« lun 11 jun - dim 17 jun | Page d'accueil | lun 18 jun - dim 24 jun »

23.06.2007

Henry, les raisons d'un départ


Régulièrement évoqué, le transfert de Thierry Henry d'Arsenal à Barcelone est cette fois scellé dans le marbre. Quelles raisons ont poussé l'ancien Monégasque à quitter le club londonien auquel il avait souvent répété sa fidélité ? Le départ de David Dein, ancien vice-président des Gunners, "a déclenché tout le processus", explique le Français dans un entretien accordé à L'Equipe. Dès lors, Henry redoutait, à l'instar d'Arsène Wenger qui n'a pas prolongé son contrat à Arsenal, que les ambitions du club de son coeur ne soient revus à la baisse...

Après avoir été adversaire, Henry et Puyol vont jouer sous le même maillot, celui du Barça.Après avoir été adversaire, Henry et Puyol vont jouer sous le même maillot, celui du Barça.

Le départ de Dein
C'est la clé principale à l'ouverture d'un transfert de Thierry Henry. Et l'intéressé ne s'en cache pas. "C'est vrai, je n'ai jamais pensé que ce serait possible (de partir d'Arsenal), explique l'international dans un entretien accordé à L'Equipe. Mais j'ai également répété que le départ de M. Dein (l'ancien vice-président d'Arsenal), qui faisait la relation entre le Board (le conseil d'administration) et les joueurs, avait déstabilisé le club et le coach. C'est ce qui a déclenché tout le processus, tout mon raisonnement." Alors qu'il avait résisté l'été dernier aux sirènes catalanes, Henry n'avait cette fois plus de raison de continuer de faire acte d'allégeance à Arsenal.

Plus qu'un simple supérieur hiérarchique, David Dein était en effet comme un père pour Henry, par ailleurs très proche de Darren Dein, le fils de David, qui s'occupe de ses intérêts et qu'il avait choisi comme témoin de mariage. Un père qui a été viré de la famille Gunners pour avoir soutenu Stan Kroeke, le milliardaire américain propriétaire des Denver Nuggets et actionnaire minoritaire du club, dans sa volonté de prendre le contrôle total d'Arsenal. Le départ de l'ancien président du G14 a donc précipité celui de Thierry Henry. Et c'est tout le château de cartes qui risque de s'effondrer...

Les doutes de Wenger
Après Patrick Vieira, David Dein et Thierry Henry, Arsène Wenger pourrait en effet être la prochaine figure de la dernière décennie d'Arsenal à faire ses valises. En refusant de prolonger son contrat avec les Gunners avec lesquels il n'est donc plus lié que jusque la fin du prochain exercice, l'ancien entraîneur de l'AS Monaco a fini de convaincre son attaquant vedette de s'exiler. Les huit années d'idylle entre Thierry Henry et Arsenal ont tenu en effet en grande partie à la présence de Wenger qui l'avait lancé à Monaco avant d'en faire le buteur qu'il est aujourd'hui en le replaçant dans l'axe lorsqu'il a débarqué de la Juventus de Turin en 1999.

"Ce sont deux personnes que j'avais exigées à mes côtés lorsque j'ai resigné mon contrat l'été dernier. (...) On ne peut jamais dire qu'une seule personne est plus grande qu'un club. Mais si deux personnes sont vraiment proches de l'être, c'est bien Arsène et M. Dein", répète d'ailleurs à l'envi le néo-Catalan. Pas persuadé que son mentor poursuivra l'aventure avec Arsenal au-delà de la saison prochaine, lassé de constater que l'érection de l'Emirates Stadium continue de restreindre l'enveloppe dédiée au recrutement, Thierry Henry a compris, comme beaucoup, qu'une page est en train de se tourner dans le club londonien. Et qu'elle n'est pas propice à assouvir la soif de titres du buteur français...

L'attrait du Barça
"J'ai toujours dit que si je m'en allais, je n'irais qu'à Barcelone." Henry se veut clair dans sa déclaration d'amour pour le club catalan, même s'il affirmait encore l'été dernier qu'il ne jouerait jamais en Espagne... "J'ai choisi ce club pour le football qu'il pratique, son histoire, son stade. Pour Frank Rijkaard avec lequel j'ai grandi en tant que joueur et pour lequel j'ai le plus grand respect. Comme pour les joueurs qui évoluent sous le maillot de Barcelone", précise Henry, redoutable communicant. Un peu, peut-être, aussi pour le salaire que lui propose le club phare de Barcelone, des émoluments estimés, avec les primes, à 10 millions par saison, soit 40% de plus que ce qu'il touchait à Londres.

