède alors que Ronaldinho n'a que huit ans. Une tragédie difficile à digérer pour lui tant les liens au sein de la famille Moreira étaient soudés.

Dans la légende du Barça

Sorti plus fort et plus mûr de ce triste événement, Ronaldinho va tout donner pour devenir joueur professionnel, et ainsi faire ce que son père a toujours souhaité pour lui. Très vite, il éclabousse de sa classe toutes les catégories de jeunes, multipliant les prouesses techniques, laissant admiratifs, joueurs, entraîneurs et spectateurs. Son avenir est définitivement tracé. Champion du monde avec la sélection brésilienne des moins de 17 ans en Egypte, où il fut élu meilleur joueur de la compétition, Ronaldinho commence à faire parler de lui un peu partout à tel point qu'en 1999 alors qu'il n'a que 19 ans, Vanderlei Luxemburgo le sélectionne pour jouer avec l'équipe nationale en Copa America. Auteur d'un but contre le Venezuela qui a fait le tour de la planète sur les écrans de télévision, Ronaldinho devenait connu bien au-delà du continent sud-américain.

Depuis, le magicien a enchanté grand nombre de mythiques stades européens. Passé deux années au Paris Saint-Germain où ses exploits furent plus rares du fait d'un temps de jeu trop limité, Ronaldinho porte depuis trois saisons les couleurs du FC Barcelone avec qui il vient de remporter la Ligue des Champions et la Liga. En fin d'année dernière, le joueur dont la gentillesse, la disponibilité et la joie de vivre n'ont pas d'égal, a reçu le 50e Ballon d'Or de l'histoire. Là, dans la luxueuse salle de l'Espace Cardin, en face de l'Elysée, devant une kyrielle de légendes invitées pour l'occasion, le Brésilien a encore démontré toute sa dimension humaine.

Il repousse les limites du football

Ronaldinho, star parmi les stars au Brésil.Ronaldinho, star parmi les stars au Brésil.

Très ému par la cérémonie, le prodige ne pouvait retenir ses larmes au moment où sa mère Miguelina le rejoignait sur la scène. Terriblement humble, Ronaldinho, comme à son habitude, n'en rajoutait pas comme si d'une certaine manière il n'avait pas sa place aux côtés des anciens lauréats du trophée qui l'entouraient ce soir-là (Mathaus, Platini, Di Stefano, Beckenbauer, Zidane, Shevchenko, Fontaine...). Et pourtant si.

Aujourd'hui, au moment de disputer sa deuxième Coupe du monde, après celle remportée au Japon et en Corée du Sud en 2002, Ronnie semble avoir atteint le sommet de son art. Auteur d'une saison exceptionnelle en Espagne, ce «neuf et demi», souvent meneur de jeu, mais aussi capable de se positionner à la pointe de l'attaque, sera la grande attraction de cette dix-huitième Coupe du monde. Star parmi les stars, le natif de Porto Alegre, en plus d'être arraché par les plus grands annonceurs publicitaires, est, s'il en existe un, l'homme capable de faire se lever les foules dans un stade en une fraction de seconde. A la fois dribbleur, buteur et créateur, Ronaldinho a élevé le jeu à un niveau sans doute jamais atteint par un footballeur jusqu'alors. Apprécié de tous par sa simplicité, sa sincérité, il est adoré même par les non-initiés à la pratique du football. Grand parmi les grands, le Brésilien ne semble pas avoir de limites. Comme son talent.

Par Régis AUMONT (De Sports.fr)

07.06.2006

Le Brésil et les autres

Qui aura le bonheur de succéder à Cafu et d'embrasser la Coupe le 9 juillet ?  (Panoramic)

  Inévitable étape avant toute bonne Coupe du Monde qui se respecte, le petit jeu des pronostics sur les chances des différentes équipes devrait agiter les amateurs tout au long du mois. Voici ceux de Sport24.com.


L’ultra favori
Difficile de faire original lorsqu’on évoque le Brésil. Tous les quatre ans, les Auriverde font en effet figure de favoris. Mais peut-être encore plus pour ce millésime 2006 qu’ils abordent dans la peau d’un tenant du titre en quête d’une 6e couronne mondiale, avec toute la confiance inhérente à leur rang. Celle-ci pourrait-elle au final leur jouer des tours ? Pas impossible lorsqu’on voit leur préparation, faite de matches amicaux sans intérêt et dans une ambiance digne du carnaval. Sauf que le Brésil est ainsi fait et ne conçoit pas le football autrement que dans un esprit de fête, avec une décontraction à faire pâlir d’envie tout journaliste chargé d’interviewer Raymond Domenech. Et comment faire autrement d’ailleurs lorsque vous pouvez compter dans vos rangs des joueurs de la trempe d’un Ronaldinho, d’un Kaka, d’un Robinho… Autant d’artistes du ballon rond à qui imposer un cadre rigide ne ferait que nuire. Placé au sein d’un groupe F idéal pour entrer en douceur dans la compétition, le Brésil sera donc en finale. Soyez-en sûrs… Ou presque.

