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23.11.2007

Luis Fabiano, l’âge de la maturité

Brazil's Luis Fabiano celebrates his goal
(AFP)

Luis Fabiano a toujours été un joueur extrêmement prometteur. Très prolifique, son séjour de trois ans à Sao Paulo, entre 2001 et 2004, laissait augurer d'un brillant avenir aussi bien en club qu'en sélection.

Jusqu'à la saison passée, cependant, son talent ne faisait que s'émousser en Europe et ses détracteurs voyaient sa carrière battre de l'aile. O Fabuloso a su balayer ces critiques d'un revers de la main.

L'attaquant du FC Séville est actuellement installé en tête du classement des buteurs du championnat espagnol. Hier soir, lors de la rencontre Brésil - Uruguay disputée au stade Morumbi, théâtre de ses nombreux exploits paulistas, Fabiano a fait parler la poudre par deux fois. Il a ainsi permis à la Seleçao d'égaliser, puis d'arracher une victoire capitale 2:1, dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010.

Un retour en trombe
En vérité, Luis Fabiano doit ses récentes sélections face au Pérou et à l'Uruguay à une blessure d'Afonso Alves. En tout état de cause, le deuxième rendez-vous le remplissait d'enthousiasme. "Je rêve de retourner au Stade Morumbi sous le maillot auriverde. Je pense que ça va être un moment magique", se réjouissait-il d'avance.

Après une apparition en tant que remplaçant, sa première en sélection depuis la finale de la Copa América 2004 gagnée face à l'Argentine, cet attaquant natif de Campinas a réalisé son rêve : contre toute attente, Dunga l'a propulsé dans le onze titulaire aux dépens de Vagner Love.

Luis Fabiano n'aurait pas pu rêver meilleur scénario. Le Brésil était mené 0:1 et se trouvait dos au mur lorsqu'il a remis les deux équipes à égalité à la 44ème minute. Par la suite, alors que Julio Cesar continuait de s'imposer comme le portier indiscutable de la Seleçao, l'ancienne idole des Tricolores a inscrit le but de la victoire en milieu de seconde période. Ses deux réalisations ne sont peut-être pas aussi splendides que certains de ses 118 buts inscrits sur 160 matches disputés avec Sao Paulo, mais ses fans les plus fidèles les ont tout autant appréciées.

"Je me sens chez moi ici. Les fans sont géniaux", a-t-il déclaré tout sourire. "Mon séjour à Sao Paulo a été une expérience fabuleuse. Grâce à Dieu, j'ai retrouvé la Seleçao aujourd'hui et j'ai voulu en profiter au maximum. Je pense avoir donné satisfaction. L'Uruguay est une équipe très difficile à jouer. Les espaces étaient très rares, mais je suis parvenu à marquer et à faire gagner l'équipe."

"Luis Fabiano a joué un rôle décisif dans cette victoire, a déclaré le milieu défensif Gilberto Silva. Son premier but est arrivé à point nommé car nous n'étions pas dans une bonne phase." L'arrière droit Maicon abonde dans son sens : "C'est un finisseur hors pair. Il a été extraordinaire ce soir".

Objectif 2010
Grâce à ce succès, le Brésil comptabilise maintenant huit points, soit deux de moins que le leader de la Zone Amérique du Sud, le Paraguay, et un de moins que son ennemie jurée, l'Argentine. Les quatre premiers obtiendront la qualification directe pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010, avant laquelle Luis Fabiano devra consolider sa place au sein de la sélection et, si possible, du onze titulaire.

Sa prestation contre l'Uruguay plaide en sa faveur. "Tout nouveau joueur qui s'illustre en match international reste automatiquement sur les tablettes pour les prochaines rencontres", explique Dunga. "J'avais besoin d'un joueur puissant. Fabiano faisait parler de lui en Espagne et semblait en pleine confiance à l'entraînement. C'est pour ça que je l'ai aligné dans le onze."

"Il joue différemment de Vagner Love. Il est plus puissant et très efficace en pointe. Il a bien joué. Dans le football, tout va très vite et il a su saisir sa chance quand il le fallait", conclut le technicien brésilien.

