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12.01.2008

CAN - Nouzaret : « Créer la surprise »

Arrivé à la tête de l'équipe de Guinée pendant les qualifications, Robert Nouzaret a réussi son pari, celui de qualifier le ''Sily National'' pour sa neuvième Coupe d'Afrique des Nations. En préparation dans le sud de l'Espagne et au lendemain d'une large victoire sur le Soudan (6-0), l'entraîneur français confie, pour notre site, son ambition «de gagner cette compétition».

« Robert Nouzaret, vous ouvrirez le 20 janvier la vingt-sixième CAN en affrontant le Ghana, un des favoris, chez lui. Dans quel état d'esprit se trouve votre groupe?
Nous sommes fiers de faire ce match ! Nous l'aborderons de manière positive et avec plein d'ambition. Les joueurs n'ont pas peur. Quelle que soit l'équipe, jouer contre une nation qui évolue à domicile n'est jamais évident. A fortiori contre les Ghanéens. Mais nous savons que la qualification passe par une victoire contre le Maroc ou le Ghana, puis face à la Namibie.

Votre équipe est-elle ''née'' après votre décisive victoire en Algérie (2-0) lors des qualifications?
Cela a été une étape importante car décisive, mais le groupe est surtout né après la victoire en Gambie (2-0). La Guinée avait mal démarré les qualifications et était mal en point (NDLR, un point en deux matches). Quand j'ai repris l'équipe, la panique et la perte de confiance habitaient mes joueurs. Ce match nous a donnés un nouveau souffle.

La Guinée s'est arrêtée aux quarts de finale lors des deux dernières éditions. Pensez vous être armés pour aller plus loin?
On va essayer de gagner ! Nous savons qu'il y a des équipes plus fortes, mais c'est à nous de démontrer que nous sommes meilleurs. Nous pouvons parfaitement créer la surprise.

Vous avez déclaré que la Guinée serait en finale contre la Cote d'Ivoire. Qu'est ce qui vous rend optimiste?
J'ai dit que le rêve serait cette finale, sauf si malheureusement nous les rencontrions en quart de finale. J'ai un très grand respect pour l'équipe de Cote d'Ivoire, que j'ai mise en place à 90%. Elle a un gros potentiel pour la CAN et pour la Coupe du monde.

La fédération vous a-t-elle fixé un objectif?
L'objectif initial était de qualifier la Guinée. J'ai dit aux personnes de la fédération que nous devions aller là-bas pour gagner cette compétition. Mon contrat se termine avec cette CAN.

Souhaiteriez vous poursuivre votre expérience avec le ''Sily National''?
J'ai mis des choses en place. Je pense qu'il serait dommage de repartir de zéro dans la campagne pour la Coupe du monde 2010. Mais la continuité n'est pas le fort des fédérations en Afrique.

Claude Le Roy considère la Guinée comme un des outsiders dans cette CAN. Qu'en pensez vous?
Vu qu'il connaît du football, il a sans doute raison. C'est de bonne guerre avant le match d'ouverture, mais la pression est sur les épaules du Ghana. Nous ne sommes pas les favoris mais nous aurons des dents longues de deux mètres. »

Recueilli par Nasser MABROUK

Ronnie et Deco dans le doute

Un changement d'ère s'opère doucement à Barcelone. Absents à Séville en Coupe du Roi, Ronaldinho et Deco manqueront également à l'appel face à Murcie, samedi, lors de la 19e journée de championnat. Officiellement, les deux joueurs sont blessés mais le mal-être des deux amis semble tellement évident que l'excuse ne convient pas à grand monde. Puyol et Xavi, deux influents membres du vestiaire, jurent pourtant qu'ils sont bien blessés et qu'ils reviendront plus fort. Le doute est plus que permis.

Ronnie et Deco sont dans le même bateau. (Reuters)Ronnie et Deco sont dans le même bateau. (Reuters)

Les maux sont multiples mais la conséquence est la même. Ronaldinho et Deco manquent cruellement au Barça. Tout du moins les deux joueurs qui avaient mené les Blaugrana à la victoire en Liga et en Ligue des champions, en 2006. Depuis, tout a changé pour les deux hommes. Si les soucis de Ronnie ont davantage fait la Une ces dernières semaines, le malaise Deco pèse autant dans le vestiaire. Officiellement, les deux hommes souffrent d'une tendinite du genou gauche et des adducteurs.

