28.01.2006

Interview de Pascal FEINDOUNO

ALEXANDRIE (Egypte), 27 jan 2006 (AFP) - - Le Stéphanois Pascal Feindouno, maître à jouer de la Guinée et auteur de deux buts contre la Zambie, espère que lui et ses coéquipiers iront en demi-finale de la Coupe d'Afrique des Nations de football pour "faire quelque chose pour (son) pays".

Q: La Guinée est qualifiée...

R: "Oui, c'est vraiment un soulagement et un bonheur d'être en quarts de finale. Nous n'étions pas favoris mais on a bien travaillé. Mais maintenant il faut essayer d'aller en demi-finales pour faire mieux qu'à la dernière CAN. On verra qui est l'adversaire... Mais, je suis vraiment content pour le peuple guinéen qui vit dans la difficulté. C'est difficile là-bas en ce moment et là quand il voit que sur le terrain, on se bat et on se bouge, je crois qu'il peut être content. Vous savez parfois on rentre au pays et certains gens disent qu'on ne vient au pays que pour se promener et prendre des vacances. Là, ils voient qu'on essaie de faire quelque chose pour eux et le pays. J'espère que cette qualification leur apportera un peu de réconfort."

Q: Vous avez joué à deux postes jeudi, un poste plus à droite, puis plus dans l'axe. Que préférez-vous?

R: "Moi, je joue où l'entraîneur me dit de jouer. Ce n'est pas important où je joue, l'important c'est de bien jouer et de gagner. On a un groupe homogène et c'est vraiment très bien. Nous sommes tous des professionnels et tout le monde veut jouer, cela doit être difficile à gérer pour le coach."

Q: La Guinée a marqué deux fois deux buts dans les vingt dernière minutes, vous avez du mal à commencer vos matches?

R: "Le plus important c'est que l'on marque! On a souffert pendant les deux matches mais pendant les deux matches, on n'a pas baissé les bras et on a continué à attaquer pour marquer. C'est le plus importa

25.01.2006

Interview Fodé MANSARE !!!

Can 2006 - GUINÉE / FODÉ MANSARÉ :« nous pouvons aller loin »

lun 23 jan, 14h29

Pour sa première participation à la CAN en 2004, Fodé Mansaré avait atteint les quarts de finale avec la Guinée. Conscient que les Guinéens auraient pu aller encore plus loin, l’attaquant toulousain attend encore mieux de la part de son pays cette année.

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Fodé Mansaré, comment la Guinée a-t-elle préparé cette Coupe d’Afrique ?

Personnellement, je n’ai rejoint ma sélection qu’après le match contre le PSG avec Toulouse. Mes coéquipiers étaient déjà en stage depuis le 6 janvier à Sainte-Maxime. Ils ont joué contre le Togo : je suis allé voir le match, ils ont bien joué et ont gagné. Nous avons un bon groupe et si nous sommes un peu sérieux, nous pouvons aller loin dans cette CAN. Nous avons de bons jeunes joueurs et du talent. Mais la confiance ne viendra pas comme cela. Il faudra aller la chercher.

Dans ce groupe C, vous retrouverez de nouveau la Tunisie

Les Tunisiens, cela fait un moment que nous les jouons. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois et nous connaissons bien leur jeu. Nous ne rencontrerons la Tunisie qu’au troisième match donc ce n’est pas notre premier problème. Ce qui nous inquiète davantage, ce sont nos premiers matchs.

Qu’est-ce qui vous inquiète ?

Surtout ce match contre la Zambie, que nous ne connaissons pas. On n’entend jamais parler des Zambien, mais ils devraient être présents au rendez-vous car nous savons qu’ils sont capables de tout. Ce sera à nous d’être prêts pour avoir les armes nécessaires pour nous aider à franchir ce premier tour. Il faudra se donner à fond.

« Nous aurions dû aller en finale il y a deux ans »

Après son parcours de 2004, la Guinée fait-elle partie des favoris de cette édition 2006 ?

Nous ne savons pas. Nous jouons et nous verrons. Nous avons une équipe soudée, capable du meilleur comme du pire à chaque instant. Parmi l’effectif de la Guinée, seuls deux ou trois joueurs ne jouent pas en Europe. Nous avons confiance en nous et nous partons à cette Coupe d’Afrique pour aller le plus loin possible, et pas pour visiter l’Egypte. Si c’est pour cela que nous y allons, il vaut mieux rester dans nos clubs. Tout le monde compte sur nous.

Avez-vous la sensation d’être passé tout près de l’exploit en 2004 ?