"C'est la meilleure période de ma carrière, explique Fabiano, qui avait laissé une impression mitigée à Rennes puis chez les ténors portugais du FC Porto, avant son transfert à Séville. A Porto, ça ne se passait pas très bien et ma première année à Séville a été une saison d'adaptation. C'est ça qui m'a éloigné de la sélection."

"A présent, je suis farouchement déterminé à m'imposer en sélection. Je rêve de disputer une Coupe du Monde et je continuerai à travailler dur pour y parvenir".

Pendant plus de vingt ans, l'attaque brésilienne a toujours possédé un buteur hors pair : il y a d'abord eu Careca, auquel ont succédé Romario puis Ronaldo. Pourtant, depuis la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006, Dunga cherche un nouveau titulaire pour le poste d'avant-centre. Luis Fabiano fait plus que jamais partie des candidats.

(FIFA.com)

L'Andershow peut commencer

Anderson
(AFP)
 

En contribuant de façon décisive à la conquête du titre mondial brésilien à la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002, Ronaldinho était devenu l'homme le plus recherché de la Planète football. Lorsque le génie a annoncé son intention de quitter le Paris Saint-Germain à la fin de la saison 2002-03, Manchester United, l'un des clubs les plus riches du monde, n'a pas tardé à se mettre sur les rangs des prétendants.

Séduit par l'Angleterre, Ronaldinho a finalement choisi l'Espagne, plus précisément le FC Barcelone, décevant au passage le fervent public d'Old Trafford. Celui-ci allait devoir attendre quatre ans avant de vibrer aux feintes et aux dribbles d'un pur produit de l'académie de Gremio.

L'auteur de ces grigris n'est autre que Anderson Luis de Abreu Oliveira, 19 ans, dont la trajectoire ressemble étrangement à celle empruntée par Ronaldinho. Tous deux sont nés à Porto Alegre, tous deux ont brillé à la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, tous deux ont débuté au Gremio et en équipe nationale du Brésil à un âge très précoce, tous deux ont décroché leur premier titre international à la Copa América et tous deux ont entamé leur aventure européenne loin des destinations les plus classiques, à savoir l'Angleterre, l'Italie et l'Espagne.

Ce n'est pas tout : le joueur acheté au FC Porto a démarré sa carrière à un poste de milieu offensif cher au double Joueur Mondial de la FIFA. Cependant, c'est dans un rôle un peu plus reculé que ce jeune joueur polyvalent brille depuis six semaines en Premier League.

Une star se révèle
A vrai dire, en raison de la densité de l'effectif, de nombreux observateurs s'attendaient à ce que "Andershow" (son surnom) jouisse d'un temps de jeu très réduit à Manchester. D'ailleurs, lors des huit premières journées de championnat, le Brésilien n'a foulé la pelouse que pendant 45 minutes, confirmant ainsi les prédictions d'avant-saison.

C'est à la 20 ème minute du match à domicile contre Wigan Athletic, lorsqu'il a perdu Nemanja Vidic, que sir Alex Ferguson s'est enfin décidé à lancer sa jeune recrue. Lequel n'a pas raté son entrée. Soixante-dix minutes durant, il a régalé le public d'Old Trafford en contribuant de façon décisive à la victoire 4:0.

Le stratège écossais n'a pas hésité à qualifier de "fantastique" la prestation de son protégé. Anderson l'a remercié de sa confiance en alignant par la suite des performances très solides. Flanqué de l'infatigable Paul Scholes, le Gaúcho est désormais un titulaire indiscutable de la formation mancunienne et son avènement a coïncidé avec la fin des problèmes de l'équipe dans les derniers mètres. Auteur de sept petits buts sur les huit premières journées, les Red Devils ont inscrit la bagatelle de 16 réalisations sur les cinq dernières, rejoignant ainsi Arsenal en tête du classement.

La forme éblouissante du numéro 8, à créditer d'un bon match lors du nul 2:2 face aux Gunners, a convaincu Ferguson qu'il tenait enfin un successeur au légendaire Scholes, âgé de 33 ans. "Notre idée était de remplacer, à terme, Scholes par Anderson et Giggs par Nani, a expliqué l'entraîneur. Quand on paie très cher un jeune joueur, on a toujours des craintes, on se demande si c'est vraiment la bonne décision. Avec ces deux-là, je pense que nous ne nous sommes pas trompés."