Et au sein du vestiaire, les pontes ont multiplié les sorties pour abonder dans ce sens. "C'est un authentique manque de respect de douter de leurs blessures. J'ai parlé avec les deux et non seulement je les crois mais je mettrai ma main au feu pour eux. Ce qui se dit en dehors du vestiaire m'importe peu", a lancé Carles Puyol en marge du huitième de finale aller de la Coupe du Roi. Même son de cloche pour Xavi, vice-capitaine, qui va même plus loin: "Ce n'est pas logique de douter du professionnalisme de Deco et Ronaldinho".

Eto'o, dernière avant la CAN

Des propos qui ne modifient cependant pas grand chose. Depuis le début des soucis de Ronaldinho, si l'on excepte la sortie d'Edmilson, le vestiaire dans son ensemble a toujours soutenu les deux hommes. Il n'y a pas de raison que cela change. De même, en l'état actuel des performances du Brésilien, il n'y a que peu de chances que Frank Rijkaard fasse machine arrière. Ronaldinho n'est que l'ombre du géant qu'il fut. Quand à Deco, il a davantage ciré le banc du Barça cette saison que lors des trois exercices précédents !

Sans doute conscient de la hiérarchie nouvelle au sein du milieu de terrain blaugrana, Deco avait expliqué en fin d'année que si le Barça ne remportait pas un titre cette saison, il irait voir ailleurs. Ce sera sans doute le cas comme il est également vraisemblable que Ronaldinho relève un autre défi en fin de saison. Pour faire échos aux propos de l'international portugais, les sept points de retard sur le Real Madrid paraissent, en l'état, un gouffre. Le moindre faux-pas est totalement exclu, surtout contre Murcie lors de ce 19e acte de la Liga.

Sans Ronaldinho, Deco ni Messi, qui manque lui aussi cruellement, le retour de Henry, buteur à Séville, sera d'une importance capitale. De même, Samuel Eto'o fera sa dernière apparition avec les Blaugrana avant de filer à la Coupe d'Afrique des Nations. Une donnée qui a fait hurler le FC Séville, privé pour sa part de ses internationaux africains. Deux poids, deux mesures, dont le Barça ferait bien de profiter. En attendant l'éventuel miracle et le retour aux affaires de Ronnie et Deco...

 

Par MICHAEL BALCAEN, (De Sports.fr)

09.01.2008

La CAN fait souffrir la L1

 Comme tous les deux ans, les équipes de Ligue 1 voient une partie de leur effectif s'envoler sur le sol africain pour participer à la CAN, qui se déroulera au Ghana du 20 janvier au 10 février prochains. Des clubs comme Lens, Nancy, Le Mans, Marseille ou Saint-Etienne devront évoluer sans une partie de leurs meilleurs éléments, au contraire de l'Olympique Lyonnais ou de Bordeaux. Mais le calendrier de la CAN étant connu bien à l'avance, les clubs de l'Hexagone recrutent en connaissance de cause.

Mamadou Niang risque de faire défaut à l'OM pendant la CAN. (Reuters)Mamadou Niang risque de faire défaut à l'OM pendant la CAN. (Reuters)

Tous les deux ans au mois de janvier, c'est le même ballet qui se joue. Les clubs du Vieux Continent doivent libérer leurs joueurs africains, obligés de regagner le berceau de l'humanité pour rejoindre leurs sélections afin de disputer l'épreuve phare continentale: la Coupe d'Afrique des Nations. La France, qui accueille une forte colonie africaine, est logiquement l'un des pays européens le plus touché par cet événement. Pour avoir une estimation de l'impact de la compétition sur le l'élite du football français, c'est près de cinquante joueurs qui s'envoleront pour l'Afrique, ce qui constitue environ trois joueurs par équipe.

Au contraire de leurs homologues italiens par exemple, les clubs de Ligue 1 seront bien diminués par le départ de beaucoup de leurs éléments pour la CAN. Mais comment reprocher aux pays africains de vouloir disposer de leurs meilleurs joueurs dans leur compétition continentale ? Que reprocher à ses surdoués du ballon rond, qui ont déjà tant apporté au football français, avec par exemple George Weah, Abédi Pelé ou plus récemment Aruna Dindane ? Même si ces départs conjugués pourraient plomber les objectifs de plusieurs formations.

