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15.06.2007

Le Barça fanny ?

Frank Rijkaard espère que les dieux seront avec le Barça dimanche.  (Panoramic)

 

Alors qu’il était le favori légitime à sa propre succession, le FC Barcelone n’a plus son destin entre les mains avant la dernière journée de la Liga. Trop beau trop vite, le Barça est en plein doute. Par Vincent Duchesne

Et si le FC Barcelone, en course en début de saison pour un incroyable sextuplé (Supercoupe d'Espagne, Supercoupe d'Europe, Mondial des clubs, Ligue des champions, Liga et Coupe d'Espagne), devait finalement se satisfaire d’une simple Super Coupe d’Espagne ? Un bien maigre lot de consolation qui risque fort de faire grincer quelques dents. Car même si la Liga n’est pas encore perdue, le Real Madrid est dans une position idéale (leader et réception de Majorque dimanche) pour mettre fin à l’hégémonie catalane en Espagne. Qui aurait pu imaginer un tel scénario il y a encore quelques mois ? Le Real Madrid était à la dérive, empêtré dans des crises perpétuelles. Pendant ce temps-là, l’ennemi juré surfait sur la vague du succès. Aujourd’hui, les rôles ont été totalement inversés. Le Barça est en plein doute et la Maison Blanche, emmenée par un David Beckham retrouvé, en pleine euphorie. «Cela a été évidemment une erreur de penser que la Liga était gagnée. Personne n'est champion avant que tout soit terminé», soulignait Samuel Eto’o à notre correspondant en Espagne.

Des génies du ballon mais trop de suffisance
Car, il faut bien l’avouer, le vainqueur de la Ligue des Champions l’an passé semblait avoir une main et quatre phalanges sur le trophée de champion d’Espagne. La bande à Ronaldinho filait tranquillement vers un troisième sacre consécutif. A 8 journées de la fin, le FC Séville, alors dauphin, pointait à quatre longueurs. Beaucoup et si peu à la fois serait-on tenter de dire à l’orée d’une dernière journée à suspense. Sans une égalisation dans les ultimes secondes de l’Espanyol Barcelone au Nou Camp (2-2) le week-end dernier, les hommes de Rijkaard auraient même pu enfiler le costume de favoris. Oui mais voilà, le Barça cuvée 2006-2007 n’est plus que l’ombre de celui rayonnant et festif de la saison passée. Bien sûr, il n’a pas été épargné par les blessures, les suspensions… Mais la vérité est ailleurs. Peut-être trop sûrs d’eux, trop sûrs de leur force, les louanges à n’en plus finir après leur victoire en C1 n’y étant sûrement pas étranger, les Barcelonais ont (inconsciemment ?) fait preuve d’une certaine suffisance. La gifle reçue face à Getafe en Coupe d’Espagne (0-4 au retour) après avoir remporté le match aller haut la main (5-2), illustre à merveille les maux catalans. Le Barça a beau posséder des magiciens et des joueurs de grande classe, les coups de génie de Deco, Messi ou encore Ronaldinho ne suffisent plus, surtout quand ils ont lieu de manière trop épisodique. Sans hargne et volonté, point de salut.

Dans les grands rendez-vous, notamment en Ligue des Champions ou lors des deux confrontations face au Real Madrid, les Catalans n’ont jamais été à la hauteur de l’évènement. Pire, le vestiaire est apparu divisé, les échanges d’amabilité ont fusé par médias interposés et Rijkaard, mis sur un piédestal avec son style de jeu offensif, est désormais mis sur le banc des accusés, incapable de rétablir l’ordre. «Après avoir remporté deux titres en Liga et la Ligue des Champions, il est toujours difficile de répéter ces succès durant la troisième saison. A tel point que je ne pense pas que de ne pas gagner le championnat serait un échec. Une équipe ne peut toujours être parfaite et gagner toutes les rencontres et des titres avec huit points d’avance», tentait de tempérer Lilian Thuram sur le site officiel du club.

Le Barça y croit encore
Un constat inquiétant et négatif qui ne saurait faire oublier que le Barça peut encore conserver son fauteuil de roi d’Espagne. «J'ai l'impression que pour beaucoup, et pas seulement les gens de Barcelone, le Barça était champion d'avance et maintenant, on nous enlève déjà le titre. Ce n'est pas encore le cas et de toute façon, il reste l'espoir de le remporter dimanche», déclarait Samuel Eto’o. Un simple petit faux pas du Real suffirait au bonheur des Blaugrana, à condition bien sûr de venir à bout du Nastic Tarragone. «Tout est possible dans le football et ce ne serait pas la première fois qu’un titre soit gagné par une équipe qui, au moment de pénétrer sur la pelouse lors du dernier match, était deuxième ou troisième du championnat», ajoutait pour sa part Lilian Thuram. L’international français parle en connaissance de cause. Lors de la saison 2001-2002 en Italie, l’Inter Milan s’était fait coiffé sur le poteau par la Juventus de Thuram à l’ultime journée ! Reste à savoir si l’histoire se répétera…

14.06.2007

«Au bout de mon contrat»

Samuel Eto'o veut poursuivre l'aventure à Barcelone  (Panoramic)

 

Annoncé partant, Samuel Eto'o a réaffirmé son intention de rester à Barcelone. A la lutte avec le Real Madrid, le Camerounais fera également tout pour conserver le titre du club dimanche.


Que pensez-vous de la rumeur qui annonce Thierry Henry à Barcelone la saison prochaine ?
Samuel Eto'o :
Avec Henry en plus, le Barça aurait certainement la meilleure attaque du monde. Il est l'un des tout meilleurs attaquants du monde. Mais je crois qu'il faut aussi tenter d'avoir la meilleure défense. Attaquer n'est pas tout. Il faut trouver un moyen d'aider nos coéquipiers.

A quels joueurs pensez-vous ?
Samuel Eto'o :
Les responsables sportifs sont Frank et Txiki. Ce sont eux qui doivent savoir qui ils doivent faire venir.

Saviola est annoncé au Real Madrid pour la saison prochaine. Ce serait une perte pour Barcelone ?
Samuel Eto'o :
J'espère qu'il restera. Il a connu une saison difficile mais c'est un grand professionnel qui ne s'est jamais plaint. C'est un joueur suffisamment intelligent pour faire le bon choix sur son avenir. Mais s'il décide de rester au Barça, tant mieux pour nous.

De votre côté, on vous annonce en Angleterre et au Milan...
Samuel Eto'o :
Comment dois-je vous le dire ? J'ai un contrat avec Barcelone et je veux aller au bout de ce contrat. C'est moi qui décide. Le club ne peut pas me virer et, en plus, comme je veux continuer et que le club veut que je continue, je ne vois pas pourquoi je m'en irais. Je ne comprends pas quel est l'intérêt de parler de mon départ, ça commence à me fatiguer.

Pour dimanche, vous allez demander un coup de main à vos anciens coéquipiers de Majorque ?
Samuel Eto'o :
Non, je n'ai pas l'intention de le faire. Qui suis-je pour demander ce genre de faveur ?

Vous aviez la Liga entre vos mains et elle risque de vous échapper. Vous avez cru l'avoir gagnée trop tôt ?
Samuel Eto'o :
Cela a été évidemment une erreur de penser que la Liga était gagnée. Personne n'est champion avant que tout soit terminé. Mais j'ai l'impression que pour beaucoup, et pas seulement les gens de Barcelone, le Barça était champion d'avance et maintenant, on nous enlève déjà le titre. Ce n'est pas encore le cas et de toute façon, il reste l'espoir de le remporter dimanche.

Par Pierre Sampermans

Notre correspondant en Espagne