L'argent n'est pas tout et la perspective de jouer dans l'un des plus grands clubs du monde a certainement pesé lourd dans la balance. D'autant que l'attaquant de l'équipe de France pourrait être aligné au côté de Samuel Eto'o, Ronaldihno et Lionel Messi pour former certainement le quatuor offensif le plus spectaculaire du Vieux Continent. Enfin, Henry, qui a avoué avoir couru, jeune, après "les autographes de Romario et de Stoïchkov", aura le privilège de porter le numéro 14, celui de Johan Cruyff, l'une des légendes du Barça. Beaucoup de raisons de se satisfaire de cette arrivée en Catalogne. Reste au futur ex-Londonien à s'adpater à la pression médiatique espagnole qu'on dit plus dure encore que celle des tabloïds anglais.

Par LAURENT DUYCK (De Sports.fr )

20.06.2007

Messi, futur roi du Barça

 

A la différence de ses coéquipiers cracks du Barça comme Ronaldinho ou Eto’o, Lionel Messi est certain d’être toujours catalan la saison prochaine. Et outre sa jeunesse, ses multiples buts et ses prestations exceptionnelles sur le terrain font de lui le fer de lance du Barça pour la saison prochaine.

Quatorze réalisations en Liga espagnole (dont quelques unes d’anthologie), malgré environ matches d’indisponibilité. C’est le bilan du prodige argentin Lionel Messi, au terme de la saison (2006 - 2007). Malgré cette excellente feuille de statistiques, la petite « puce » n’a pas pu offrir une troisième couronne consécutive de champion du Royaume ibérique au FC Barcelone. Alors qu’il croyait avoir fait le plus difficile en signant son second doublé d’affilé en Liga sur la pelouse du Nastic Tarragone, un autre doublé du Madrilène Antonio Reyes intercalé par une réalisation du Malien Mahamadou Diarra face à Majorque envoyait le Real Madrid sur le trône d’Espagne. Le Barça achève donc le championnat à la deuxième place à cause de la différence de but particulière.

A l’avant dernière étape de la Liga, Lionel Messi avait déjà fait montre de ses talents de buteur pendant les grands moments par ses doubles réalisations face au voisin Espanyol. Mais un marquage inexistant sur l’attaquant adverse Raul Tamudo a ramené le Real du Néerlandais Van Nistelrooy à la hauteur des Azulgranas. L’ultime journée n’a pas changé la donne. Messi et le Barça sont coiffés à la différence particulière par le rival madrilène. Mais ces derniers verront un Lionel Messi encore plus mature face à eux la saison prochaine. Car malgré son pêché mignon d’individualiste et le fait qu’il ne soit encore pas très efficace face au but, l’Argentin de Barcelone a tout de même donné le tournis à la défense du Real Madrid et surtout à son dernier rempart Iker Casillas cette saison. Ce dernier s’est troué à trois reprises devant le génie du prodige Blaugrana qui a signé lors de leur match au Nou Camp le premier triplé de sa jeune carrière en Liga. Quelques semaines plus tard, c’est l’autre club de Madrid qui plie l’échine (0-6) face au Barça. Grâce notamment à deux coups de patte de Lionel Messi.

Les prestations du gaucher du flanc droit de Barcelone n’ont pas qu’été exceptionnelles en Liga. La formation de la banlieue madrilène Getafe en a fait la pire expérience lors de la demi-finale aller de la Coupe du Roi. Ce jour là, Lionel Messi marche sur les traces de son aîné argentin Diego Maradona face à la Belgique en demi-finale de la Coupe du monde 1986 au Mexique. Comme son compatriote, le prodige du Barça marque un but dantesque après être parti de son camp le ballon collé au pied gauche, Messi élimine pas moins de cinq adversaires avant de battre le gardien de Getafe. Ce but d’anthologie lui permet de signer son premier triplé en Coupe du Roi. Mais la victoire (5-2) du Barça est insuffisante pour la qualification en finale à cause des quatre buts concédés lors du match retour à Getafe. En Ligue des champions, Messi n’a pas été autant fringant que sur la scène espagnole. La faute à une blessure qui l’a éloigné des terrains pendant trois mois et qui ne l’a pas permis de donner la pleine mesure de son talent lors des huitièmes de finale face à Liverpool. Cela ne semble que partie remise. Car à 21 ans, avec un potentiel digne d’un Maradona et plus d’expérience, Lionel Messi a tout pour devenir le Roi des pelouses espagnoles et européennes.

