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09.02.2007

Le Portugal et le Brésil satisfaits

 
Le Portugais Simao (g.) à la lutte avec le joueur du Brésil Gilberto.
(AFP) ADRIAN DENNIS

Le froid mordant qui régnait sur Londres mardi soir n'a pas découragé quelque 60 000 personnes de se rendre à l'Emirates Stadium pour assister à la confrontation au sommet entre deux des meilleures équipes actuelles, le Brésil et le Portugal. Le choc s'est finalement conclu par une victoire (2:0) des hommes de Scolari et, si la situation a mis plus de 80 minutes à se décanter, les spectateurs ont tout de même eu droit à une rencontre spectaculaire.

Pour les Portugais, qui se préparent à affronter la Belgique et la Serbie le mois prochain dans le cadre des éliminatoires de l'EURO 2008, ce succès est particulièrement encourageant. De son côté, Dunga pouvait s'estimer satisfait de la prestation de son équipe, qui venait pourtant de connaître son premier revers depuis sa prise de fonction l'année dernière.

Les ailiers font la différence
Champion du monde 2002 avec le Brésil, Luiz Felipe Scolari a su tirer parti des ressources à sa disposition pour remporter sa deuxième victoire consécutive face à la Seleção. Le gardien Ricardo s'est ainsi illustré à de nombreuses reprises en première période, conservant sa cage inviolée malgré plusieurs tentatives brésiliennes. Entré en cours de jeu, Simão a fait basculer le sort de la rencontre en ouvrant le score en fin de match. Enfin, Ricardo Carvalho a justifié sa réputation en livrant une performance de haut niveau en défense.

Capitaine du Portugal, Cristiano Ronaldo échappe ici au tacle de Gilberto Silva.
Capitaine du Portugal, Cristiano Ronaldo échappe ici au tacle de Gilberto Silva.
(AFP)
ADRIAN DENNIS
Mais ce sont sans conteste les ailiers portugais qui ont été le plus en vue. Intenable, Cristiano Ronaldo n'a cessé de réclamer le ballon, provoquant constamment ses vis-à-vis par ses courses endiablées le long de la ligne de touche. Le Mancunien s'est montré particulièrement en verve sur la pelouse d'Arsenal, semant régulièrement la panique dans l'arrière-garde brésilienne. Sur le flanc opposé, Ricardo Quaresma a lui aussi démontré qu'il avait parfaitement sa place dans cette équipe en réalisant un match plein. Inventif et totalement imprévisible, l'ailier du FC Porto a démontré qu'il savait aussi se montrer efficace en servant intelligemment Simão pour l'ouverture du score.

Scolari n'avait pas retenu Quaresma lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006, pas plus que pour les quatre premiers matches des éliminatoires de l'EURO 2008. Sa prestation étincelante contre le Brésil risque fort d'obliger Scolari à revoir ses plans à quelques semaines d'une rencontre capitale face à la Belgique.

Le Brésil impressionnant malgré la défaite
De leur côté, les Brésiliens peuvent s'estimer satisfaits de leur performance, surtout en première mi-temps. Très décevants en Allemagne l'été dernier, les artistes brésiliens avaient retrouvé tout leur talent mardi dernier dans la capitale britannique. Dès le début de la rencontre, une superbe feinte de Kaka le long de la ligne de touche donnait le ton. Quelques minutes plus tard, Elano effaçait deux adversaires d'un superbe crochet, pour la plus grande joie des spectateurs. C'était ensuite au tour de Gilberto Silva de s'illustrer en servant Maicon d'une superbe talonnade. Sur cette action, l'ancien Monégasque passait tout près d'ouvrir le score, sa reprise de volée effleurant la transversale du but de Ricardo.

Engagement total entre le Brésilien Elano (g.) et Marco Caneira, du Portugal.
Engagement total entre le Brésilien Elano (g.) et Marco Caneira, du Portugal.
(AFP)
ADRIAN DENNIS
De fait, les joueurs de Dunga ont eux aussi eu leur lot d'occasions, mais Rafael Sobis allait laisser passer sa chance à deux reprises. Après être sorti battu d'un un contre un avec Ricardo, l'attaquant du Betis Séville voyait sa reprise de la tête passer au ras du poteau, en conclusion d'une action brillamment menée par Maicon et Elano. Au terme d'une de ces échappées dont il a le secret, Kaka manquait la cible des vingt mètres. Enfin, Lucio trouvait la transversale sur une reprise à bout portant.