Les favoris
Si l’identité de «l’ultra favori» ne prête a priori guère à débat, celles de ses vassaux les mieux placés pour briguer le titre de «calife à la place du calife» demeurent bien loin de faire l’unanimité. Mais prenons notre courage à deux mains et sortons quatre équipes du lot. La première ne surprendra personne : l’Allemagne. On se rappelle tous de cette célèbre maxime de Gary Lineker qui affirmait en son temps que le football était un sport se jouant à 11 et qu’à la fin ce sont toujours les Allemands qui gagnent. Certes, depuis 1990 et le succès germanique en Italie, cette maxime n’a plus fait école. Sauf que cette année, l’Allemagne jouera chez elle et qu’avec une équipe n’impressionnant personne il y a quatre ans, elle était déjà arrivée en finale. Et si la santé de Ballack suit… Ensuite, inévitable esprit cocardier, on ne pourra s’empêcher de placer la France. Certes, l’objectivité sur ce coup n’est peut-être pas notre fort, mais comment faire autrement pour la dernière compétition de Zidane (et peut-être Thuram ?), qu’on aimerait tant voir partir en beauté. Et puis à bien regarder ce groupe de 23, honnêtement, il y a tout : potentiel, talent, individualités brillantes, joueurs de devoir… Reste à espérer que la mayonnaise prenne ce qui, il est vrai, est loin d’être acquis.

Autre formation qui ne manque pas de talent, l’Angleterre. En quête d’un titre qui lui échappe depuis 40 ans, la Perfide Albion n’a jamais mieux porté son nom que cette année. Son milieu de terrain, composé du quatuor Beckham-Lampard-Gerrard-Cole, fait rêver la terre entière. Sa défense, articulée autour de la charnière Ferdinand-Terry, paraît devoir pouvoir compenser la faiblesse du poste de gardien de but. Et devant, si Rooney est rétabli à temps et que Crouch confirme ses bonnes dispositions actuelles (sans oublier Owen of course), la Grande-Bretagne pourrait faire du dégât. Enfin, même si cette nation n’a jamais rien fait d’extraordinaire dans l’histoire de la Coupe du Monde, on serait tenté d’évoquer l’Espagne comme une possible favorite. Avec une jeune génération symbolisée par les Gunners Fabregas et Reyes et une ancienne (Puyol, Raul…) encore vaillante, les Ibères ont plus que le droit de croire en un avenir qui chante. Surtout que le sort ne leur a pas joué de mauvais tour en les plaçant dans l’une des poules les plus faibles de ce premier tour.

Les outsiders
Vaut-il mieux partir au Mondial avec le statut de favori, et toute la pression y afférant, ou en tant qu’outsider paré à l’exploit ? Vaste question. Toujours est-il que l’Argentine, souvent citée dans la première catégorie, n’a pas su ces dernières années assumer ce rang, surtout en 2002 où elle disparut corps et âme dès le 1er tour. Une infamie que les Gauchos pourraient bien vivre à nouveau cette année, vu le groupe ô combien délicat qui les attend. Mais avec une sélection où les paillettes ont laissé place à davantage de grinta, l’Argentine peut croire en sa bonne étoile. Gare cependant aux Pays-Bas, dont la formation considérablement rajeunie semble promise à un bel avenir dans… 4 ans. Parmi les autres outsiders, un aurait pu prétendre à mieux il y a encore quelques semaines : l’Italie. Mais depuis, l’affaire du Moggigate est passée par là, emportant sur son passage le président de la Fédération transalpine, de nombreux autres dirigeants… et peut-être bientôt la Juventus Turin. Autant dire que le climat régnant autour de la Squadra Azzura n’est pas à la sérénité. Sans compter que la sélection italienne présente une équipe a priori moins forte que ces dernières années et qu’elle devra se sortir d’un groupe E piège, où elle croisera notamment la route de la République tchèque, qui sera un adversaire à ne surtout pas négliger avec son Ballon d’Or Nedved, qui aura connu une année noire à Turin mais aura l’avantage d’arriver frais en Allemagne. On n’oubliera pas de citer aussi le Portugal, qui aura certainement à cœur d’oublier l’immense déception de «son» Euro perdu en finale avec une équipe semble-t-il sans grosse lacune et où l’on n’attend beaucoup de Pauleta.