Saint-Etienne et Lens saignés à blanc

A Marseille, André Ayew (Ghana), Mamadou Niang (Sénégal), Tawe Taiwo (Nigéria) et Modeste M'Bami (Cameroun) partiront. A part Niang, l'OM ne perd donc pas beaucoup de joueurs importants puisque Taiwo a longtemps été écarté sur son flanc gauche par Eric Gerets. Les Phocéens ont d'ailleurs déjà trouvé un suppléant au Nigérian en la personne de Juan-Angel Krupoviesa, Argentin venu de Boca Juniors. Du côté nancéien, le casse-tête sera aussi présent pour Pablo Correa avec l'absence de ses trois Marocains, Michaël Chrétien, Youssouf Hadji et Monsef Zerka. Au moment où beaucoup s'interrogent sur la capacité des Lorrains à durer après une magnifique première partie de saison, l'absence de ces trois joueurs va s'avérer déterminante pour la seconde phase de l'exercice 2007/2008 des coéquipiers de Sébastien Puygrenier.

Quant au Mans, même chose. L'équipe de Rudy Garcia sera elle aussi privée de quatre joueurs très importants. Si Ibrahima Camara (Guinée) est peut-être un joueur comme les autres dans la Sarthe, Gervinho, Ndri Romaric (Côte d'Ivoire) et Stéphane Sessegnon (Bénin) sont considérés comme indispensables dans l'effectif manceau. Nul doute que cette période sans ses sélectionnés africains sera pénible pour le MUC. Dans le camp stéphanois, le constat est identique puisque les Verts vont sûrement devoir se passer de Pascal Feindouno (Guinée), Rudolphe Douala (Cameroun), Siaka Tiene (Côte d'Ivoire), Mustapha Sall (Sénégal) et Fousseyni Diawara (Mali). Mais contrairement à beaucoup de formation de L1, les dirigeants foréziens avaient pris la précaution de doubler les postes avec des joueurs comme Dimitri Payet, Nivaldo ou encore Geoffrey Dernis.

Lyon verni

La palme de l'amputation sera certainement attribuée au RC Lens qui devra se passer de cinq éléments. Aruna Dindane (Côte d'Ivoire), Abdou Kader Mangane (Sénégal), Sidi Keita (Mali), Adama Coulibaly (Mali) et Daounda Jabi (Guinée). Mais le club du président Gervais Martel est habitué à ce pillage en règles. En revanche, chez les équipes qui occupent le haut du pavé en L1, on compte très peu de partants pour le Ghana. L'OL pourrait perdre l'Ivoirien Kader Keita et Bordeaux Marouane Chamakh (Maroc). En milieu de tableau Caen, qui compte dans ses rangs Ibrahim Thiam (Mali), Rennes, avec John Mensah (Ghana), Auxerre, qui avait recruté Sammy Traoré (Mali), et Valenciennes avec Abdeslam Ouaddou (Maroc), perdront juste un joueur.

Du côté lillois, Jean II Makoun (Cameroun) et Tony Silva (Sénégal), manqueront à l'appel. A Toulouse Achille Emana (Cameroun) et Fodé Mansaré (Guinée) sont d'ores et déjà en sélection. Monaco, Lorient, le Paris Saint-Germain et Strasbourg sont les mieux lotis par cette CAN. On peut donc se dire qu'une compétition internationale change les objectifs d'une saison, surtout à un moment où les rencontres se succèdent sans temps mort. Une épreuve de ce type, en plein milieu du championnat, présente aussi des problèmes de rythme.

Des équipes comme Saint-Etienne ou Lens, qui perdent au minimum cinq joueurs assez importants, vont sûrement baisser leur cadence même si pour les deux formations, elle n'était pas excellente depuis le début de la saison. Pour l'instant, au niveau du calendrier de la CAN, aucun changement n'est annoncé. Les clubs de Ligue 1 devront s'accommoder à l'absence de certains de leurs meilleurs joueurs car ces départs en cascade ne sont finalement que pour une courte durée.

Par STEEVE GELY (De Sports.fr)

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