"Nous avions dit à Anderson qu'il ne disputerait pas tous les matches, mais qu'on l'intègrerait progressivement au groupe. Mais compte tenu de son état de forme, si le match contre le Dynamo de Kiev (en Ligue des Champions) avait été crucial il l'aurait sans doute débuté. Scholes n'est pas encore assez fatigué pour aller sur le banc, il peut jouer jusqu'à 36 ans. Mais Anderson a les qualités nécessaires pour le remplacer, c'est un fait."

Aux anges
Les coéquipiers d'Andershow ne se sont pas fait prier pour louer les qualités du Brésilien. "Anderson a très bien réussi son adaptation, a dit Wayne Rooney. Les gens ne se rendent pas compte qu'il est vraiment très jeune. Mais il a une incroyable confiance en soi et il a réussi de superbes performances ces derniers temps."

Si Rio Ferdinand le décrit comme "un grand joueur capable de faire basculer n'importe quel match", Owen Hargreaves lui trouve un petit défaut : "Il ne parle pas très bien anglais, mais s'il continue à jouer aussi bien, je crois que ça n'est pas bien grave."

Concernant les commentaires de Ferguson, le Ballon d'or adidas de Pérou 2005 a réalisé les déclarations suivantes dans le Daily Mail : "Ces mots ont été prononcés par l'un des plus grands entraîneurs du monde, elles me vont droit au cœur. Pour l'instant, je suis très content d'être venu en Angleterre. L'entraîneur m'a juste conseillé de travailler dur et d'attendre ma chance. Après sept mois pendant lesquels j'ai très peu joué, je suis aux anges."

Old Trafford profite enfin des exploits réalisés par une pépite du centre de formation du Gremio. Si les prévisions se confirment, les fans mancuniens risquent de vibrer au rythme de ses prestations pendant encore pas mal de temps...

(FIFA.com)

Le Brésil bien gardé par Julio Cesar

On ne gagne pas une Coupe du Monde de la FIFA sans avoir dans ses rangs un gardien de but exceptionnel. Cette constatation s'est souvent vérifiée lors des différentes éditions de l'épreuve reine, à commencer par la première : en 1930, le portier uruguayen Enrique Ballesteros avait joué un rôle crucial dans la victoire finale de son pays. L'Italien Gianpiero Combi (1934), l'Anglais Gordon Banks (1966), l'Allemand Sepp Maier (1974), l'Argentin Ubaldo Fillol (1978), l'Italien Dino Zoff (1982), Fabien Barthez (1998) et Gianluigi Buffon (2006) avaient eux aussi été indispensables au sacre mondial de leurs équipes respectives.

Concernant le Brésil, on oublie souvent à quel point les gardiens ont contribué aux cinq étoiles brodées sur le maillot auriverde. D'aucuns diront que les quintuples champions du monde doivent leur statut au génie des Didi, Garrincha, Pelé, Jairzinho, Bebeto, Romario, Rivaldo et autres Ronaldo. Mais à y regarder de plus près, force est de constater que sur les cinq Coupes du Monde de la FIFA remportées par la Seleção, quatre l'ont été en présence de gardiens irréprochables.

Dès 1958, Gilmar se montre invincible lors de quatre des six rencontres disputées par le Brésil, qui finit par s'adjuger le trophée Jules-Rimet. Quatre ans plus tard, les Sud-américains parviennent à défendre leur titre et peuvent une nouvelle fois dire un grand merci à Gilmar. A Etats-Unis 1994, Taffarel se révèle décisif dans l'épreuve des tirs au but, à l'issue de laquelle le Brésil décroche sa quatrième étoile. A Corée/Japon 2002, Marcos s'incline une seule fois lors des 360 minutes qui conduisent Ronaldo et compagnie des huitièmes de finale à la cinquième couronne mondiale du Brésil.