Les possibles surprises
Lors des dernières éditions, chaque Mondial a pris l’habitude de réserver un certain nombre de surprises. On se rappelle encore la Suède et la Bulgarie en 1994, la Croatie en 1998 ou encore la Turquie et la Corée du Sud en 2002. La Corée, justement, peut-elle rééditer son exploit ? Au vu des matches amicaux, la réponse semble évidente : non. Surtout que cette fois, la compétition ne se déroulera pas sur le continent asiatique, ce qui devrait favoriser les nations européennes. Parmi lesquelles on suivra avec attention les performances du trio Suède-Suisse-Croatie, que l’on verrait bien faire des étincelles en Allemagne. Quarts de finaliste en 2002, les Etats-Unis seront également à surveiller, surtout s’ils sortent du groupe E, où l’on serait tenté de mettre une petite pièce sur le Ghana d’Essien, guère convaincant lors de la CAN mais au potentiel incontestable. En raison de son statut de tête de série, on ne snobera pas non plus le Mexique, même si sa défaite récente contre la France n’a pas laissé un souvenir impérissable dans l’Hexagone. Et, histoire de jouer une grosse cote, l’Iran, au vu de ses récents résultats préparatoires, ne sera pas à négliger dans un groupe D ouvert aux ambitieux. Des ambitieux, le groupe C en regorge à la pelle, telles que la Serbie-Monténégro et la Côte d’Ivoire, deux très sérieux clients. La première, avec sa défense de fer qui n’a encaissé qu’un seul but en qualifications, présente de sérieux gages de solidité ce qui, deux ans après le sacre européen de la Grèce acquis grâce aux mêmes types de vertus, est souvent synonyme de succès. Seul souci, l’ambiance ne semble pas au beau fixe dans cette sélection. Et la seconde, si elle sort du groupe de la mort, pourrait s’imposer comme le digne successeur africain des Sénégalais et autres Camerounais. D’autant qu’avec des joueurs de la trempe de Drogba, Kalou ou Akalé, tout semble possible offensivement.


Les trouble-fêtes
Voici la catégorie des équipes qui ne devraient pas faire de vieux os en Allemagne, mais qui pourraient jouer un rôle d’arbitre non négligeable. Au premier rang desquelles on placerait volontiers l’Australie, pas forcément pour de bonnes raisons d’ailleurs. En effet, comme l’a démontré leur match contre les Pays-Bas, les Socceroos ont pris l’habitude de développer un football très musclé, pour ne pas dire plus. Les artistes brésiliens seraient donc bien avisés de ne pas oublier leurs protège-tibias le 18 juin prochain. Autre équipe très physique, le Paraguay a désormais ses aises dans la peau d’un 8e de finaliste planétaire, ce dont l’Angleterre et la Suède n’ont pas dû oublier de noter. Brillant contre la France en Martinique, le Costa Rica a démontré un beau potentiel technique, même si l’absence de véritables attaquants devrait au final la pénaliser lourdement. Une absence que ne connaît pas l’Ukraine avec Andreï Shevchenko. Le futur avant-centre des Blues de Chelsea aura néanmoins l’inconfortable situation d’avoir à jouer les héros d’une sélection sans véritable repère international. Enfin, le Japon, dont l’inconstance semble être la marque de fabrique, et la Tunisie, que l’on suivra avec un brin de curiosité en raison de la présence de Roger Lemerre en tant que sélectionneur, ne s’annoncent pas comme des victimes expiatoires lors de ce Mondial.

Les missions impossibles
Celles-ci n’étant que l’apanage d’un certain Tom Cruise à Hollywood, certaines équipes ne pourront se rattacher qu’au célèbre dicton : «Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !» Ce sera ainsi le cas du Togo que l’on voit mal, avec ses joueurs amateurs pour certains (la Jeanne d’Arc de Poirée, vous connaissez), aller au-delà des 8es de finale. De même que la Pologne, à qui on prédit hélas le même destin qu’il y a quatre ans. Redescendu des cimes de Quito, l’Equateur devrait aussi avoir bien du mal à s’accommoder au niveau de la mer, ce que ses matches de préparation laissent déjà supposer. Et que dire des novices Angola et Trinidad et Tobago, qui seront davantage là pour humer les douces senteurs d’un Mondial que pour véritablement espérer atteindre les 8es de finale. Même si, avec la glorieuse incertitude du sport, tout reste possible…

Cote de Sport24.com
6 étoiles
Brésil

5 étoiles
Allemagne, France, Angleterre, Espagne

4 étoiles
Argentine, Pays-Bas, Italie, Portugal, République tchèque

3 étoiles
Côte d’Ivoire, Serbie-Monténégro, Suède, Suisse, Croatie, Iran

2 étoiles
Ghana, Mexique, Etats-Unis, Corée du Sud, Costa Rica, Japon, Paraguay, Tunisie, Ukraine

1 étoile
Australie, Angola, Arabie Saoudite, Equateur, Togo, Pologne, Trinidad et Tobago

Par Cédric Callier

Méfiance de rigueur

Diego Maradona et l'Argentine chutant contre le Cameroun en 1990  (Panoramic)

Ouvrir le bal lors d’une Coupe du Monde n’est jamais chose aisée même quand on a été champion du monde quatre ans plus tôt. Retour sur les six derniers matches d’ouverture de l’histoire.