Nous aurions dû aller en demi-finale car, contre le Mali en quart, nous avons dominé tout le match. Même les Maliens nous le disent maintenant. Après, il y a la chance et un peu de tout qui a fait que nous ayons perdu (2-1). Mais nous voulons montrer aux gens ce que nous valons. Il faut réussir de faire mieux cette année.

Désormais, les gens savent que vous êtes une équipe dangereuse…

Non, les gens ne nous connaissent pas. C’est à nous de nous faire connaître. Du moins, quand je parle d’une équipe « connue », c’est par rapport à des pays comme le Sénégal ou le Cameroun qui ont déjà joué la Coupe du Monde. Nous, ce n’est pas notre cas. Lors des éliminatoires, nous étions encore premiers de notre poule après cinq journées. Avec un peu plus de chance et de sérieux, nous aurions pu nous qualifier. C’est pour cela que nous devons saisir notre chance lors de cette Coupe d’Afrique.

« La sélection, c’est comme la famille »

Que retenez-vous de cette CAN 2004 ?

J’étais content car c’était ma première participation à la CAN. Il fallait donc que je me montre et que je donne tout car vous ne savez jamais quand vous la rejouerez ensuite. Quand on vous appelle, il faut donc tout de suite être bon. Franchement, c’était formidable. En Coupe d’Afrique, nous passons tous de bons moments ensemble, c’est agréable. La sélection, c’est comme la famille. Nous ne nous voyons pas souvent mais quand nous nous retrouvons, nous parlons un peu de tout. Cela chambre et cela donne de la fraîcheur.

Avec Santos, votre partenaire du Téfécé et buteur de la Tunisie, vous n’allez justement pas manquer de vous chambrer on imagine…

Oui, vu que je le connais, nous allons parlé un peu et beaucoup nous chambrer. Je ne veux pas qu’il gagne contre moi et inversement. C’est bien cette ambiance. La CAN, c’est un autre monde. Et nous pouvons aller loin. En 2004, si nous avions battu le Mali, nous serions allés en finale, j’en suis sûr. Malheureusement, nous n’avons pas eu de chance.

Cette CAN est pour vous l’occasion de retrouver le plaisir sur le terrain que vous n’avez pas beaucoup connu depuis votre arrivée à Toulouse

C’est sûr. Quand je suis arrivé, j’étais un peu fatigué. Je n’avais eu qu’une semaine de vacances. J’avais envie de me montrer dès mon arrivée au Téfécé, il fallait que je me donne à fond pour avoir ma place car nous étions beaucoup. Mais je me suis blessé et pour mon adaptation, cela est devenu plus difficile. Là, je commence à retrouver ma place, je suis bien mais je pars pour la CAN. Je dois aller défendre les couleurs de mon pays. Mon cœur est là-bas.

Aurélien CANOT

Interview de Bobo BALDE

Coupe d'Afrique des Nations, Egypte 2006
La Guinée à la conquête de la pyramide africaine

Le capitaine tunisien Kais Ghodhben (10) à la lutte avec le Guinéen Kamara Gosmane dans un match éliminatoire pour la Coupe du Monde de la FIFA 2006.
(AFP)

(FIFA.com) 21 janv. 2006

Lorsque Patrice Neveu a pris les rênes de l'équipe de Guinée en mai dernier, celle-ci avait le vent en poupe. Après avoir réussi à Tunisie 2004 sa meilleure performance (quart de finaliste) en 30 ans de participation à la Coupe d'Afrique des Nations, le Syli National se voyait bien continuer sur la pente ascendante, par exemple en se qualifiant pour la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006.

Mais le destin en décida autrement et aujourd'hui, le coach français de 50 ans se rend en Egypte avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il sait d'ores et déjà que si la Guinée ne fait pas au moins aussi bien qu'en 2004, son siège de sélectionneur risque fortement de s'éjecter.

"Je sais que tout le monde ici attend de moi que j'emmène l'équipe jusqu'en finale de la Coupe des Nations, confiait-il au mois d'octobre. Mais ma priorité est d'atteindre les quarts de finale. Bien sûr que j'espère aller au-delà des quarts, mais il ne faut pas sauter les étapes.

La Côte d'Ivoire, le Cameroun ou encore le Sénégal sont tous plus forts que nous sur le papier. Ils sont logiquement donnés favoris. Cela dit, je crois sincèrement que nous avons une chance de remporter le tournoi".

Les Guinéens le surnomment "nerveux". Neveu a de quoi l'être. Depuis son arrivée, ses choix tactiques et ses compositions d'équipe sont constamment critiqués, au point que certains avancent qu'il n'ira pas au terme de son contrat, fixé à avril 2006.

