16.07.2007
Le Brésil danse le tango
Dani Alves et Vagner Love exultent, le Brésil conserve sa Copa America.Une fois n'est pas coutume, le Brésil abordait la finale de l'édition 2007 de la Copa America avec l'étiquette d'outsider face à l'ogre argentin, auteur d'un tournoi de belle facture, en tout cas jusqu'à ce dernier rendez-vous si important... La trajectoire des deux équipes durant la phase préliminaire et les tours précédents avait été presque diamétralement opposée tant la puissance et la facilité des Argentins avait éclaboussé la compétition. A l'inverse, les Brésiliens, souvent poussifs et quelque peu brouillons, faisaient figure de miraculés au regard des prestations précédentes.
Mais, depuis l'intronisation de Carlos Dunga au poste de sélectionneur après le Mondial allemand, la Seleçao a changé de visage. Désormais plus équilibré et solidaire, le bloc-équipe brésilien est nettement plus difficile à bouger et à manoeuvrer, cadré qu'il est par trois récupérateurs appliqués dans l'entrejeu. Si l'on ajoute à cela une puissance de feu toujours aussi impressionnante malgré les absences conjuguées de Ronaldo, Ronaldinho, Adriano ou Kaka, les quintuples champions du monde sont capables de renverser des montagnes. L'Argentine en a rapidement fait l'expérience au cours de cette finale puisque, dès la 4e minute de jeu, Julio Baptista s'excentre sur le côté gauche, repique sur son pied droit et déclenche une frappe puissante et précise qui va chercher la lucarne opposée d'un Roberto Abbondanzieri incrédule et impuissant.
Le Brésil à l'italienne
Pris à froid, les finalistes malheureux de l'édition 2004 tentent rapidement de réagir mais Riquelme, bien servi par le revenant, Juan Sebastian Veron, touche du bois sur une tentative du gauche en demi-volée (9e). Huit minutes plus tard, les aficionados argentins sentent un frisson leur parcourir l'échine lorsque le dernier rempart de leur équipe favorite commet une faute de main qui manque de peu de se muer en break à la faveur de la Seleçao suite à une tentative lointaine de Maicon. Quelques minutes avant le repos, les troupes de Carlos Dunga réussissent finalement à doubler la mise avec le concours du capitaine adverse, Roberto Ayala, crédité d'un csc fatal après un bon travail de Maicon sur le flanc droit (41e). L'ancien Monégasque, omniprésent durant cette finale, aura fait preuve, à l'image de tous ses coéquipiers, d'une solidarité rare et d'une concentration défensive presque jamais vue au sein d'une sélection nationale brésilienne. Ou l'on reparle de l'empreinte de Dunga, milieu de terrain défensif bien connu en son temps et champion du monde en 1994...
L'Argentine méconnaissable
A l'inverse, les virevoltants Lionel Messi, Juan Riquelme ou Carlos Tevez, si brillants durant les rencontres précédentes, sont passés à côté de leur match. Le jour de récupération de plus dont a bénéficié le Brésil a-t-il réellement pesé dans la balance ? Peut-être. Mais comment expliquer les nombreux gestes d'énervement à mettre à l'actif des joueurs d'Alfio Basile, plus agressifs et virulents durant la seconde période, au détriment du jeu déployé. Un aveu d'impuissance qui contraste incroyablement avec l'impression d'ensemble laissée par ceux qui courent après une victoire en Copa America depuis 14 longues années. La huitième couronne continentale ne sera que plus belle pour les tenants du titre lorsque Daniel Alves, le feu follet du FC Séville, transforme en but un contre amorcé notamment par Vagner Love (70e).
Particulièrement critiqué au pays, le pied de nez de Carlos Dunga à ses détracteurs se termine comme dans un rêve, puisque la Seleçao conserve son titre acquis en 2004, avec son "équipe bis", face au grand rival argentin, venu lui au Venezuela avec toutes ses stars...
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