2002 : France-Sénégal 0-1
Championne du monde en 1998, championne d’Europe en 2000, l’équipe de France débarque en Corée du Sud et au Japon (première fois que l’organisation est confiée à deux pays) avec l’étiquette de grandissime favori, confortée par sa victoire en Coupe des Confédérations l’année précédente avec une équipe bis. Les Bleus allaient pourtant se faire cueillir à froid par le Sénégal dès le match d’ouverture. Bouba Diop marquait le seul but de la partie, ouvrant la voie à la fabuleuse aventure des Lions de la Teranga qui, douze ans après le Cameroun, se hisseront jusqu’en quarts de finale. Les Français, eux, allaient piteusement sortir dès le premier tour sans marquer le moindre but et abandonner sans combattre leur couronne mondiale.

1998 : Brésil-Ecosse 2-1
Le Stade de France accueille son premier match de Coupe du Monde le 10 juin 1998. Le Brésil, sacré aux tirs au but en 1994 aux Etats-Unis face à l’Italie, est opposé à l’Ecosse. Une formalité pour les Auriverde, pense-t-on. D’autant que le milieu de terrain Cesar Sampaio ouvrait le score dès la 4e minute. Mais les Ecossais recollaient peu avant la mi-temps sur un penalty de John Collins (38e). Dominateurs mais peu inspirés, les hommes de Mario Zagallo ne parvenaient à arracher la victoire que sur un but contre son camp du défenseur britannique Tom Boyd (2-1). Un succès étriqué qui n’empêchera pas les Brésiliens de se hisser en finale, où ils tomberont le 12 juillet face à la France (3-0).

1994 : Allemagne-Bolivie 1-0
Quatre ans après son titre décroché en Italie et pour la première Coupe du Monde organisée aux Etats-Unis (un véritable succès populaire), l’Allemagne est confrontée à la Bolivie au Soldier Field de Chicago, habituellement dédié au base-ball. Avec des joueurs vieillissants (Brehme, Hässler ou encore Thomas Berthold), les hommes de Berti Vogts ont toutes les peines du monde à se défaire des Sud-Américains. Emmenés par leur Platini local, Erwin Sanchez, les Boliviens s’inclinent par le plus petit des écarts (1-0) sur un but de Jürgen Klinsmann, futur Monégasque.

1990 : Argentine-Cameroun 0-1
L’un des plus grands coups de tonnerre de l’histoire de la Coupe du Monde. L’Argentine de Diego Maradona qui se fait surprendre par le Cameroun au stade Giuseppe Meazza. Moins technique que les Sud-Américains, les Lions, qui deviendront vite indomptables, compensent par une débauche d’énergie supérieure, souvent à la limite de la régularité (deux expulsions au final). Alors qu’ils tiennent le match nul, François Oman-Biyik s’élève dans le ciel milanais pour placer, de la tête, le ballon hors de portée de Nery Pumpido. Le Cameroun gardera ce but d’avance pour signer le premier succès d’une sélection d’Afrique Noire en Coupe du Monde. Ce ne sera pas le dernier des partenaires de Roger Milla, révélations du tournoi, et qui ne s’arrêteront qu’en quarts de finale, battus par l’Angleterre après prolongation.

1986 : Bulgarie-Italie 1-1
Pour la deuxième fois de l’histoire, le Mexique accueille la Coupe du Monde. Initialement l’épreuve avait été programmée en Colombie mais le pays avait annoncé qu’il ne pouvait organiser la compétition dès 1983. Le stade Aztèque de Mexico voit donc les champions du monde italiens affronter la Bulgarie en ouverture. Grâce à un but d’Altobelli avant la pause, les Transalpins croient tenir la victoire mais les Bulgares décrochent finalement le match nul grâce à Sirakov à cinq minutes de la fin. Malgré cette contre-performance, la Squadra Azzurra passera le premier tour mais s’arrêtera en huitièmes de finale, battue par la bande de Michel Platini (2-0).