Premier choix
L'actuel sélectionneur du Brésil, Dunga, sait qu'il est important de pouvoir compter sur un gardien fiable. Depuis sa nomination à la tête de la Seleção, en juin 2006, il a essayé quatre solutions : Gomes (PSV Eindhoven), Helton (FC Porto), Doni (AS Roma) et Julio Cesar (Inter Milan). Aujourd'hui, le capitaine du Brésil version 1994 semble avoir arrêté son choix sur le portier des Nerazzurri.

Lorsque toute la sélection brésilienne s'est retrouvée pour entamer la campagne préliminaire d'Afrique du Sud 2010, début octobre, le gardien interiste (28 ans) était probablement l'un des joueurs les moins connus de l'effectif. Deux matches et quatre points plus tard, une première conclusion émergeait : Julio Cesar s'est parfaitement adapté à la cour des grands, comme en témoigne sa prestation impeccable en Colombie.

Le 14 octobre dernier à Bogotá, toutes les conditions étaient pourtant réunies pour compliquer sa tâche : pluie battante, domination colombienne et deux situations de un contre un. Au final, Cesar réussit deux parades décisives, synonymes de match nul (0:0) pour le Brésil.

Il y a une semaine, face à l'Equateur, le match et le score auraient pu prendre une toute autre tournure sans la sortie sans bavure de Cesar dans les pieds de Cristian Benitez. On était alors en deuxième période et le Brésil menait d'un seul but (1:0). Le tournant de la rencontre ? Probablement, quand on connaît la suite : victoire 5:0, avec des contributions de Kaka, Ronaldinho et Robinho, pour le plus grand bonheur des 85 000 spectateurs venus fêter le retour de leurs protégés au Maracana, après sept années d'absence.

Spécialiste des penalties
Il faut dire qu'au Maracana, Julio Cesar était en terrain connu. Pendant sept ans, il a gardé les buts de Flamengo, l'un des grands clubs cariocas. C'est durant cette période qu'il s'est construit une réputation de spécialiste des penalties, qu'il a pu justifier jusqu'en équipe nationale. En finale de la Copa América 2004, il a ainsi arrêté le premier tir au but de la série, frappé par l'Argentin Andres D'Alessandro. Le Brésil devait finalement s'imposer 4:2.

D'ici à conclure que Julio Cesar est à l'aise dans l'adversité, il n'y a qu'un pas... Allègrement franchi par le principal intéressé en 2005. Cette année-là, il revient à l'Inter après un prêt au Chievo Vérone. Doublure de luxe pour Francesco Toldo. C'est en tous cas ce que tout le monde imaginait, sauf le natif de Duque de Caxias, qui s'est immédiatement employé à faire jouer la concurrence. Avec succès. Il s'impose d'abord comme titulaire incontesté entre les poteaux interistes, puis comme l'un des meilleurs gardiens sur la scène européenne. Belle performance en soi ; performance exceptionnelle pour un portier sud-américain.

Julio Cesar est le premier à reconnaître qu'il a effectué de gros progrès depuis son arrivée sur le Vieux Continent : "Je suis meilleur que lorsque j'ai quitté le Brésil, explique-t-il. L'Italie est une excellente école pour les gardiens, peut-être la meilleure. A l'entraînement, les exercices sont différents de ceux que je faisais au Brésil. C'est quelque chose qui m'a énormément aidé dans mon développement". Prochain objectif pour l'Interiste : réussir la passe de trois avec l'Inter en remportant un troisième Scudetto consécutif. Après huit journées, les Nerazzurri affichent déjà un excellent temps de passage.

Mais les ambitions de Julio Cesar ne s'arrêtent pas là. "Je veux devenir le gardien titulaire de la Seleção, avait-il déclaré au début de l'année. Tout joueur de football rêve de gagner la Coupe du Monde. Moi aussi. Je veux montrer au coach que je suis le meilleur gardien pour aider le Brésil à se qualifier (pour Afrique du Sud 2010)".

Mission remplie, jusqu'ici en tout cas. En 2007, Cesar n'a concédé qu'un seul but avec le Brésil, en 500 minutes de jeu. Difficile de faire mieux, Dunga en convient d'ailleurs volontiers.

(FIFA.com) 

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