14.01.2008

Henry booste le Barça

Thierry Henry Thierry Henry est l'homme en forme du Barça (Panoramic)

Auteur de deux passes décisives face à Murcie ce week-end (4-0), Thierry Henry a réalisé son meilleur match sous le maillot du Barça. De bon augure après une année 2007 noire.

par Emmanuel Quintin

De nouveau décisif
«Henry, le Gunner est de retour», clamait Lilian Thuram samedi soir. Le défenseur central du Barça, titularisé seulement pour la 6e fois de la saison en Liga, a pu apprécier la prestation de son coéquipier face à Murcie (4-0). Trois jours après avoir inscrit un but important en Coupe du Roi à Séville (1-1), le recordman du nombre de buts inscrits en équipe de France a signé, de l’avis de nombreux observateurs qui suivent régulièrement le club catalan, son meilleur match depuis son arrivée l’été dernier. Disponible et inspiré, l’ancien buteur d’Arsenal n’a, certes, pas trouvé le chemin des filets mais il a délivré deux passes décisives. La première à la suite d’un débordement côté gauche et d’un centre pour le jeune Bojan (52e), dont il est l’idole. La seconde d’un centre instantané du gauche dans la course de Samuel Eto’o (77e). A chaque fois, Henry a pu prendre l’espace comme il aime tant le faire et comme il ne parvenait pas à le faire jusque-là au sein d’une équipe plus habituée à jouer dans les pieds de ses attaquants. Le Camp Nou, au public si exigeant, ne s’y est pas trompé et a longuement scandé le nom du Français, notamment après le but de Bojan.

Reconnaissance populaire mais aussi médiatique pour notre Titi national. Souvent très critiques sur ses prestations depuis son arrivée, la presse espagnole et catalane est, cette fois, tombée sous le charme. «Sa présence a modifié le football de l’équipe», s’est enflammé El Pais tandis que AS le désignait «crack» de la partie et saluait «son premier grand match» en Catalogne et que Sport, quotidien sportif catalan, lui offrait la meilleure note de son équipe : 8 sur 10. Un retour en grâce d’Henry, après une année 2007 très noire (exception faite de ses passages en sélection), qui n’étonne pas Frank Rijkaard, qui l’a défendu contre vents et marées depuis six mois. «Thierry a presque toujours joué blessé ou avec des douleurs. Aujourd’hui il se sent bien et donc sa prestation ne m’a pas surpris. C’est un grand joueur et désormais il démontre toute sa classe et son talent», explique le technicien néerlandais. «Il a été le principal artisan de la victoire», a-t-il conclu avant d’affirmer qu’«il peut encore apporter plus à l’équipe

Le meilleur est à venir ?
Un avis partagé par Eidur Gudjohnsen, son compère d’attaque. Auteur du premier but barcelonais, l’Islandais reconnaît que le Français «a eu l’étincelle et la capacité de faire la différence qui le caractérisent», mais sait qu’il peut encore faire mieux. «C’est l’un des meilleurs joueurs du monde mais ce n’est pas encore le meilleur Henry que j’ai vu parce qu’en Angleterre, il était à un très haut niveau», estime l’ancien joueur de Chelsea qui a souvent croisé la route du Frenchy sur les pelouses de Premier League. Avec les blessures de Messi et Ronaldinho, qui a retrouvé l’entraînement dimanche, et le départ de Samuel Eto’o pour la CAN, le numéro 14 du Barça se voit offrir une superbe occasion de donner raison à l’ancien Blue dans les prochaines semaines.

12.01.2008

CAN - Nouzaret : « Créer la surprise »

Arrivé à la tête de l'équipe de Guinée pendant les qualifications, Robert Nouzaret a réussi son pari, celui de qualifier le ''Sily National'' pour sa neuvième Coupe d'Afrique des Nations. En préparation dans le sud de l'Espagne et au lendemain d'une large victoire sur le Soudan (6-0), l'entraîneur français confie, pour notre site, son ambition «de gagner cette compétition».

« Robert Nouzaret, vous ouvrirez le 20 janvier la vingt-sixième CAN en affrontant le Ghana, un des favoris, chez lui. Dans quel état d'esprit se trouve votre groupe?
Nous sommes fiers de faire ce match ! Nous l'aborderons de manière positive et avec plein d'ambition. Les joueurs n'ont pas peur. Quelle que soit l'équipe, jouer contre une nation qui évolue à domicile n'est jamais évident. A fortiori contre les Ghanéens. Mais nous savons que la qualification passe par une victoire contre le Maroc ou le Ghana, puis face à la Namibie.

Votre équipe est-elle ''née'' après votre décisive victoire en Algérie (2-0) lors des qualifications?
Cela a été une étape importante car décisive, mais le groupe est surtout né après la victoire en Gambie (2-0). La Guinée avait mal démarré les qualifications et était mal en point (NDLR, un point en deux matches). Quand j'ai repris l'équipe, la panique et la perte de confiance habitaient mes joueurs. Ce match nous a donnés un nouveau souffle.