1982 : Argentine-Belgique 0-1
Victorieuse de son «Mundiale» à domicile en 1978, l’Argentine vient défendre son trophée en Espagne quatre ans plus tard. Opposée à la Belgique pour l’ouverture de la compétition, les champions du monde chutent d’entrée au Camp Nou. Erwin Vandenbergh offre la victoire aux Diables Rouges emmenés par Jean-Marie Pfaff, Eric Gerets, Franck Vercauteren ou encore Jan Ceulemans. Mais ni les Argentins, ni les Belges ne brilleront sur les pelouses espagnoles puisque les deux équipes quitteront le tournoi au deuxième tour. Humiliation suprême, les partenaires de Diego Maradona sortiront de la deuxième phase de poules sans le moindre point après deux défaites contre l’Italie et le Brésil.

Par Emmanuel Quintin

Le Brésil déjà dans le vif du sujet




Contrairement à la tradition qui régissait les dernières éditions de la Coupe du Monde de la FIFA, les champions du monde en titre n'ouvriront pas la compétition. L'honneur reviendra cette fois aux organisateurs. De son côté, la Seleção devra patienter jusqu'au 13 juin avant de fouler la pelouse du stade de Berlin, où elle affrontera l'équipe considérée comme son rival le plus dangereux du Groupe F.

Les listesMalgré la présence dans sa formation de certains joueurs parmi les meilleurs du monde, Carlos Alberto Parreira mesure parfaitement les enjeux de ces entrées en matière, réputées très compliquées quelque soit l'adversaire. Cette fois, le hasard lui propose une équipe de qualité, ce qui ne simplifie pas la tâche. En effet, avec son mélange d'expérience et de jeunesse, la Croatie n'est pas à prendre à la légère. D'autant qu'elle peut s'appuyer sur des joueurs tels que Igor Tudor, Dado Prso, les frères Robert et Niko Kovac, ou le latéral droit Darijo Srna, auteur de cinq buts en éliminatoires.

Les qualifications
Certes, cette année, le Brésil n'a pas consenti d'efforts surhumains pour émerger des qualifications sud-américaines. Il les a même bouclées à la première place. Mais sur ce point, les deux nations sont à égalité, puisque la Croatie s'est adjugée le Groupe 8, devançant même une équipe comme la Suède.

Les face-à-face
Brésiliens et Croates n'ont croisé le fer qu'une seule fois depuis que le pays a quitté la Yougoslavie, en 1991. Lors de cette rencontre amicale organisée en août 2005 à Split (Croatie), les deux équipes s'étaient séparées sur un score nul de 1-1. En revanche, la Yougoslavie a toujours été l'un des adversaires traditionnels du Brésil sur la scène mondiale, leur premier affrontement remontant à 1930, lors de l'édition inaugurale uruguayenne. Les Auriverdes s'étaient alors inclinés sur le score de 2-1, avant de prendre leur revanche vingt ans plus tard (2-0). Les deux rencontres suivantes, lors de Suisse 1954 et d'Allemagne 1974, n'ont pas connu de vainqueur. Bref, le public berlinois peut s'attendre à un superbe spectacle.

L’Histoire en Coupe du Monde
La fédération croate n'est affiliée à la FIFA que depuis 1992, ce qui n'a pas empêché son équipe nationale de se qualifier trois fois d'affilée pour la grand-messe du football : un joli tour de force. En 1998, à l'occasion de leur baptême du feu, les Balkaniques ont surpris tout leur monde en se faufilant jusqu'en demi-finales, éliminant l'Allemagne en quarts de finale sur un 3-0 qui ne laisse aucune place au doute. Ils ont ensuite dû "se contenter" de la troisième place, acquise grâce à une victoire 2-1 sur les Pays-Bas, et du titre de meilleur buteur de la compétition, décroché par Davor Suker. En 2002, les choses se sont moins bien passées, les Croates échouant dès la première phase.
De son côté, le Brésil a disputé toutes les éditions de la Coupe du Monde de la FIFA et en a conquis cinq (1958, 62, 70, 94 et 2002), ce qui en fait l'équipe la plus titrée de l'épreuve. La Seleção s'est également inclinée à deux reprises en finale, lors de Brésil 1950 et de France 1998.

Le duel à suivre
Roberto Carlos - Srna
Le latéral gauche de l'équipe du Brésil est connu pour sa propension à se porter aux avant-postes et pour la puissance de ses frappes. Ainsi, dès qu'il pénètre dans les 30 derniers mètres adversaires, il est à surveiller comme le lait sur le feu.
Il retrouvera face à lui le jeune Srna, latéral droit croate, qui se distingue également pour ses qualités offensives. Notre homme a même inscrit cinq des vingt-et-un buts croates du parcours qualificatif.

