« La Guinée rayonne | Page d'accueil | Messi : "J'aime l'avoir au pied" »

26.01.2008

Feindouno prolonge le suspense

Par Thomas PISSELET

La Guinée devait absolument l'emporter, jeudi, contre le Maroc, si elle voulait encore espérer se qualifier pour les quarts de finale de la CAN. Et comme souvent dans les matches couperets, le Sily National a remis les clés à Pascal Feindouno. Le Stéphanois, auteur d'un doublé et d'une passe décisive puis expulsé, a permis aux Guinéens de s'imposer (3-2), malgré les buts d'Aboucherouane et Ouaddou. Un succès qui replace les hommes de Robert Nouzaret dans le Groupe A, dominé par le Ghana, vainqueur contre la Namibie (1-0).

Pascal Feindouno a été le Guinéen le plus en vue. (Reuters)Pascal Feindouno a été le Guinéen le plus en vue. (Reuters)
Difficile d'envisager pire scénario pour le Maroc. Attendus comme dominateurs, en compagnie du Ghana, dans le Groupe A, les Lions de l'Atlas ont pris un sévère coup de bambou sur la tête, jeudi à Accra, contre la Guinée (1-3). Et pour cause, puisqu'ils joueront leur billet pour les quarts de finale de la CAN face au pays organisateur, dans quatre jours.

Une perspective qui fait froid dans le dos au peuple marocain tout entier. Surtout que le Ghana, difficile vainqueur de la Namibie (1-0), n'est pas encore certain, malgré cette deuxième victoire, d'aller en quarts. Claude Le Roy ne prendra donc pas le risque de faire tourner son effectif lors du dernier match de la première phase. Si les Marocains sont dans une telle posture, c'est en grande partie la faute d'un génie du ballon rond, venu de Guinée: Pascal Feindouno. Le Stéphanois a été l'homme du match, d'abord en s'illustrant balle au pied, signant deux buts et une passe décisive, puis en s'essuyant les crampons sur un adversaire, récoltant un carton rouge. Mais même réduit à dix, le Syli National a tenu bon.

Au coup d'envoi, la Guinée n'avait de toute façon pas d'autre choix. Défaits pour leur entrée en matière face au Ghana, les hommes de Robert Nouzaret devaient absolument l'emporter pour relancer l'intérêt de ce Groupe A. Et pour parvenir à leur fin, les Guinéens pouvaient à nouveau compter sur Mansaré, absent lors du premier match. Associé à Feindouno et Youla, le Toulousain posait d'entrée des problèmes à une défense marocaine renforcée en conséquence et, après avoir effacé trois joueurs, provoquait un coup franc aux abords de la surface. Un coup de pied arrêté excentré sur la gauche, pas vraiment dangereux a priori.

Trois buts en cinq minutes

Sauf que Fouhami, le gardien des Lions de l'Atlas, ne prenait pas la précaution de placer un de ses coéquipiers au premier poteau. Feindouno, qui avait vu l'espace, frappait directement tandis que le portier marocain avait anticipé le centre (1-0, 10e). Henri Michel n'avait certainement pas prévu d'être dos au mur aussi tôt dans la rencontre. Mais ses joueurs trouvaient tout de même quelques rares occasions pour se mettre en valeur. Zerka (22e), d'un geste en extension, et Hadji (23e), d'une tentative lointaine, alertaient coup sur coup, mais sans succès, Camara, le gardien du Syli National. Des occasions insuffisantes et trop brouillonnes pour réellement inquiéter la Guinée.

A vouloir trop sécuriser son arrière-garde, le sélectionneur marocain avait isolé Zerka, pas assez entouré devant pour créer le danger. Et à force d'insister dans l'axe, les Lions de l'Atlas s'irritaient le museau sur les barbelés guinéens. Cette fois, l'excuse de la pelouse d'Accra, critiquée pour sa longueur en ouverture de la CAN, ne tenait plus, ou si peu. Et les Guinéens le prouvaient en déployant un jeu dans les pieds, souvent tranchant en contres. Ainsi, alors que le Maroc poussait pour revenir, Feindouno servait Bangoura dans la profondeur, qui en profitait pour doubler la mise (2-0,58e).

Ce but avait le mérite de réveiller une rencontre assez terne jusque-là. Aboucherouane catapultait un missile dans la lucarne de Camara (2-1, 59e), mais cela n'éteignait pas les intentions guinéennes puisque Feindouno, encore lui, transformait un penalty dans la foulée (3-1, 62e). Le Stéphanois n'en avait pas fini avec sa prestation du soir, mais il la clôturait de manière peu orthodoxe, en essuyant sa semelle sur un adversaire qui l'avait provoqué (66e). Cette infériorité numérique avait finalement peu de conséquences, hormis la réduction au score d'Ouaddou (3-2, 89e). Le Maroc devra s'imposer, quoiqu'il arrive, face au Ghana, en espérant que dans l'autre rencontre entre la Namibie et la Guinée, le sort lui soit favorable.

Les commentaires sont fermés.