La Guinée s'est arrêtée aux quarts de finale lors des deux dernières éditions. Pensez vous être armés pour aller plus loin?
On va essayer de gagner ! Nous savons qu'il y a des équipes plus fortes, mais c'est à nous de démontrer que nous sommes meilleurs. Nous pouvons parfaitement créer la surprise.

Vous avez déclaré que la Guinée serait en finale contre la Cote d'Ivoire. Qu'est ce qui vous rend optimiste?
J'ai dit que le rêve serait cette finale, sauf si malheureusement nous les rencontrions en quart de finale. J'ai un très grand respect pour l'équipe de Cote d'Ivoire, que j'ai mise en place à 90%. Elle a un gros potentiel pour la CAN et pour la Coupe du monde.

La fédération vous a-t-elle fixé un objectif?
L'objectif initial était de qualifier la Guinée. J'ai dit aux personnes de la fédération que nous devions aller là-bas pour gagner cette compétition. Mon contrat se termine avec cette CAN.

Souhaiteriez vous poursuivre votre expérience avec le ''Sily National''?
J'ai mis des choses en place. Je pense qu'il serait dommage de repartir de zéro dans la campagne pour la Coupe du monde 2010. Mais la continuité n'est pas le fort des fédérations en Afrique.

Claude Le Roy considère la Guinée comme un des outsiders dans cette CAN. Qu'en pensez vous?
Vu qu'il connaît du football, il a sans doute raison. C'est de bonne guerre avant le match d'ouverture, mais la pression est sur les épaules du Ghana. Nous ne sommes pas les favoris mais nous aurons des dents longues de deux mètres. »

Recueilli par Nasser MABROUK

Ronnie et Deco dans le doute

Un changement d'ère s'opère doucement à Barcelone. Absents à Séville en Coupe du Roi, Ronaldinho et Deco manqueront également à l'appel face à Murcie, samedi, lors de la 19e journée de championnat. Officiellement, les deux joueurs sont blessés mais le mal-être des deux amis semble tellement évident que l'excuse ne convient pas à grand monde. Puyol et Xavi, deux influents membres du vestiaire, jurent pourtant qu'ils sont bien blessés et qu'ils reviendront plus fort. Le doute est plus que permis.

Ronnie et Deco sont dans le même bateau. (Reuters)Ronnie et Deco sont dans le même bateau. (Reuters)

Les maux sont multiples mais la conséquence est la même. Ronaldinho et Deco manquent cruellement au Barça. Tout du moins les deux joueurs qui avaient mené les Blaugrana à la victoire en Liga et en Ligue des champions, en 2006. Depuis, tout a changé pour les deux hommes. Si les soucis de Ronnie ont davantage fait la Une ces dernières semaines, le malaise Deco pèse autant dans le vestiaire. Officiellement, les deux hommes souffrent d'une tendinite du genou gauche et des adducteurs.

Et au sein du vestiaire, les pontes ont multiplié les sorties pour abonder dans ce sens. "C'est un authentique manque de respect de douter de leurs blessures. J'ai parlé avec les deux et non seulement je les crois mais je mettrai ma main au feu pour eux. Ce qui se dit en dehors du vestiaire m'importe peu", a lancé Carles Puyol en marge du huitième de finale aller de la Coupe du Roi. Même son de cloche pour Xavi, vice-capitaine, qui va même plus loin: "Ce n'est pas logique de douter du professionnalisme de Deco et Ronaldinho".

Eto'o, dernière avant la CAN

Des propos qui ne modifient cependant pas grand chose. Depuis le début des soucis de Ronaldinho, si l'on excepte la sortie d'Edmilson, le vestiaire dans son ensemble a toujours soutenu les deux hommes. Il n'y a pas de raison que cela change. De même, en l'état actuel des performances du Brésilien, il n'y a que peu de chances que Frank Rijkaard fasse machine arrière. Ronaldinho n'est que l'ombre du géant qu'il fut. Quand à Deco, il a davantage ciré le banc du Barça cette saison que lors des trois exercices précédents !

Sans doute conscient de la hiérarchie nouvelle au sein du milieu de terrain blaugrana, Deco avait expliqué en fin d'année que si le Barça ne remportait pas un titre cette saison, il irait voir ailleurs. Ce sera sans doute le cas comme il est également vraisemblable que Ronaldinho relève un autre défi en fin de saison. Pour faire échos aux propos de l'international portugais, les sept points de retard sur le Real Madrid paraissent, en l'état, un gouffre. Le moindre faux-pas est totalement exclu, surtout contre Murcie lors de ce 19e acte de la Liga.

Sans Ronaldinho, Deco ni Messi, qui manque lui aussi cruellement, le retour de Henry, buteur à Séville, sera d'une importance capitale. De même, Samuel Eto'o fera sa dernière apparition avec les Blaugrana avant de filer à la Coupe d'Afrique des Nations. Une donnée qui a fait hurler le FC Séville, privé pour sa part de ses internationaux africains. Deux poids, deux mesures, dont le Barça ferait bien de profiter. En attendant l'éventuel miracle et le retour aux affaires de Ronnie et Deco...

 

Par MICHAEL BALCAEN, (De Sports.fr)