Les sélectionneurs
Malgré le titre conquis à Etats-Unis 1994, Carlos Alberto Parreira a été la cible de nombreux critiques, excédés par la frilosité du dispositif tactique de cette équipe. Cette année, le technicien semble avoir changé son fusil d'épaule : la Seleção présente un visage beaucoup plus séduisant, dessiné par les artistes du ballon que sont Kaká, Ronaldinho, Ronaldo ou Adriano.

Pour compenser le départ à la retraite de toute une génération de surdoués, qui comptait des joueurs de la classe de Davor Suker ou Robert Prosinecki, Zlatko Kranjcar a dû modifier le style de jeu de la Croatie. Le sélectionneur s'appuie désormais sur un 3-4-1-2 qui se décompose de la façon suivante : un libéro derrière deux stoppeurs, deux milieux récupérateurs et deux joueurs de couloir, puis un organisateur (son fils, Niko) en soutien de deux attaquants.

par FIFAworldcup.com

Parreira : "Du travail"

Parreira :

Le sélectionneur national brésilien, Carlos Alberto Parreira, casse tous les clichés autour de la Seleçao. Pour lui, si le Brésil va au bout et remporte un sixième titre mondial, ce sera avant tout grâce au travail effectué et au collectif. Les talents individuels ne suffisent pas.

CARLOS ALBERTO PARREIRA, votre concept de jeu est tourné vers l'offensive. Comment arrivez-vous à trouver un équilibre dans le jeu ?

C.P : Ce n'est pas "mon" concept. On ne gagne pas une Coupe du monde en ayant juste du talent. On la gagne avec cet élément, de l'organisation tactique mais avant tout avec du travail. Notre football repose sur l'esthétisme, le beau jeu, la technique, c'est vrai. Mais cela, c'est quand nous avons la balle. Si vous passez votre match à dire "donnez-moi le ballon s'il vous plait", cela ne peut pas fonctionner. Chacun doit apporter sa contribution, tout le monde doit jouer pour l'équipe. Cela peut être en occupant un espace déterminé.

Vous devez sans cesse composer avec une pléaide de stars. N'est-ce pas trop difficile à gérer au quotidien ?

C.P : Vous savez, il n'existe qu'une vérité : C'est toute l'équipe qui gagne, même si c'est parfois l'individu qui décide. En reprenant le Brésil, il y a quatre ans j'avais des doutes sur l'engagement de chacun. Certains joueurs sont déjà installés, aux niveaux personnel, financier, sportif. Il y a des superstars. Mais, dès les éliminatoires, j'ai vu qu'ils étaient prêts à se mettre au service du collectif.

On attribue toujours au Brésil ce côté jovial sur le terrain. C'est une chose importante pour vous?

C.P : Pour vous donner un exemple, j'ai beaucoup parlé avec Ronaldinho et il y a une chose qui est claire pour moi et pour lui : il doit conserver sa joie de jouer. Utiliser tout son répertoire, s'amuser sur le terrain. C'est là qu'il est le meilleur. Mais il y a d'autres joueurs dans son cas. Kaka a les moyens de faire un excellent Mondial, d'être même le joueur de cette compétition.

Le Brésil fait peur à tout le monde, c'est une évidence. Quel regard portez-vous sur vos adversaires du premier tour ?

C. P. : On peut dire ce que l'on veut, c'est un groupe très difficile. Je crois qu'on ne connaîtra les deux qualifiés que lors des derniers matches de poule. Nous avons bien supervisé la Croatie. Je la connais bien. Ses résultats récents ne veulent rien dire. Il y a eu des rotations et des essais mais il faut voir leur niveau contre l'Argentine (victoire 3-2) pour comprendre que ce ne sera pas une partie de plaisir.

Vous allez sans doute avoir une opposition qui va se contenter de défendre...

Je ne crois pas qu'il vont se fermer contre nous. Les Croates ont un jeu naturellement offensif avec des ailiers qui montent. Il faudra qu'on impose notre jeu tout en étant prudent. Le Japon, quant à lui est double champion d'Asie, il fait désormais de bons résultats contre les grandes équipes et peut légitimement viser la qualification. Quant à l'Australie, elle est forte physiquement et peut donner des problèmes à n'importe quelle sélection au monde.

Est-ce un sentiment plaisant d'être dans la position de "super favori"?

Ce statut de "super-favori" ne vient pas de nous. Il vient de l'extérieur. Moi, je ne dis pas "nous allons gagner" même si j'ai confiance en mes joueurs. En sport collectif, la supériorité d'une équipe ne se traduit pas toujours par une victoire. Mais nous le savons et les joueurs de la sélection sont humbles. Nous connaissons notre potentiel. Beaucoup d'équipes ont été favorites par le passé et ont trébuché. Nous devons considérer chaque match comme une finale.