écrit par Jacques Éric Andjick

Liga - Barcelone, l'heure du changement

Liga - Après avoir laissé filer le titre de champion d'Espagne au Real Madrid, le FC Barcelone ne digère pas sa saison noire. Les Catalans s'en veulent car ils estiment avoir eu le titre entre les mains. Et tirent les leçons de cet échec avant de s'activer sur le marché des transferts.
FOOTBALL 2006-2007 La Liga Nástic-Barcelona Ronaldinho, imagen de la desolación jornada38 - 0

L'ambiance est morose dans la capitale catalane. Le réveil a été dur. Les fans du FC Barcelone ont hésité à deux fois avant de sortir du lit lundi matin. Dépités, minés par la dernière journée de Liga, ils ne voulaient toujours pas y croire. Et pourtant, leur équipe a bien laissé filer le titre de champion à son grand rival du Real Madrid. Champion d'Espagne, champion d'Europe il y a un an, le Barça vient de terminer une année presque blanche. Hormis la Supercoupe d'Espagne, le club a tout perdu. Les 25 journées en tête de la Liga n'auront servi à rien...Quelle désillusion !

Le trophée envolé à Madrid, l'heure du bilan a sonné. "Nous savons que si nous en sommes arrivés là c'est qu'il y a une raison. Il faut maintenant analyser cet échec pour repartir du bon pied", annonce déjà Frank Rijkaard. L'entraîneur tente de positiver. Ses joueurs, eux, se lâchent et ne passent pas par quatre chemins. "Nous avons été irréguliers toute la saison, nous n'avons pas été bien et nous sommes tous conscients que les responsables sont les joueurs", a déclaré Carles Puyol après la large victoire inutile à Tarragone (5-1).

Les joueurs visés

La responsabilité des joueurs revient d'ailleurs sur toutes les lèvres. Et tout le monde est montré du doigt. "Nous devons faire notre autocritique, l'année a été mauvaise. C'est principalement la faute des joueurs. L'équipe a payé un excès de confiance et c'est une leçon que nous a donnée le football et nous devons nous en servir", estime Xavi. "Nous avions tous les titres à portée de main et nous n'avons pas su profiter de situations favorables", a ajouté le milieu. Pour tous les Catalans, les Blaugrana ont vraiment offert le 30e titre à Madrid. "Si le Real est champion c'est grâce au Barça", résume Johan Cruyff, l'ancien entraîneur barcelonais.

"C'est surtout nous qui avons perdu le Championnat, on a raté le coche sur des matches importants", a regretté Lilian Thuram. Le recordman des sélections en équipe de France (130) s'étonne du manque d'implication de ses coéquipiers dans les grands rendez-vous. Des matches chauds où ils avaient avant l'habitude de briller. Cette année, ils ont choisi ces moments pour craquer (1 seul point pris lors des Classico, nul concédé à la dernière minute face à l'Espanyol Barcelone (2-2) lors de l'avant-dernière journée...). "C'est une année de travail qui ne se concrétise pas", ajoute le Français.

Du changement en perspective

Les critiques ne manquent pas. Et elles annoncent un grand ménage dans l'effectif. "Nous nous sommes brûlés les ailes en jouant trop souvent avec le feu. Il faut agir. Cette équipe a besoin d'être rénové. Nous avons laissé faire trop de choses dans le vestiaire. Il va y avoir du changement", prévient déjà Joan Laporta, le président du Barça. Si de nombreux joueurs catalans sont concernés, Frank Rijkaard est aussi dans le viseur. Le technicien a perdu son autorité sur le vestiaire et ne semble plus faire l'unanimité malgré le soutien de certains de ses protégés. "Nous avions une équipe extraordinaire. Pour moi, ce serait une erreur de faire une révolution. Rijkaard a été la clé des succès que nous avons connus, c'est un technicien extraordinaire et j'espère qu'il va continuer", estime Xavi.

De toute manière, le vestiaire, miné par les égos, devrait subir un grand coup de balai. Samuel Eto'o, qui est à l'origine de la déstabilisation du groupe par ses déclarations tapageuses répétées, n'est plus en odeur de sainteté. L'attaquant camerounais pourrait changer d'air. Incroyable mais vrai, Ronaldinho n'est pas en reste. Le Brésilien veut une prolongation de contrat et n'exclut pas de partir. Et si Saviola, Motta, Esquerro, Sylvinho ou Belletti sont déjà partis, Giuly (Monaco, OM), Edmilson (OM), Gudjohnsen (Premiership) pourrait aussi l'imiter dans les prochains jours. Reste alors les arrivées. Les Catalans ont la ferme intention de frapper un grand coup. Henry est pressenti, tout comme Abidal, Chivu ou encore Yaya Touré. Du lourd donc. Histoire de regonfler le moral des fans au plus vite...

Glenn CEILLIER

Toutes les notes