Juninho Pernambucano et Roberto Carlos ayant pris leur retraite internationale, Elano a également profité de l'occasion pour faire admirer son habileté sur coups de pied arrêtés. En début de match, le milieu de terrain du Shakhtar Donetsk a ainsi tenté de lober Ricardo sur un coup franc tiré près de la ligne de touche, à la manière de Ronaldinho face à David Seaman lors des quarts de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2002. Toutefois, à la différence de son homologue anglais, le gardien portugais était suffisamment vif pour parvenir à détourner la frappe du Brésilien. Sur le corner à suivre, Elano trouvait Juan, obligeant Ricardo à intervenir une nouvelle fois en catastrophe.

Compte tenu des absences de Ronaldinho et Robinho, Dunga trouvera certainement dans cette performance des raisons de croire en l'avenir. A l'approche de la Copa América, le sélectionneur brésilien semble en effet disposer d'un impressionnant réservoir de talents.

Eto'o sourit de nouveau

Ecarté de l'effectif du FC Barcelone pendant plus de quatre mois pour une blessure au genou, Samuel Et'o a effectué son retour sur le terrain dimanche dernier lors des dix dernières minutes de la rencontre face à Osasuna (0-0). La nouvelle a presque éclipsé la retentissante défaite du Real lors du 1000e match de l'histoire du club à Santiago-Bernabeu face à Levante (0-1). Au moment de retrouver le Camp Nou pour la 22e journée face à Santander, le Lion Indomptable se félicite de l'effervescence provoquée par sa rentrée.

Eto'o devrait être titulaire contre le Racing Santander.Eto'o devrait être titulaire contre le Racing Santander.

Victime d'une lésion et d'un déplacement du ménisque droit lors d'un match de poule de Ligue des Champions sur la pelouse du Werder de Brême (1-1) le 27 septembre dernier, Samuel Eto'o a bien cru sa saison compromise. Quatre mois de convalescence plus tard, l'international camerounais est de retour, lui qui avoue avoir pris tout le temps nécessaire à son rétablissement en refusant de brusquer les choses: "Rien n'a été précipité, j'ai été à l'écoute de mon genou", explique-t-il.

Dans une interview accordée à la chaîne du club catalan, le Lion indomptable est apparu plus motivé que jamais au moment de renouer avec le terrain. Assuré par Rikjaard de disputer entre dix et quinze minutes face à Osasuna dimanche dernier, Samuel Eto'o n'aura finalement joué que neuf minutes en remplacement de Deco. L'essentiel était ailleurs pour le Camerounais: "Le plus important était de jouer, de prendre du plaisir, même si ça n'avait été que pour une minute."

"Le Barça n'a pas besoin de sauveurs"

Son retour tombe en tout cas à pic pour le Barça au moment où se profilent les huitièmes de finale de la Ligue des champions et un double choc contre Liverpool. Il coïncide en outre avec celui de Lionel Messi qui traînait quant à lui une blessure contractée le 12 novembre dernier face à Saragosse. Le buteur blaugrana se montre en tout cas touché par l'élan d'enthousiasme suscité par leurs retours concomittants, tout en refusant de se poser en sauveur. "Cela ne me dérange pas qu'on nous appelle ainsi, mais je ne pense pas qu'on puisse nous considérer comme tels. Le Barça n'a pas démérité en notre absence." Les hommes de Frank Rijkaard, propulsés en tête du classement, n'ont en effet enregistré en son absence que deux défaites pour neuf victoires et cinq nuls en Liga. Deux revers pourtant très remarqués car concédés sur la pelouse de leur grand rival madrilène (2-0) et dans le derby face à l'Espanyol Barcelone (3-1).

S'il se veut confiant pour sa fin de la saison, Samuel Eto'o opte pour une certaine prudence: "J'ai besoin d'une période de réadaptation, je vais petit à petit augmenter mon temps de jeu, m'entraîner dur. Bientôt, le plaisir sera de nouveau au rendez-vous." Avec un compteur pour l'instant bloqué à quatre buts en Liga, le joueur camerounais s'est vu dépassé par ses intérimaires, Eidur Gudjohnsen et Javier Saviola, tous deux auteurs de cinq buts. Frank Rijkaard, face à une nouvelle donne à l'avant, devrait procéder à quelques réajustements tactiques, le panel des attaquants à sa disposition s'étant considérablement élargi. Et nul doute que Samuel Eto'o retrouvera vite sa position de numéro 1, dès dimanche au Camp Nou face à Santander?

 Par DELPHINE ALBERT, e Sports fr