Dans ce genre de compétition, où le succès final peut-il se jouer ?

De ce point de vue, je pense que gagner le premier match est très important. Il faut le gagner. Cela fait monter la confiance. Nous sommes prêts, le travail que nous faisons en ce moment est simplement du polissage.

L’anniversaire du capitaine



Avec son impressionnant palmarès, Cafu ne manque pas de souvenirs à commémorer tout au long de l’année. Ce mercredi 7 juin en est un autre. A quelques jours seulement du début de sa quatrième Coupe de Monde de la FIFA, le capitaine va en effet fêter son 36ème anniversaire... En pleine forme. Le joueur du Milan AC a toujours été un modèle de préparation et de condition physique, quelque soit le club où il a évolué. Avec la Seleção, il démontre la même discipline.

Rendez-vous sur la page du Brésil

Après avoir subi en février dernier une arthroscopie pour soigner une lésion du ménisque au genou droit, Cafu a peu joué avec son club. Mais pour un athlète de sa trempe, ceci n’est pas un problème.

Depuis cette opération, toute la préparation du joueur a été orientée en vue d’Allemagne 2006. Le défenseur promet qu’il sera encore une fois le joueur auriverde le mieux armé pour la compétition.

Lors de tous les matches de préparation du Brésil, Cafu est sorti en cours de jeu. Mais jamais ces remplacements ne se sont faits par nécessité. Ils ont surtout permis au sélectionneur Carlos Alberto Parreira d’observer quelques remplaçants, comme l’arrière latéral Cicinho.

Cadeaux à venir

Si Cafu est peut-être en ce moment en train de souffler ses bougies, il espère bien qu’il n’aura son véritable cadeau que dans un peu plus d’un mois, le 9 juillet, à Berlin. Ce jour-là, il pourrait bien devenir le premier capitaine de l’histoire à soulever deux fois la Coupe du Monde de la FIFA. "Ce serait une immense fierté que d’établir ce record", a-t-il récemment déclaré au cours d’un entretien exclusif accordé à FIFAworldcup.com.



Et s’il aime les records, Cafu peut en faire une belle moisson jusqu’à la finale. Le Milanais est déjà le recordman absolu des capes avec la sélection brésilienne. Mais si l’on ne compte que le nombre de rencontres disputées en Coupe du Monde de la FIFA, il est encore à deux matches (16 contre 18) de Dunga et de Taffarel, ses partenaires à Etats-Unis 1994 et France 1998. Il peut également améliorer son record en tant que joueur ayant remporté le plus grand nombre de victoires (13) dans cette compétition. A Allemagne 2006, il peut aussi rejoindre le Roi Pelé, jusqu’à présent le seul joueur a avoir remporté trois fois l’épreuve (Ronaldo, remplaçant en 1994, est lui aussi aux portes de cet exploit). Pour terminer, le capitaine pourrait disputer sa quatrième finale de Coupe du Monde de la FIFA, alors qu’il est déjà le seul à en avoir joué trois.

Mais avant de s’offrir tous ces présents tant désirés, Cafu devrait recevoir de ses partenaires un cadeau bien plus modeste. La tradition veut en effet que les anniversaires fêtés avec la Seleção soient l’occasion pour l’heureux élu de se faire asperger d’oeufs et de farine. Et la coutume est si tenace que même les plus vieux, pour expérimentés qu’ils soient, ne s’y soustraient généralement pas. Tout ceci n’est peut-être finalement que le dernier test physique auquel doit se soumettre l’immense capitaine brésilien.

 

par FIFAworldcup.com

06.06.2006

Parreira : "Tout le monde doit jouer pour l'équipe"



Le sélectionneur de l'équipe du Brésil, Carlos Alberto Parreira, a confirmé mardi ses velléités offensives et affirmé que, sur le plan tactique, "tout le monde devait jouer pour l'équipe", rappelant toutefois que "Ronaldinho devait garder sa joie de jouer".