"On entend toujours les entraîneurs dire qu'ils se fichent de ce que racontent les médias. C'est peut-être vrai, mais cela n'empêche que les critiques font mal, affirme-t-il. Je considère que je m'en suis plutôt bien tiré jusqu'ici. Je ne suis certainement pas pour un football défensif. En milieu de terrain, j'utilise souvent Pascal Feindouno et Fode Mansare. Ils sont tous les deux très bons ailiers".

Chez lui en Afrique
Neveu se plaît en Afrique et compte bien y rester, au moins pour un certain temps.

"J'adore l'Afrique en général, et la Guinée en particulier, poursuit-il. Ce n'est pas tous les jours facile. En tant que sélectionneur étranger, si vous n'avez pas cet amour de l'Afrique, c'est mission impossible.

Il y a des moments difficiles, c'est sûr, mais ils sont largement compensés par la chaleur humaine que vous trouvez partout".

Récemment, le vieux briscard Aboubacar Titi Camara a critiqué Neveu sur la question des rencontres amicales.

"Il faudrait jouer des matches amicaux contre le Cameroun, le Togo, le Sénégal ou la Côte d'Ivoire, pas contre des équipes plus faibles. Ça ne sert à rien", déclarait l'Amiénois à Guinéenews.

Avec 11 joueurs jouant en France, l'équipe n'a pas beaucoup évolué au cours des quatre dernières années. Excepté le fait que les milieux de terrain Sembegou Bangoura et Pablo Thiam ont un peu plus de football international dans les jambes, le Syli National version 2006 ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de Tunisie 2004. Le changement le plus important est peut-être la passation du capitanat du héros national Aboubacar Titi Camara (33 ans) à Diane Bobo Balde (30 ans).

Quand on l'interroge sur les chances de son pays dans cette Coupe d'Afrique des Nations, Balde est réaliste, mais déterminé.

"Nous sommes dans un groupe difficile, commente le défenseur du Celtic au sujet du Groupe C, qui comprend également la Tunisie, l'Afrique du sud et la Zambie. Mais je pense que nous pouvons faire mieux qu'il y a deux ans en Tunisie. Notre objectif est d'atteindre les quarts de finale. Après, ce sera du bonus.

Nous avons rencontré la Tunisie deux ou trois fois, mais nous n'avons jamais joué contre la Zambie ou l'Afrique du sud. Ce sera une nouvelle expérience pour moi. Je sais d'avance que le match contre la Tunisie sera très dur, et je m'attends à la même chose face à l'Afrique du sud. Nous allons devoir faire preuve de beaucoup de solidarité si nous voulons sortir de ce groupe."

Après avoir brillé lors de la Coupe d'Afrique des Nations U-20 1999, Pascal Feindouno s'est imposé comme un réel meneur d'hommes. Le milieu de terrain de Saint-Etienne est l'une des pièces maîtresses de cette équipe de Guinée, comme le prouve le titre de Meilleur sportif guinéen de l'année qu'il a obtenu en 2005.

Quart de finalistes en 2004, les Guinéens espèrent faire mieux lors d'Egypte 2006.
Quart de finalistes en 2004, les Guinéens espèrent faire mieux lors d'Egypte 2006.
(AFP)

Parmi les jeunes espoirs, on s'intéressera tout particulièrement au mince attaquant Ismael Bangoura, auteur de plusieurs buts de toute beauté avec Le Mans. Toujours dans la famille "nouveaux venus", Patrice Neveu a tenu sa promesse d'inclure dans les 23 des joueurs de la formation qui, en septembre dernier, a battu le Sénégal en finale de la Coupe Cabral. C'est le cas du milieu de terrain Sekouba Camara et du gardien Naby Diarso, tous deux pensionnaires du championnat national. Le dernier nommé est en concurrence directe avec Kemoko Camara, du Hafia FC, qui gardait les cages guinéennes il y a deux ans en Tunisie.

Avant de s'envoler pour l'Egypte, Neveu et ses troupes ont eu droit à une cérémonie d'au revoir télévisée dans tout le pays, au cours de laquelle le président Lansana Conte a remis le drapeau national à Balde, avec comme mission de défendre l'honneur de la Guinée. La Ligue islamique, de son côté, a demandé à ses fidèles de prier pour le Syli National à partir du 20 janvier, et ce jusqu'à la fin du tournoi.

La Guinée fera son entrée dans la Coupe d'Afrique des Nations contre l'Afrique du sud, le dimanche 22 janvier à Alexandrie.