Tactiquement votre système avec quatre joueurs à vocation offensive oblige ces mêmes joueurs à un travail défensif qui peut nuire à leur niveau. Quel est votre concept?
"Ce n'est pas 'mon' concept. On ne gagne pas une Coupe du monde qu'avec du talent. On la gagne avec du talent, de l'organisation tactique mais avant tout avec du travail. Notre football repose sur la beauté, le beau jeu, la technique, c'est vrai. Mais cela, c'est quand nous avons la balle. Si vous passez votre match à dire 'donnez-moi le ballon s'il vous plait', cela ne marche pas. Chacun doit apporter sa contribution, tout le monde doit jouer pour l'équipe. Mais ce n'est pas forcément en étant au marquage. Cela peut être en occupant un espace déterminé... A l'arrivée, c'est l'équipe qui gagne, même si c'est parfois l'individu qui décide. En reprenant le Brésil, il y a quatre ans, j'avais des doutes sur l'engagement de chacun. Certains joueurs sont déjà installés, aux niveaux personnel, financier, sportif. Il y a des superstars. Mais, dès les éliminatoires, j'ai vu qu'ils étaient prêts à se mettre au service du collectif. J'ai beaucoup parlé avec Ronaldinho et il y a une chose qui est claire pour moi et pour lui: il doit conserver sa joie de jouer. Utiliser tout son répertoire, s'amuser sur le terrain. C'est là qu'il est le meilleur. Mais il y a d'autres joueurs. Kaka a les moyens de faire un bon tournoi, d'être même le joueur du tournoi. Adriano, lui, a fait ses preuves, il a participé aux rendez-vous du Brésil depuis 2001".

Croatie, Australie, Japon; vous partez largement favoris du groupe?
"C'est un groupe très difficile. Je crois qu'on ne connaîtra les deux qualifiés que lors de la 3e et dernière journée. Nous avons bien supervisé la Croatie. Je la connais bien. Ses résultats récents ne veulent rien dire. Il y a eu des rotations et des essais mais il faut voir leur niveau contre l'Argentine (victoire 3-2). Je ne crois pas qu'il vont se fermer contre nous. Ils ont un jeu naturellement offensif avec des ailiers qui montent. Il faudra qu'on impose notre jeu tout en étant prudent. Le Japon est double champion d'Asie, il fait désormais de bons résultats contre les grandes équipes et peut se qualifier. Quant à l'Australie, elle est forte physiquement et peut donner des problèmes à n'importe quelle sélection au monde".

Etre le super-favori n'est-il pas un problème?
"Pas du tout parce que ce statut de 'super-favori' ne vient pas de nous. Il vient de l'extérieur. Moi, je ne dis pas 'nous allons gagner' même si j'ai confiance en mes joueurs. En sport collectif, la supériorité d'une équipe ne se traduit pas toujours par une victoire. Mais nous le savons et les joueurs de la sélection sont humbles. Nous connaissons notre potentiel. Beaucoup d'équipes ont été favorites par le passé et ont trébuché. Nous devons considérer chaque match comme une finale. De ce point de vue, je pense que gagner le premier match est très important. Il faut le gagner. Cela fait monter la confiance, l'auto-estime... Nous sommes prêts, le travail que nous faisons en ce moment est un travail de polissage".

par AFP

Mondial: l'entraîneur brésilien prédit un Ronaldinho au sommet

L'entraÎNeur BRÉSilien Promet Un Grand Ronaldinho

KÖNIGSTEIN, Allemagne (Reuters) - Ronaldinho montrera le meilleur de lui-même durant la Coupe du monde de football, affirme le sélectionneur brésilien Carlos Alberto Parreira.

Lors du Mondial 2002, Ronaldinho avait pris part à la victoire, mais son talent avait été quelque peu éclipsé par les performances de Ronaldo et Rivaldo.

Il avait même réussi à se faire expulser durant le quart de finale face à l'Angleterre, alors même qu'il venait d'inscrire le but de la victoire.

Depuis, il a été élu à deux reprises joueur de l'année par la Fifa mais ces deux titres doivent surtout à ses performances avec son club, le FC Barcelone.

"Il a sans aucun doute gagné en maturité depuis 2002", a assuré Parreira mardi.

"Il a grandi, en tant que joueur, homme et personne, et je pense que cela se ressentira dans ses performances en Coupe du monde.

"Il est prêt à disputer une fantastique Coupe du monde", a résumé Parreira, qui n'a eu de cesse de louer les qualités de son joueur.

Devant des journalistes, Parreira a également expliqué que son rôle consistait avant tout à favoriser l'épanouissement des prodiges comme Ronaldinho, Ronaldo, Adriano et Kaka.

"Je ne suis pas un entraîneur, mais un animateur de talents", a-t-il résumé.

Par ailleurs, le patron de la Seleçao a réclamé aux arbitres du Mondial la plus grande sévérité contre le jeu violent.

"On entend toujours ce genre de promesses à la veille d'une Coupe du monde", a dit Parreira.

"Ils (les arbitres) disent toujours qu'ils n'autoriseront pas la violence et que les tricheurs seront punis. L'intention est bonne, je veux désormais qu'elle soit appliquée."

Versés dans le groupe F, les Brésiliens débuteront le Mondial face aux Croates le 13 juin, avant de rencontrer les Australiens puis les Japonais.

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